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Pierre, l’île au plaisir

le 27/02/2019
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Passeur chevronné, Pierre Pujol retrouve la France et la LAM cette saison avec Ajaccio. Après un temps d’adaptation nécessaire en début de championnat, l’ancien capitaine des Bleus savoure la bonne période actuelle du Gazélec et s’éclate sur le terrain.

 

Il y a du souffle dans les mots, un grand vent de bien-être qui secoue d’aise le passeur français. A 34 ans, Pierre Pujol en a dérouté plus d’un l’été dernier en choisissant de rentrer en France. Sacré en Allemagne avec Berlin au printemps dernier, le champion d’Europe 2015 était très bien là-bas, alors que se profilait en plus la Ligue des Champions ! Mais Pierre est un audacieux, qui se nourrit de nouvelles idées, de contre-pieds. Il voulait un changement, un nouveau challenge, un retour en France et aujourd’hui, il est heureux de s’être posé sur l’île de Beauté. « Forcément aujourd’hui je me sens bien », glisse-t-il, dans un sourire ravi.

 

Tout ne fut pas simple évidemment. Le début de saison fut un peu cahoteux. Rapidement et lourdement secoué par les blessures, le GFCA a d’abord eu du mal à mettre son plan de jeu et son collectif en place. « Les débuts ont été difficiles car il y a eu beaucoup de blessés et les résultats ne s’enchaînaient pas », résume l’ancien Poitevin et Cannois. « Mais ce groupe a eu l’intelligence de la clairvoyance de rester tranquille, de laisser les gens parler, la pression s’installer et continuer à travailler. » Dans son coin, Pierre a tranquillement posé ses repères, sans s’affoler.  Du haut de son expérience et des 212 sélections en équipe de France, ce passeur chevronné connaît aujourd’hui tous les tempos d’une saison et même ses petits soucis d’adducteur au cœur de l’hiver ne l’ont pas affolé plus que cela. « Il a fallu m’adapter à mes nouveaux coéquipiers, à un nouveau club, un nouvel environnement de vie. Je passais d’une grande capitale à une ville sur une île, il a fallu un temps d’adaptation. Après, la blessure, avec l’âge, on sait que cela fait partie du jeu. Il faut rester tranquille », raconte-t-il.

 

A la manœuvre, Pierre a donc pris le temps de suturer le fil, ressentir à nouveau ce championnat, se nourrir de ses caractéristiques, de ses spécificités, forcément différentes de l’Allemagne ou l’Italie, qu’il a fréquentés par le passé. « Si on compare avec l’Allemagne, la densité physique est peut-être un peu moindre en France, mais le niveau technique, tactique, du championnat de France est très élevé. Ici, les gens refusent de faire des fautes, de lâcher des sets, des matchs ! C’est ce qui fait que ce championnat est tout à la fois passionnant et irritant, car tu ne peux rien prévoir. Aujourd’hui, à part Tours qui est sûr d’être en Play-Offs, bien malin qui peut donner l’ordre du classement de la saison régulière ! C’est ça aussi qui est génial », explique-t-il.

 

Une fois que les choses furent mises en places, que les blessures furent pansées, Ajaccio a commencé à se relever, pour enchaîner aujourd’hui cinq succès consécutifs sur un fond de jeu et une rotation qui l’installent désormais à la 4e place du classement et semblent pouvoir l’emmener loin. « C’est le moment de commencer à bien jouer ! », clame Pierre. « On a retrouvé une rotation, on a récupéré douze joueurs, on travaille tous les jours nos automatismes, les repères, les liens sur et en-dehors du terrain. On commence à bien tourner. On a eu des attentes fortes tout de suite sur l’équipe, mais une équipe de volley, ça ne se fait pas en quatre mois. Sauf si vous sortez le chéquier ! Une équipe, ça prend du temps avant qu’elle ne donne sa pleine mesure », justifie le nouvel architecte du jeu ajaccien.

 

Désormais, les connivences sont posées. Que ce fut avec le technicien, Frédéric Ferrandez, ou avec ses coéquipiers, dans sa relation avec son jeune et talentueux réceptionneur-attaquant, Timothée Carle par exemple, les choses sont désormais plus aisées pour Pierre. Car, si le central canadien, Brett Dailey, capitaine et taulier de la maison est naturellement le premier relais du coach sur le terrain, l’expérience de Pierre et sa personnalité affirmée en font un porte-voix indispensable. « La première chose que j’ai à faire, c’est de bien jouer, de m’entraîner tous les jours à 100%. Après c’est mon caractère, quand j’ai des choses à dire, je les dis », admet le vainqueur de la CEV Cup 2011 avec Trévise, qui a déjà tissé un joli lien avec le très prometteur «Tim» Carle. « Il a un potentiel pour le top niveau, c’est un athlète incroyable, quelqu’un qui travaille beaucoup, qui est très stable, intelligent. Il va continuer à aller plus haut », assure le connaisseur, qui, lui, n’envisage surtout pas de raccrocher. A 34 ans, il a encore l’impression d’en avoir 25 et le plaisir coule toujours dans ses veines. « Physiquement, je me sens très bien, de mieux en mieux même ! Je n’ai mal nulle part et je prends toujours beaucoup de plaisir sur un terrain. Le jour où le mot plaisir ne fera plus partie de de mon vocabulaire, quand je n'aurai plus envie d’aller à l’entraînement, alors j’arrêterai. Mais là, je m’éclate toujours autant. On fait le plus beau métier du monde et je n’ai pas envie de m’arrêter », scande Pierre, heureux «Gazier» sur son île.