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«L’étape ultime, c’est l’accession»

le 19/07/2019
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Finaliste de LBM, vaincu par Paris, Saint-Nazaire revient à la rentrée avec une équipe presque totalement renouvelée. Un challenge excitant pour l’entraîneur Gilles Gosselin et un objectif intact : la montée en Ligue AM.


- Quel était le sentiment dominant à la sortie de cette saison, terminée à un match de la Ligue AM, après une défaite face à Paris en finale des Play-Offs, mais aussi après une saison régulière parfois inconstante ?

A la fois un sentiment de frustration d’être passé à un match du titre et de l’accession, ça c’est clair. Mais d’un autre côté ça a été assez vite atténué par le fait qu’on a vécu une saison régulière de hauts et de bas. Et arriver en finale d’accession face à Paris, qui a malgré tout sur l’ensemble des trois confrontations mérité sa victoire, ça reste une excellente saison pour nous. C’est un mélange de sentiments : la frustration le soir de la finale perdue et la satisfaction et la fierté malgré tout au bout de quelques jours. Sur ces Play-Offs, on a été la meilleure équipe juste après Paris. Est-ce que Paris était une équipe de Ligue BM ? Je n’en suis pas convaincu. Et puis on a cette fierté aussi d’avoir fait un match énorme à l’aller, pour finir la saison à la maison par une victoire face à Paris. Les Play-Offs qu’on a faits ont largement compensé l’irrégularité qu’on a pu avoir sur la saison régulière.

 

- Depuis son retour en LBM en 2016, le SNVBA n’a jamais caché ses ambitions. Le club se structure, l’ambition de retrouver la Ligue AM est clairement affichée. Après avoir joué la finale au printemps dernier, cela signifie donc que dans le plan de marche logique, l’accession doit-elle être l’objectif à la rentrée ?

On est dans une dynamique depuis notre retour en Ligue BM de gravir les échelons les uns après les autres. Sans brûler les étapes, sans se mettre de pression inutile. Jusqu’ici, chaque saison, on a réussi à progresser. On a atteint les demi-finales de Play-Offs les deux premières années, en étant confrontés à chaque fois à l’équipe de Ligue AM qui jouait les barrages, à savoir Rennes et Cannes. La saison dernière, on avait pour objectif d’atteindre la finale, ce que l’on a fait. Par rapport à la saison à venir, oui, on est dans cette volonté d’avoir une continuité dans nos objectifs et nos ambitions. A partir du moment où on a fait deux demi-finales et une finale, l’étape ultime c’est l’accession. Maintenant, ce sera très difficile. On n’aura pas de marge la saison prochaine. Beaucoup d’équipes auront cette ambition de jouer la montée, d’être dans le dernier carré. Et pour nous, il y aura en plus cette complexité de poursuivre notre développement et nos objectifs avec un effectif renouvelé à 90% ! Mais c’est ce qui est d’autant plus excitant et motivant aussi.

 

- Outre le renouvellement de l’effectif, peut-on dire que Saint-Nazaire a aussi clairement joué la carte jeunesse française la saison prochaine ?

On va avoir, à mon avis, l’un des groupes les plus jeunes du championnat. Sur les douze joueurs, on va avoir neuf joueurs français ! On a vraiment fait le choix de repartir sur un nouveau collectif, qui va pouvoir s’inscrire aussi dans la durée, avec des jeunes joueurs français à qui on va donner du temps de jeu et des responsabilités importantes. Ça va être un énorme challenge, très moteur, très excitant. Ces jeunes joueurs ont prouvé en Ligue AM, pour l’instant sur des périodes assez courtes, qu’ils avaient un gros potentiel. Mais là il va falloir le faire sur toute une saison. Même si on a fait en sorte d’encadrer cette jeune troupe avec deux, trois joueurs d’expérience, comme Frédéric Barais qui va apporter beaucoup de stabilité au groupe, c’est un challenge de taille. Mais on a les armes je pense, si les jeunes joueurs expriment tout leur potentiel, pour être dans les clous. Mais il y aura des concurrents sérieux, comme Cambrai, Nancy, Martigues, Saint-Jean-d’Illac.

 

- L’audace est louable, mais n’est-ce pas finalement paradoxal de «casser» le groupe qui vous a porté en finale quand on a l’objectif de monter ?

On était arrivé à la fin d’un cycle aussi. Certains joueurs étaient là depuis plusieurs saisons, il y avait certainement une usure de part et d’autre, qui nécessitait d’aller voir un autre projet, que ce soit pour certains joueurs ou pour le staff. D’autres ont aussi eu l’opportunité de faire partie d’un collectif de Ligue AM, d’autres encore n’ont pas donné leur pleine mesure sur leur passage à Saint-Nazaire. Ça peut, c’est vrai, sembler paradoxal, mais on est plus dans l’optique aujourd’hui de se dire qu’on arrivait sur une fin de cycle. Et pour redémarrer un nouveau cycle on fait le choix de faire confiance à des jeunes joueurs qui ont pour la plupart moins de 25 ans. On a certes un objectif très court-termiste de vouloir poursuivre les résultats obtenus depuis trois ans, mais si jamais on n’arrive pas à monter l’année prochaine, ce ne serait pas forcément un échec. Avec les joueurs qui arrivent, on a déjà la moitié de l’équipe qui peut s’inscrire sur une deuxième année. On a aussi la volonté de bâtir avec un groupe, de construire quelque chose. Au final, je ne pense pas que ce soit un risque. C’est plus un pari, une audace, celle de faire confiance à des jeunes joueurs. Et pour le staff, le coach, c’est un challenge plus excitant que d’avoir des joueurs déjà aboutis et qui n’auront peut-être pas la même marge de progression.

 

- L’exemple de ce choix assumé, c’est évidemment votre doublette de passeurs, Thomas Nevot (ex TVB, 24 ans) et Arthur Piazzeta (ex Sète, 21 ans) ! 

Oui. Après, Thomas a quand même vécu beaucoup de choses avec Tours. C’est un joueur très calme, travailleur, qui a la tête sur les épaules. Même s’il était clairement doublure, il a malgré tout cette expérience du plus grand club français, de la coupe d’Europe. Il a pu s’imprégner de cette culture du travail et de la gagne. Là, il va avoir les clés et il va être épaulé par Arthur qui lui a joué beaucoup la saison dernière, sans doute parce que Sète n’était pas forcément satisfait de son premier passeur. Ça lui a permis d’emmagasiner beaucoup d’expérience aussi. On sait qu’on a un duo de passeurs qui est jeune, mais qui a déjà des repères et qui va se compléter.   

 

- D’autant qu’en attaque, l’arrivée du pointu expérimenté de la sélection grecque, Nikos Zoupani, peut sans doute leur faciliter un peu la tâche ?

Même s’il n’était pas titulaire à l’Olympiakos, il a joué des gros matchs à enjeu, il a l’habitude des grosses ambiances, il a gagné la Coupe de Grèce, il est titulaire en sélection, il va jouer l’Euro. On avait la volonté d’avoir un joueur sur ce poste-là capable d’amener de la stabilité, sachant qu’on allait jouer avec deux jeunes passeurs. Il fallait un joueur qui ait un certain vécu, une stabilité émotionnelle. Nikos est un joueur qui colle parfaitement à ce profil-là. Dans sa relation avec les passeurs, il va leur apporter beaucoup de confiance et de sérénité. Il est capable de corriger les trajectoires de passe. Ce n’est pas un joueur qui a des qualités de détente incroyables, mais il est habile, il joue très vite, il a une très bonne main et fait très peu de fautes. C’est un joueur qui est motivé aussi. Sur ses quinze jours de vacances, il est venu passer deux jours à Saint-Nazaire pour découvrir la ville, découvrir le club. Honnêtement, des joueurs étrangers qui viennent de leur propre initiative sur leurs vacances d’été, d’autant plus quand ils sont internationaux et qu’ils en ont peu, pour découvrir le club et la ville, je les compte sur les doigts d’une main ! Ça prouve sa volonté de s’intégrer et de s’impliquer dans le projet.