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Le cri du cœur

le 17/09/2019
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Annoncé en division Elite fin mars, Paris Saint-Cloud repartira bien en Ligue AF, sauvé des bas-fonds par Philippe Peters, le nouvel homme fort des Mariannes, qui veut réinstaller à terme le club parisien dans le premier cercle du volley féminin français.


C’est une belle histoire, restée presque anonyme pourtant. Contée en secret, dans le bouillonnement perpétuel du sport francilien, où le volley féminin français fait à peine quelques bulles. Quand le tumultueux été de Neymar s’affiche en grand écran, quand Boulogne-Billancourt rachète le club de basket de Levallois avec Boris Diaw en porte-drapeau, la destinée des volleyeuses du SF Paris Saint-Cloud fait au mieux quelques mots.

Et pourtant, le club a eu un pied dans le précipice. Fin mars, il ne se voyait même plus en LAF. Le sort était scellé. Par manque de moyens financiers, il était raisonnable de renoncer. Un retour en Elite, un rebond pour se relancer. C’était sans garantie aucune, mais c’était assurément moins risqué. Seulement, ce club a des racines, une vie, une histoire et tant d’espoirs encore à nourrir. Porté, tracté pendant huit ans par son président passionné, Claude Orphelin, il ne pouvait glisser ainsi, s’éteindre comme cela, à petit feux.


C’est ce qui a ému et touché la famille Peters, Philippe, Nataliya et leurs jeunes jumelles, licenciées au Stade Français. Contre l’inéluctable, ils se sont dressés, ils ont posé sur la table leur amour et leur foi pour ce club dont ils sont voisins, et aussi quelques deniers personnels indispensables pour le sauver. « C’est avant tout un cri du cœur et un engagement familial pour aider le club à repartir de l’avant et continuer le bon travail effectué par l’équipe en place depuis dix ans », raconte le nouveau président des Mariannes, Philippe Peters.


Forcément, l’opération ne s’est pas faite dans la plus totale sérénité. Il a fallu agir vite, s’engager rapidement, parer au plus pressé souvent. Il s’agissait d’un sauvetage et le temps était compté, pour boucler un budget d’abord, construire une équipe ensuite, trouver un nouvel entraîneur et des partenaires qui suivent. Heureusement, Philippe Peters s’est vite rendu compte que ce club collait à la peau de pas mal de gens. Pour Claude Orphelin, président historique, il n’était évidemment pas question de quitter le navire en plein tangage. L’homme connaît la maison par cœur, il est une veille précieuse et il y demeurera en tant que vice-président. Chez les joueuses aussi, l’affect a lourdement pesé. Sur les quinze qui composent l’effectif 2019-2020, elles sont dix apparues sous pavillon parisien l’an passé, dont la passeuse de l’équipe de France, Mallory Caleyron !

Une fidélité qui conforte forcément le président dans son engagement. S’il convient que la saison à venir ne va pas tout transformer, elle doit être un premier pas vers le haut, le premier cri d’une renaissance. « C’est une saison de transition. Il faut maintenir un bon niveau, garder cette plate-forme, ces valeurs, construire quelque-chose de plus gros qui puisse nous emmener, plus tard, vers le podium et les compétitions européennes. J’ai la conviction qu’une ville phare comme Paris doit avoir un club de volley féminin au plus haut niveau. Il y a une affection pour la ville, pour ce club et une foi en la possibilité de refaire un projet ambitieux. Il y a beaucoup d’énergie positive », constate Philippe Péters.


Sportivement, c’est l’entraîneur serbe, Nikola Borcic, qui aura la charge de mener les troupes, succédant au Belge Stijn Morand, en place depuis 2014 et irréprochable jusqu’au bout. Neuvième l’an passé et premier absent des Play-Offs, Paris Saint-Cloud ne veut pas rêver trop grand, mais pour le demi-finaliste de LAF en 2015 et 2016, l’idée est clairement de remonter dans le grand huit. Les Mariannes ont un vécu, une histoire, elles veulent désormais tracer les lignes du futur.