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« Je prends du plaisir à côtoyer ces mecs »

le 06/04/2019
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Auteur d’une saison remarquable, le promu girondin, Saint Jean d’Illac, coaché par Anisse Guechou, joue ce soir son quart de finale retour, au Plessis Robinson, porté par un esprit collectif sans faille et une belle dynamique de sept succès de rang.

 

- Pour une première saison en Ligue BM, c’est un joli parcours non ?

C’est un parcours incroyable je dirais ! Surtout compte tenu du début de saison où il y avait de la qualité mais on n’avait pas la réussite nécessaire. On faisait tout, on travaillait dur, les mecs étaient à fond, peut-être un peu trop à fond, avec un peu trop de pression, ce qui fait que la réussite nous fuyait et qu’à chaque fois, dans le money time, soit on perdait nos moyens, soit les adversaires en avaient plus que nous.

 

- Malgré ces six défaites lors des sept premières journées, vous avez gardé le cap, vous n’avez pas voulu tout chambouler, ni dans l’équipe, ni dans la façon de faire ?

Ce que je voyais à l’entraînement, ce que je voyais en match, c’est qu’il y avait beaucoup de choses positives. On n’a pas perdu espoir. Après c’est sûr que la succession de défaites d’un rien nous a fait douter à un moment donné. Mais ça nous a surtout nourris, ça nous a surtout motivés. Et  ça, c’est grâce à la stabilité, à l’expérience du groupe. Si tu prends six mecs qui ne se connaissent pas, tu perds les six premiers matchs, c’est très compliqué ! Les mecs n’ont pas créé des choses, ils ne se battent pas nécessairement les uns pour les autres. Nous, on se connaît, on connaît notre valeur, on connaît nos valeurs humaines. Du coup, les mecs n’ont pas lâché pour eux parce que ce sont des "fighters", mais aussi parce qu’ils ne voulaient pas abandonner pour leurs partenaires. Et quand tu arrives à cela, c’est génial.

 

- Vous aviez aussi conscience que vos joueurs avaient le niveau LBM ?

Oui ! Il n’y a pas un match de prépa ou un match que l’on ait perdu au début où je nous ai sentis complètement à l’ouest. C’est aussi toute la beauté et la complexité de la Ligue BM depuis quelques années. Tu as un épouvantail devant et après, le reste, c’est quand même «bagarreland» ! Le mec qui veut faire des paris sur la Ligue BM, c’est qu’il aime bien jouer à la roulette ! On savait qu’on n’était pas loin. Après la dernière marche est souvent compliquée, mais les mecs ont énormément de mérite parce qu’ils ont continué à faire confiance au club, à faire confiance en leurs partenaires et à se faire confiance, pour rester positif.

 

- Aujourd’hui, la situation a radicalement changé : vous êtes en quart de finale des Play-Offs, vous avez gagné le match aller et vous restez sur sept victoires de suite ! Que génère aujourd’hui cette dynamique ?

Elle génère de la confiance évidemment. Après, on sait que la confiance c’est très long à bâtir et très facile à détruire. On essaie de garder cette dynamique à l’entraînement, de rester le plus sérieux possible et jouer avec notre philosophie et nos forces.

 

- Justement, sans trahir de secrets avant le match de ce soir, c’est quoi le caractère et les forces de Saint-Jean-d’Illac cette saison ?

A mon sens, c’est une équipe où chaque joueur se bat pour le mec à côté, plus que s’il se battait pour lui-même. Depuis le mois de janvier, on a un volume défensif qui  est incroyable parce que les mecs, quels que soient le ballon et le scénario du match, refusent que la balle tombe par terre ! C’est un état d’esprit qui n’est pas facile à avoir 100% du temps. Mais là, on a un groupe qui représente et qui définit pour moi la quintessence d’un sport collectif. Au-delà des résultats, les voir se battre, voir certains, qui travaillent à côté, faire énormément de sacrifices, voir tout l’investissement que cette équipe met au quotidien, c’est peut-être notre plus grande réussite avec le staff et le président. En tout cas, je prends énormément de plaisir à côtoyer ces mecs.  

 

- Comment s’annonce ce match retour ce soir au Plessis Robinson ? Toutes les rencontres se sont jouées à 3-2, vous semblez très proches !

On est un peu « frères ». Ce sont des hiboux, nous des abeilles (sourire) ! Ils ont la même essence que nous, beaucoup d’énergie. Ce qui est compliqué avec eux, c’est que parfois leur énergie fluctue un peu. Ils relâchent un peu le rythme ou alors ils en mettent de façon incroyable. Ils ont une capacité service-bloc qui est vraiment impressionnante et ils ont quelques joueurs, comme Eddy Felicissimo qui est capable de mettre une énergie incroyable et de transcender son équipe.

 

- En tout cas, dans ce format, en ayant pris ce premier match, vous les mettez un peu sous pression non ?

Concrètement, ils sont dos au mur. Ça peut être négatif et te mettre une grosse pression, mais ça peut aussi te nourrir et te motiver. Nous, on aborde ce match, comme un match de championnat, un match amical ou une course hippique : on veut le gagner de la même manière ! On mettra l’énergie qu’il faut et, à mon sens, eux devront prendre des risques.        

 

- C’est une saison réussie qui s’inscrit dans le projet de construction du club, mais ça va peut-être encore un peu plus vite que prévu non ?

On ne s’est pas cachés, on n’a pas dit que l’on jouait le maintien, on a dit qu’on voulait aller en Play-Offs. Avec tout ce que je voyais des différentes équipes, je pensais que c’était atteignable. On est très satisfait de ça. Maintenant, notre objectif ce n’est pas de faire un coup, sur un an finir cinquième, faire un quart de finale ou une demi-finale et s’arrêter de travailler ! On veut construire sur plusieurs années et être plus ambitieux chaque année. J’espère que notre bonne saison, notre bonne dynamique, la bonne humeur du groupe et nos valeurs de solidarité et de combat donnent envie à nos partenaires de donner un peu plus et à de nouveaux de nous rejoindre, pour qu’un jour on puisse nourrir l’ambition de monter en Ligue AM. Maintenant, on ne met pas la charrue avant les bœufs. L’idée c’est de bâtir une structure très stable en Ligue BM, avec des fondations solides pour un jour ambitionner plus. Aujourd’hui, ce qui nous intéresse, c’est de finir de la meilleure manière la saison. On s’arrêtera là où on doit s’arrêter, mais on essaie de s’arrêter le plus loin possible.