Billetterie

Du beau, du grand classique

le 05/05/2019
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Tours et Chaumont vont se disputer dès mardi le titre de champion. Une affiche au sommet qui était déjà celle de l’an dernier et, plus récemment, celle aussi de la dernière finale de Coupe de France. Un rendez-vous de prestige devenu désormais incontournable dans le volley français.

 

L’eau coule, les saisons passent, avec leurs lots de petits bonheurs, de peines en creux, de frustration rongée jusqu’à la moelle. Mais ces deux-là demeurent, collés-serrés depuis une bonne poignée d’années maintenant. Tours – Chaumont pour clore la saison, pour édifier la statue, c’est du garanti, du sur-mesure, du ciselé à la main. Pour le TVB, c’était quasi couru d’avance. Champion de France en titre, construit dans les plus beaux «matériaux» du volley français cette saison, le collectif tourangeau était programmé pour cela. C’était le but avoué, l’objectif affiché sur les murs de Grenon aux premiers jours de la préparation. A tous les postes, c’est du redoutable. Il y a du talent, du MVP. Wounembaina, Henno, Chinenyeze, Egleskalns, Trinidad et tous leurs coéquipiers sont en mission. Pour mille raisons diverses. Pêle-mêle, Hubert Henno, libéro poivre et sel emblématique, veut finir en beauté, Barthélémy Chinenyeze veut une première étoile à l’aube d’une carrière annoncée monumentale, Patrick Duflos, l’entraîneur revenu en France l’été dernier, veut valider le défi.

 

Bref, le TVB est lancé, propulsé même, par vingt-quatre succès de suite et une invincibilité française qui court depuis… six mois et demi et un revers, tiens donc, à Chaumont, le 27 octobre dernier. Une série de victoires qui a fabriqué des cheveux blancs sur les crânes de tous ses adversaires. Car, au-delà du talent intrinsèque, ce TVB a du coffre et un caractère de cochon. Du genre à se rebiffer, à contredire sans cesse, même quand il est à deux doigts d’avoir tort, comme à Nice en demi-finale aller où, mené deux sets à zéro, le champion faillit bien tomber. Mais non, il s’est relevé et le voilà debout, les armes à la ceinture, prêt à se battre pour tenter de décrocher le huitième titre de champion de France du club.

 

Face à lui, Tours n’aura ni le n°2, ni le n°3 de la saison régulière, comme on peut l’attendre dans un déroulé de Play-Offs classique. En revanche, il va croiser une connaissance, un rompu, un tatoué des ultimes rendez-vous, un coriace qui est devenu depuis trois ans son plus bel ennemi, Chaumont. Et l’on ne dira pas que cela est une surprise ! Au début des Play-Offs, ce fut pressenti, presque annoncé. Sixième de la saison régulière, le CVB 52 a vécu cette année une aventure formidable. Ereintante, usante, mais superbe. Quart de finaliste de la Ligue des Champions, rendez-vous compte ! Ce club, monté en LAM en 2012, fut stoppé aux portes du dernier carré européen par Pérouse.

 

Il y a de l’épopée, du chevaleresque dans l’histoire chaumontaise cette année. Remodelé à 80%, amputé de son enfant-star, Stephen Boyer, à la fin de l’été dernier, Chaumont s’est reconstruit, pièce par pièce, pierre par pierre, sous l’œil attentif et avisé de Silvano Prandi. L’entraîneur italien savait qu’il faudrait du temps au CVB 52 pour vivre pleinement sa nouvelle vie. Malheureusement, la Ligue des Champions lui en ôta. A l’exaltation européenne en semaine succéda parfois la fatigue française le week-end. Sixième de l’exercice régulier, Chaumont n’était pas vraiment à sa place. Mais il n’était plus, dorénavant, que sur un front. Focalisés, recentrés sur un seul et unique objectif, les Hauts-Marnais sont alors devenus redoutables. Montpellier fut ventilé en deux matchs en quart de finale et Ajaccio, malgré l’avantage d’un match d’appui à domicile, dut céder à son tour en demi-finale sous la détermination sans faille d’un CVB 52 parfaitement en place défensivement (11 contres et 85% de réussite en réception lors du match 3). Ces hommes sont des guerriers, à l’image de la triplette de réceptionneurs de haut rang, Baptiste Geiler, Martin Atanasov  et Matej Patak, qui réfutent l’idée de voir un ballon tomber. Au centre, l’Espagnol Jorge Fernandez peut être un mur, tandis que l’américain Taylor Averill est un véritable moteur. Et à la pointe, Julien Winkelmuller a opté pour une tenue sobre et efficace.

 

Aux premières lueurs d’une ère nouvelle, Chaumont est donc déjà en finale, la septième en trois saisons, toutes compétitions confondues pour le champion 2017 ! Mais pour aller au bout maintenant, il faut dompter Tours, dans un remake qui a fait couler plus de larmes qu’il n’a procuré de sourires depuis un an. En finale 2018, le TVB avait repris le titre national aux Hauts-Marnais et, il y a deux mois, il l’a encore vertement tancé en finale de la Coupe de France. Mais tout cela s’était joué alors sur un coup de dés, un match sec. Désormais, le schéma a changé. Il faut en gagner deux pour être couronné. Et la première levée de cette finale de prestige, c’est pour mardi, à Reims, où les Chaumontais ont tant brillé en Ligue des Champions.