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« Il ne faut pas s’envoler »

le 22/11/2019
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Après une saison 2018-2019 très difficile, Saint-Quentin effectue un bon début de championnat. Coleader avec Saint-Nazaire, l’équipe de Dario Dukic défie justement ce soir les Nazairiens dans le match au sommet de cette sixième journée de LBM.

 

Avec le recul Dario, comment avez-vous vécu la saison dernière ?

C’était une année très compliquée. Le but, cette saison, c’est de stabiliser le club et espérer faire un peu mieux que l’an dernier. Mais, si vous vous rappelez, l’an passé, sur les cinq premiers matchs, on en avait aussi gagné quatre. C’est la même chose cette année. Mais l’année dernière, les mois de novembre et décembre avaient été catastrophiques, avec trois joueurs qui étaient partis ! On a juste réussi à trouver quelques personnes qui ont eu envie de suivre le club et qui ont réussi à boucher le trou (financier). On a commencé très tard le recrutement, au mois de juin. Le 11 juin, j’ai commencé à recruter seulement. Tous ceux qui était sur le marché avaient déjà signé ailleurs. Heureusement, mes connaissances, pas mal de copains dans le milieu, des gens qui me respectent m’ont permis de recruter « mes compatriotes », qui ont accepté de signer ici. Mais c’était difficile de convaincre les joueurs de signer à Saint-Quentin. A l’arrivée, on a quand même réussi à recruter des joueurs qui ont une vraie personnalité. Eldin Demirovic a accepté de signer ici parce que c’était moi. Le pointu serbe, Strahinja Brzakovic, a signé ici parce que son agent, que je connais depuis des années, l’a convaincu de venir « chez Dario ». J’étais un peu le garant, je lui ai dit : « Tu signes et s’il se passe quelque chose, c’est ma responsabilité. »  

 

Avez-vous craint un moment que le club ne disparaisse ?

Honnêtement, je n’étais pas sûr qu’on puisse continuer. J’avais mon fils à côté de moi, qui avait commencé à jouer, à se montrer l’an passé avec Saint-Quentin, et des clubs de Ligue AM s’intéressaient à lui. Pour moi, son père, c’était difficile, je ne savais pas quoi dire, pas quoi faire. Mais j’avais toujours quelques espoirs en voyant les gens ici qui cherchaient à trouver une solution. Et on a réussi. 

 

Et voilà aujourd’hui Saint-Quentin, co-leader de LBM, avant le gros match à Saint-Nazaire ce soir !

Ça va être un match intéressant, c’est sûr. Mais j’aime bien rester les deux pieds sur terre. Je n’ai pas envie de m’enflammer. Depuis les premiers jours de la préparation, on a vu que les garçons étaient capables de faire quelque chose. On a quasiment gagné tous nos matchs amicaux. On a un groupe qui est capable de faire quelque chose. Même après le premier match perdu à Martigues (3-1), c’était un bon match, on aurait mérité de prendre un point. Aujourd’hui, la mayonnaise a pris et maintenant ça tourne. Mais ce qui pose un peu souci, c’est qu’on a démarré avec un effectif de dix joueurs et pour ce soir, on a déjà un joueur blessé. C’est un peu chaud. Mais on n’a pas peur, on n’a rien à perdre, on va se battre. On ne joue pas pour le titre de champion, mais on va se battre sur chaque ballon. On est une équipe très solide. Je pense que dans cet effectif, il y a de la qualité.  Notre pointu est en train de faire un très bon début de saison. On a aussi Demirovic, qui est en train de montrer ce qu’il doit montrer. On a aussi mon fils, (Marin) qui commence à se comporter comme un leader. Le passeur (Angel Petit) est un peu plus âgé (36 ans), mais je l’ai pris exprès car je pense qu’il a des qualités pour gérer un peu le groupe. Ce qu’on a bien réussi à faire, c’est qu’à côté du six de départ, à chaque match, il y a quelqu’un qui va entrer, qui va faire un exploit, comme notre deuxième passeur, Yao (Gnenegbe), qui a changé le match à chaque fois qu’il est entré. Franchement, ce groupe est très intéressant.

 

Vous pensiez que votre pointu serbe, actuel meilleur marqueur de LBM, était capable d’être aussi performant ?

Oui. Il a été MVP de la Ligue suisse l’an passé. Le plus difficile a été de le convaincre de venir. On n’était absolument pas capable de payer ce qu’il vaut sur le marché. Il avait une vie facile en Suisse, il gagnait largement plus que chez nous. Son agent nous a aidés un peu. Moi je suis allé le voir en Serbie pour discuter avec lui. On a fait un bon speech je pense. Il fallait le convaincre de se montrer dans un championnat plus relevé qu’en Suisse. Et il a accepté. Après, il me connaissait un petit peu et il sait qu’ici à Saint-Quentin, il faut bosser, bosser, bosser ! Chez nous, ce n’est pas toujours facile, je pense qu’on bosse un petit peu plus que les autres (sourire). Il est en train de montrer des choses vraiment intéressantes.

 

Quand on vit une saison délicate comme l’an passé, quel a été votre état d’esprit en attaquant ce nouvel exercice ?

Franchement, j’ai attaqué cette saison de la manière la plus simple possible : remontrer aux autres que je suis capable de faire quelque chose. A l’époque de Canteleu-Maromme, on finit premiers de Ligue BM à l’issue de la saison régulière (2013-2014). A Nancy, j’ai passé deux saisons qui étaient top sportivement. Je suis arrivé à Saint-Quentin, avec un seul but : aider le club. J’ai joué ici pendant près de dix ans, je me suis toujours senti comme un Saint-Quentinois. J’ai vraiment envie d’aider le club et montrer que l’on est capable de construire quelque chose. Mais je reste les deux pieds sur terre. Il ne faut pas s’envoler et dire n’importe quoi.