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Cannes, d’une page blanche

le 06/10/2019
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Dernier de la saison régulière, l’AS Cannes a traversé un exercice 2018-2019 très compliqué. Propulsé à la tête de l’équipe à mi-saison, Luc Marquet a mal vécu la chose et veut repartir, avec un groupe tout neuf, sur une nouvelle aventure.


Sur le coup, il n’a pas trop senti la douleur. A chaud, c’est comme pour les muscles, les peines s’atténuent. Mais quand tout fut rangé, quand la saison 2018-2019, d’une tristesse absolue pour les Cannois, fut terminée, alors d’un coup, Luc Marquet a senti combien cela faisait mal. Dernier du classement, avec quatre petites victoires seulement, l’AS Cannes a trainé sa misère toute l’année. Arnaud Josserand, puis Luc Marquet à sa suite à la fin du mois de janvier, ont été pris dans le tambour infernal, quand les défaites s’enchaînent, quand les ambitions affichées se délitent, quand le projet du club s’effrite. « Avec le recul, un mois après la fin de saison, quand j’ai commencé à redescendre en pression, j’ai réalisé que j’avais mal traversé cette période-là, que je l’avais très mal vécue », avoue le technicien cannois. « J’avais signé en tant qu’adjoint, sur la base d’un projet sportif ambitieux et je me suis retrouvé premier coach, tout seul, avec un effectif détruit moralement et « volley-ballistiquement ». J’ai serré les dents, j’ai tenu, pour donner ce que je pouvais aux joueurs. Ça m’a mangé physiquement et nerveusement, sans que je m’en rende compte de suite. A la fin de la saison, j’étais tout seul avec les joueurs. Avec du recul, je ne sais pas si je serais capable de revivre ça. »

Pour la saison qui arrive, l’idée est donc assez limpide : tout effacer ! Oublier, reconstruire, rebâtir. Avec un nouveau président, Jérôme Rousselin, nommé en juin dernier, et un effectif quasiment renouvelé dans son entièreté puisque douze nouveaux joueurs arrivent, et trois seulement étaient déjà au club l’an passé, le central slovène, Danijel Koncilja, le libéro français, Jérémie Mouiel et le jeune pointu, Tomas Manessier. Les Dragons veulent brasser des idées neuves, changer d’air, tout simplement. « C’est une aventure toute nouvelle, avec d’autres propositions, d’autres énergies qui sont réinjectées dans le club. Il y a des idées, des petits projets qui, bout à bout, apportent beaucoup d’air frais au club. Le renouvellement des joueurs n’est pas non plus un hasard. Entre ceux qui ne voulaient pas rester et ceux qu’on ne voulait pas garder, l’idée c’était aussi de ne pas avoir des joueurs encore choqués par la saison dernière, qui auraient pu avoir un frein. J’étais un peu inquiet à l’intersaison, mais ça me fait du bien cet air frais. Ça fait du bien de partir avec quinze joueurs, où tout le monde est opérationnel. Au début j’ai presque eu des vertiges, un truc de fou ! C’est une saison charnière, sportivement et dans la vie du club », raconte l’entraîneur cannois, en toute sincérité.

Pour le jeune coach, Luc Marquet, il s’agit d’abord de poser les bases, de créer un esprit, une personnalité à son équipe. L’effectif cannois a été diablement rajeuni, avec pas mal de jeunes joueurs de Ligue AM, en recherche de temps de jeu. Un profil qui plaît au technicien. « Miser sur des joueurs qui ont envie de relever un challenge, un vrai projet. Avoir la certitude d’un engagement total physiquement et moralement dans l’équipe, dans le coéquipier, être prêt à bosser », clame Luc, comme une sentence inscrite au fronton. Pour ce faire, le coach a des idées et pas forcément les plus classiques. Sous les bases, il prône aussi un jeu inventif et enlevé, un plan de jeu élaboré, discuté, en collaboration avec tout le groupe. « On veut stabiliser la réception, offensivement être un pou dans les cheveux de l’adversaire, mais aussi proposer un jeu moins académique parfois, sortir un peu des stats et des cases. L’enjeu ne doit jamais dépasser le jeu. Je travaille beaucoup entre le lâcher-prise et l’hyper confiance en soi chez les joueurs, individuellement, comme collectivement », résume Luc.

Tout cela doit emmener Cannes en Play-Offs. C’est du moins l’objectif, même si l’idée maîtresse est avant tout de vivre une saison plus sereine. « Une saison pleine, où je puisse sortir de chaque match fier de l’engagement qu’on a donné et du niveau proposé. Je veux que l’on vive cette saison, qu’on ne la subisse pas. Dans la performance comme dans le côté humain. Je sais que si ça se passe comme ça, les Play-Offs, on va les accrocher », prédit-il. La page est blanche, mais l’AS Cannes a déjà beaucoup d’idées. Parmi elles, faire du match d'ouverture contre Toulouse un événement hors du commun, avec le Show Case de Maître Gims... un événement à ne pas manquer !