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Poitiers, dénicheur de talents

le 20/08/2019
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7e de l’exercice régulier la saison dernière, et ½ finaliste européen, le Stade Poitevin se reposera encore sur de jeunes inconnus du grand public pour déjouer les pronostics. Et pourquoi pas jouer le Top 5.

 

Au club depuis 2013, Brice Donat entame sa septième saison à la tête de l’équipe première. Désireux de ne pas se complaire dans un simple rôle d’entraîneur, le natif de Saint-Quentin aime « chercher à droite à gauche. J’essaie de découvrir des talents. J’évite de prendre des joueurs déjà vus en Ligue AM. Je préfère fouiner pendant des heures. C’est une petite excitation qui me plaît. En règle générale, je ne me suis pas planté. Souvent, je trouve des gars qui sont des éponges, qui emmagasinent un maximum d’info en peu de temps. Et qui finalement sont très vite opérationnels », explique le technicien. Grâce aux choix judicieux de ce dernier (Zouheir El Graoui l’an passé, Mohammed Al Hachdadi en 2017, ou encore auparavant Nimir Abdel Aziz), le Stade Poitevin a toujours su accrocher le Top 8 depuis son retour dans l’élite. Ce fut encore le cas l’an passé avec une 7e place et une élimination face au Gazelec Ajaccio. « On peut être déçu de ne pas être allé plus loin, mais dans l’ensemble nous avons effectué une très bonne saison. Elle a été riche humainement grâce à un groupe exceptionnel. Du premier au dernier jour, cela n’a été qu’un grand plaisir pour nous tous » raconte le Pictavien. Et de poursuivre : « Le sommet fut sûrement la demi-finale de Coupe d’Europe à Belgorod, où je n’ai que neuf joueurs à disposition. Malgré cela, le groupe n’a jamais lâché, montrant de belles choses. Je tiens vraiment à souligner cette osmose et cette abnégation de tous. Sur la phase retour, je n’ai pas de pointu avec la blessure de Schöps, et Kutsmus s’y est collé alors qu’il joue réceptionneur/attaquant. La mentalité des joueurs a fait beaucoup de bien à toute l’équipe. »

 

Puisque la méthode fonctionne, hors de question de changer son fusil d’épaule. Bien avant la fin de l’exercice 2018-2019, Brice Donat avait donc déjà peaufiné son effectif pour la saison à venir. Là encore, les douze viennois seront jeunes, malgré la présence de quelques anciens pour équilibrer tout ça. Que ce soit avec le libéro venu de France Avenir 2024, Luca Ramon (19 ans, 1m85), le 2e passeur des Etats-Unis, Micah Ma'a (22 ans, 1m90) ou le pointu brésilien Chizoba (21 ans, 2m). Tous sont là pour trois ans, dans la logique des choses, sauf appel du pied de l’étranger évidement. « On ne peut pas lutter avec les ponts d’or proposés en Pologne, en Russie ou en Italie » confie Brice Donat. Habitué à se constituer un six fort, il a décidé d’innover légèrement : « pour la première fois, j’ai voulu avoir douze titulaires. Globalement, le six de départ est prévenu qu’il part avec un temps d’avance. Mais il y a une vraie concurrence », poursuit-il.

 

L’objectif du SPVB sera donc de se qualifier pour les Play-Offs. Mais aussi de « stabiliser le club, de développer beaucoup de choses autour du volley. On veut que le club grandisse encore. Nous avons une secrétaire à plein temps, un commercial, deux cadres. Notre budget est de 1 250 000 euros depuis que l’on est remonté. Nous ne pouvons pas faire de folies », argumente Donat.

 

Seule grosse ombre au tableau, le dossier du central iranien Ali Shafiei (27 ans, 1m98). Scruté depuis deux ans et enfin enrôlé par le Stade Poitevin, il ne posera certainement jamais ses chaussures sur les parquets de Lawson-Body, comme le racontait Brice Donat au début du mois d’août : « C’est un central que je surveille depuis deux ans. Et avec ses performances sous le maillot de l’Iran, beaucoup de clubs essaient de nous l’enlever. Je ne sais pas comment ça va se régler, mais je crains qu’on ne le voie jamais chez nous. Et à ce moment de l’année, c’est difficile, voire impossible de trouver son équivalent. C’était mon central numéro 1 et tout était axé autour de lui. »

 

Brice Donat et ses hommes devront pourtant répondre présent le 11 octobre prochain à Tourcoing.