Billetterie

Daryl, un coin de ciel bleu

le 05/11/2019
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Le central de l’Equipe de France et de l’Arago Sète, Daryl Bultor apprécie le début de championnat et le retour à l’ambition du club héraultais. Mais le Guadeloupéen est bien conscient que le chemin est encore long.

En toutes circonstances, Daryl préfère poser les choses. Chez lui, il n’y a ni extase, ni tremblement. Ni joie suprême, ni effondrement. Depuis le début de l’été, le central guadeloupéen vit à cent à l’heure. De l’Euro avec les Bleus à la reprise LAM avec l’Arago Sète, la machine ne s’est jamais vraiment arrêtée de tourner ! Dans ce mouvement perpétuel, Daryl ne veut surtout pas se perdre. Actuel leader, l’Arago Sète réussit son début de saison, c’est une évidence, mais cela ne transporte pas Daryl plus loin que de raison. Après cinq journées de championnat, le constat est là certes, mais l’heure n’est encore qu’aux esquisses. « Pour l’instant, ça se passe bien, le groupe vit bien, malgré le peu de temps d’entraînement tous ensemble. Mais pour moi, cette première place ne veut rien dire. Beaucoup d’autres équipes n’ont pas encore beaucoup travaillé avec tout leur effectif non plus. Au bout d’un moment, ça va peut-être totalement changer la tendance. Montpellier commence à gagner, Tours redevient le grand Tours, Paris n’a rien à faire en bas de classement… Il reste vingt-et-un matchs, pour l’instant, ça ne veut rien dire », convient, lucide, le central français.

Mais ça n’empêche pas que la vie est belle. Daryl fait un début de saison très solide, reste sur un match à 15 points samedi dernier à Cannes, et Sète profite pleinement du gros travail de l’international, qui semble avoir étoffé son jeu cet été, au contact de ses coéquipiers de l’Equipe de France. « Je sens que je suis plus fort en attaque », revendique le Français, qui a attentivement écouté les conseils du staff tricolore cet été. « J’avais cette mauvaise manie de vouloir piquer le ballon. Laurent m’a dit de taper fond de terrain. J’essaye d’y penser désormais, de jouer plus le fond de terrain et ça marche mieux. J’ai aussi plus de régularité au service. C’est moins tout ou rien, c’est plus constant, plus réfléchi. Avec Mladen (Kasic, le coach de Sète), j’essaye d’avancer sur la compréhension du jeu, ça ne marche pas encore au bloc, mais je touche déjà plus de ballons et c’est cool pour moi », résume Daryl, central de petite taille (1,98 m), qui s’amuse à raconter qu’il fut le plus petit des centraux partout où il est passé, du CNVB à Montpellier et à Sète désormais, où son association avec le Belge, Arno Van de Velde, gros contreur, est très complémentaire.

En tout cas, Daryl prend du plaisir en ce début de saison et cela fait un bien fou, après un exercice 2018-2019 très compliqué, terminé à l’avant-dernière place avec six victoires seulement. « On a quasiment gagné plus de matchs que l’an passé déjà !», sourit le central. Cette année, l’Arago a repensé les choses et renaît à l’ambition. Daryl l’a vite senti. « Parmi ceux qui sont restés, Vasyl (Tupchii) a retrouvé son niveau, Baptiste (Enfoux), Samuel (Jeanlys) ont énormément progressé et font de belles entrées. Et pour ceux qui sont arrivés, il n’y a que des gros travailleurs, un leader à la passe (Zeljko Coric) qui nous remet dans le droit chemin dès qu’on se déconcentre à l’entraînement. Et puis, on a un coach qui donne tout pour nous, qui peut revenir trois fois à la salle dans la journée s’il le faut, à partir du moment où on bosse dur. Pour l’instant, le travail paye », note Daryl. D’ailleurs, sans verser dans le dramatique, le club a vite recadré les choses après la semaine à deux défaites (Nantes Rezé en Championnat et Toulouse en Coupe de France). « Ils nous ont dit : Ce n’est pas une crise, mais il faut vite corriger ça. Même entre joueurs, on a parlé pour régler le problème », raconte Daryl.

Sète a donc de grandes idées cette année. Cela tombe bien, Daryl aussi. Et ce n’est pas la quatrième place à l’Euro qui va le rendre morose. « Bien sûr, il y a toujours la frustration de ne pas avoir accroché la médaille. On était vraiment à côté de la plaque sur le tie-break contre la Serbie (en demi-finale) », dit-il sans détour. « Mais je préfère retenir le fait que c’était notre Euro et qu’on a rempli toutes les salles, que tout le monde avait des frissons pendant la Marseillaise. On ne l’a pas raté, on arrive en demi-finale quand même, on était là. Je préfère retenir ça. » C’est aussi un bon levier pour continuer d’avancer et de progresser. Car, pour Daryl, la chose est simple : « Il y a encore beaucoup de centraux meilleurs que moi en France. Et le seul truc pour moi, c’est bosser, bosser. » Une philosophie que son coach ne va certainement pas renier.