Billetterie

Lucille dans le grand monde

le 21/11/2018
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Arrivée à Nantes à l’intersaison et intronisée pointue titulaire pour la première fois de sa jeune carrière, Lucille Gicquel (21 ans) veut franchir un cap, sans se mettre démesurément la pression cependant.

 

L’ordre des choses a changé. Désormais, Lucille regarde les matchs autrement. Ces trois dernières saisons à Cannes, la jeune attaquante remettait souvent les promesses à demain, entrait par bribes et courtes séquences sur le terrain, travaillait férocement mais dans l’ombre. Depuis le début de la saison, la situation, tout autant que son statut ont sacrément changé. A 21 ans, Lucille Gicquel a pris un tournant décisif dans sa carrière. Sur le chemin de l’ambition, il lui fallait franchir le pas, se mettre à découvert et se frotter, se confronter. Arrivée à Nantes, à la demande du nouveau coach Cyril Ong, qui la suivait des deux yeux depuis longtemps déjà, Gicquel a pris du galon. D’attaquante remplaçante discrète au RC Cannes, la voilà désormais propulsée titulaire à la pointe et première arme offensive d’une équipe nantaise pleine d’ambition.

 

Forcément, le challenge n’est pas simple, mais Lucille se régale déjà d’être sur le terrain. « Ça fait du bien de jouer, clairement ! J’attendais cela depuis deux ans », s’emballe-t-elle, ravie de plonger enfin vraiment dans le grand bain. A 21 ans, l’heure a sonné, les grandes manœuvres sont lancées. Mais pour autant, la jeune attaquante internationale ne se retrouve pas le nez dans le mur. Propulsée chef du département offensif du VBN, Lucille n’est pas seule dans cette intense bataille. Le staff nantais a pris soin de lui adjoindre des galonnées, des chevronnées, capable de l’épauler, de la sécuriser, de la délester parfois et lui permettre ainsi de continuer à se développer et à grandir. Avec Hana Cutura, Odette Ndoye ou Annika Albrecht à ses côtés, Lucille ne porte pas toute la charge sur ses épaules. « J’ai beaucoup de responsabilités, mais c’est toujours dans le souci de continuer à travailler », explique la meilleure marqueuse nantaise jusque-là avec 15,3 points de moyenne par match. « Oui je suis titulaire, oui je joue, mais Cyril ne me met pas la pression que d’autres cadres peuvent avoir dans l’équipe. Ma progression reste toujours dans le travail, l’esprit de me développer. Je ne voulais pas endosser toutes les responsabilités d’un coup. Je voulais rester dans une évolution et le projet à Nantes était très cohérent par rapport à ce que je voulais. Il y a beaucoup de motivation, de détermination, mais je reste dans cet esprit tranquille, j’essaie de ne pas me mettre la pression », poursuit la néo-Nantaise, bien installée dans un appartement d’une résidence du centre-ville, qui héberge également cinq de ses coéquipières, située à deux minutes de la nouvelle salle. « Même si je suis un peu plus loin de la mer qu’à Cannes ! », note Lucille dans un sourire.

 

L’éclosion est donc annoncée. Et la période est belle pour la jeune attaquante, après un été passé en équipe de France à vivre intensément le bonheur d’une qualification pour le championnat d’Europe 2019. Autour de Juliette Fidon, d’Héléna Cazaute, de Pauline Martin et d’autres, la génération qui émerge est pleine de talents et de promesses pour l’avenir. Et 2024, c’est tout à la fois très loin, mais pas tant que cela finalement. « C’est certain qu’un été en équipe de France, c’est long, c’est fatigant, on fait des concessions, mais c’est quelque chose de génial à vivre ! On est fières de ce que l’on a accompli. Il y a un vrai potentiel et les Jeux, ça fait rêver », avoue Lucille.

 

En attendant, il faut marner, encaisser les deux entraînements quotidiens de Cyril Ong. Lucille, qui a mis son BTS professions immobilières entre parenthèses pour se consacrer pleinement au volley cette année, est au pied de l’ascension. Elle le sait bien. « Je n’ai pas beaucoup d’expérience en termes de temps de jeu, donc pas toujours la lucidité pour trouver la bonne solution, pour gérer les ballons au bon moment, pour bien lire le bloc adverse. Ce qui me manque, c’est de l’expérience, des matchs, du vécu pour avoir cette constance, cette régularité », convient-elle. Maintenant qu’elle est appelée sur le terrain chaque soir de match, elle va avoir le temps d’emmagasiner tout cela.