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Célestin, la grande ascension

le 13/12/2018
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A 19 ans, le pointu de France Avenir 2024, Célestin Cardin, réalise un début de saison fracassant, alors qu’il découvre, avec ses copains de France Avenir 2024, le milieu professionnel depuis deux mois seulement !

 

Même dans ses rêves les plus fous, les plus doux, ceux qui ont forcément peuplé ses dernières nuits d’avant saison, Célestin Cardin n’avait sans doute pas imaginé cela. Que le CNVB, rebaptisé France Avenir 2024 pour son retour en Ligue B Masculine, se retrouve à zéro victoire pour neuf défaites après neuf matchs disputés, cela tous l’avaient envisagé et c’est somme toute assez normal. Mais que son pointu breton de 19 ans, nourri au volley sur le sable, près des plages de Plancoët, sa ville natale, se retrouve au milieu des cadors de l’attaque, sixième marqueur du championnat à 19,3 points de moyenne par match, ça non, personne, sûrement, ne l’avait pronostiqué.

 

Et certainement pas Célestin, lui-même, qui s’étonne presque de se retrouver là. « Je suis forcément un peu surpris, je ne m’attendais pas à être direct dans le Top des marqueurs. Au vu des compétitions internationales de jeunes, je me disais que je pouvais tenir le niveau, mais de là à faire des matchs comme ça… », avoue-t-il, naturel et sans plus d’émotion que cela. Il faut dire que tout a basculé très vite pour ce jeune garçon, venu au volley sans trop savoir pourquoi, sans gènes parentaux ni les mots pour le dire. « Bien sûr que j’aime ce sport ! Je prends plaisir à chaque fois que je suis sur le terrain. Mais j’avoue que pour expliquer pourquoi, je n’ai pas trop de réponse, c’est assez compliqué », dit-il, dans un sourire.

 

Ça l’est presque plus que de claquer 34 points à 65%, comme qui rigole, pour ses premiers pas professionnels, face au Plessis-Robinson (défaite 3-2), dès la première journée du championnat ! Car lorsque l’on dit que tout a basculé très vite, en réalité, tout est parti de là, de ce premier match insensé et de cette sensation exquise de ne rien pouvoir manquer. « Il y avait d’abord un peu d’euphorie pour nous sur ce premier match. On était content de se retrouver en Ligue BM à nôtre âge. Après, tout ce que je tentais, ça marchait, je rentrais bien dans le ballon, ça me rassurait et ça donnait envie de tout lâcher. Je pense aussi que c’était le premier match, on ne nous avait pas encore trop étudiés », raconte-t-il

 

Depuis, Célestin n’est pas vraiment redescendu de son petit nuage. Même si les adversaires ont sérieusement commencé à le cibler, le jeune attaquant explosif continue de rendre des feuilles très propres. Et il se dit finalement qu’il a bien fait d’opter pour le volley, lui qui continuait à jongler entre deux sports, volley et tennis, à son entrée au Pôle Espoirs de Dinard ! Assurément, le jeune attaquant, qui entame sa troisième saison au CNVB et qui appartient au club de Rennes, est sur le bon chemin. Mais il ne veut surtout pas se laisser éblouir par les premières lumières de la scène. Son jeu défensif et sa présence au contre demeurent notamment perfectibles. « Je suis un peu en déficit là-dessus, je dois m’améliorer sur ces points cette année et continuer à trouver encore d’autres angles en attaque, d’autant que ça devient beaucoup plus difficile, avec les défenses qui s’adaptent désormais. Je dois travailler des choses différentes à l’entraînement et progressivement les tenter en match », explique Célestin.

 

Quant à la série de défaites, évidemment, l’idée basique est de l’arrêter au plus vite, avant la fin de l’année 2018 si possible, mais pour Célestin et toute la jeune troupe de France Avenir 2024, ce n’est pas ici la quête absolue. « Bien sûr, c’est un peu frustrant, on aimerait choper quelques victoires. En fin de compte, on a vu que l’on n’est pas si loin que cela. Mais avant tout pour nous, c’est se faire plaisir. A notre âge, cette première expérience avec les pros doit nous aider à nous libérer », estime-t-il. Nul plan personnel farfelu non plus pour Célestin. Le classement des marqueurs reste un pointage anecdotique. « Mon objectif, c’est de m’améliorer à chaque match », priorise le jeune homme, qui, en parallèle de sa vertigineuse ascension sportive, suit un cursus universitaire en informatique.

 

Avec neuf matchs en LBM au compteur désormais, le jeune international français, qui était de l’Euro des moins de vingt ans cet été (près de 15 points de moyenne), a déjà pu mesurer ce qu’il manquait à la jeune troupe de Marc Francastel pour venir titiller un peu plus encore les effectifs aguerris de la division. « La grande différence, c’est le niveau de jeu que ces équipes sont capables de maintenir tout au long du match. Nous, on n’a pas encore cette constance, cette concentration, on manque d’expérience. Ça explique aussi nos petites baisses parfois sur les fins de set et les tie-breaks. » Mais à cet âge-là, on a la tête solide et on se relève souvent de tout. Et Célestin a bien l’intention de grimper encore.