Billetterie

Corteggiani, l’appel du terrain

le 29/10/2019
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Le pointu français, Jordan Corteggiani, habitué des parquets de LAM, est désormais l’attaquant de Fréjus, en Ligue BM cette année. Mais il n’y voit surtout pas une régression, bien plus une démarche enrichissante, portée par le désir de jouer et d’apporter à Fréjus son vécu et son expérience.

 

Son histoire est faite de creux, de bosses, de fulgurances et d’espoirs tendus, avec en filigrane, ce sentiment diffus, éparpillé, autour d’une carrière qui n’a peut-être pas eu encore le relief qu’elle mérite. A 28 ans, Jordan Corteggiani ressent tout cela. Ses amis lui rappellent suffisamment, quand ils brassent avec lui les premiers souvenirs d’un jeune homme de 22 ans, propulsé par les événements pointu titulaire à Montpellier au côté de Julien Lyneel. C’était en 2013-2014, Jordan n’a rien oublié. Mais il a fait du chemin depuis. Ou plutôt emprunté tant de chemins. Dans l’anonymat de la Nationale 1, à Saint-Brieuc, à l’ombre de la LAM à Ajaccio ou à Chaumont, en Italie même, à Latina, mais pour le coup assez loin de « l’Italian Dream », à galérer parfois pour toucher son salaire. Mais il a connu aussi de jolis mois, comme les premiers à Toulouse la saison dernière, dans le costume de pointu titulaire qu’il porta impeccablement, avant de se blesser aux ischio-jambiers.

 

La trajectoire de Jordan Corteggiani, ce n’est pas exactement une ascension vertigineuse. Mais c’est la sienne, celle d’une solide carrière. Et le jeune homme posé, réfléchi, porte un regard lucide et positif sur ce pan de vie en bout de fil, sans s’appesantir sur le passé ou les frustrations. « C’est un parcours atypique. C’est comme ça. Une carrière est faite de hauts et de bas. Les choses arrivent pour une raison. Tout n’a pas toujours été facile, il y a eu des blessures, des contre-temps. Je n’aime pas trop vivre dans le passé, me dire ça aurait pu être comme ça. J’ai la carrière que j’ai et je suis très content de jouer à Fréjus aujourd’hui, dans un club de LBM ambitieux, structuré, où je vais pouvoir m’épanouir et apporter tout ce que j’ai emmagasiné. Fréjus, c’est une histoire qui me parle», résume l’attaquant français.

 

Ne cherchez pas dans ces propos la moindre pointe d’amertume ou de ressentiment. Il n’y en a pas. Avec une saison hachurée par la blessure l’an passé, il ne s’attendait pas à ce que les clubs de LAM lui déroulent le tapis rouge. Mais s’il n’eut effectivement aucune proposition de leur part à l’intersaison, il fut en revanche allègrement dragué par les ambitieux de LBM. « Beaucoup de clubs sont venus me voir, ils voulaient me donner ma chance et c’était chouette de voir cela », confesse-t-il, dans un bel élan de sincérité. Jordan avait besoin de temps de jeu, de terrain, de responsabilités, de plein investissement. A Fréjus, il a trouvé cela. Et ce pas en LBM est tout sauf une reculade à ses yeux. « C’est un beau challenge, je ne le vis pas du tout comme une régression, mais comme une manière de continuer à apprendre. Aucun club de Ligue AM ne s’est tourné vers moi, je n’étais pas dans les petits papiers. Mais j’ai eu des supers opportunités sur la Ligue BM », raconte-t-il.

 

Le début de saison semble valider son choix. Avec deux succès en deux matchs, Fréjus est coleader invaincu de la division et Jordan tourne à 19 points de moyenne à plus de 52% en attaque. Certes, il ne s’échauffe plus avec son pote Nicolas Le Goff ou des monstres du jeu tels Starovic ou Savani, comme lorsqu’il évolua à Latina en 2017-2018, mais la connivence avec les passeurs Jérémy Audric et Corentin Suc est réelle, la sagesse de Raphaël Attié précieuse, et le discours du coach, Loïc Geiler, contre lequel Jordan joua en N2 et en N1, lui va bien. « C’est un groupe complet, qui vit vraiment bien et c’est encore tellement perfectible que c’est super intéressant. On prend énormément de plaisir et ça se ressent sur le jeu et dans les résultats. Le projet est cohérent, je pense qu’on va faire de très bonnes choses », avance le nouveau pointu du club varois. Ravi de sa nouvelle demeure cette saison et qui continue à regarder vers le haut, sans obsession ni hâte. En se disant simplement que si la LAM le rappelle un jour, il sait qu’il est prêt.