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« On savoure mais on est sur le qui-vive »

le 09/11/2018
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Dernière équipe invaincue en LAM, Poitiers a réussi son début de saison. Son entraîneur, Brice Donat, s’en félicite, mais il reste en vigilance avant la réception toujours attendue du voisin, Tours, demain soir.

 

- Poitiers à 4-0. C’est un début de saison réussie. Pourquoi cela fonctionne si bien depuis la reprise ?

En fait, on est une équipe bien équilibrée, avec de la jeunesse et de l’expérience. Jeunesse sur le passeur et les réceptionneur-attaquants et de l’expérience sur le pointu et au centre. C’est un groupe où tout le monde connait sa place et qui a bien compris l’intérêt d’être 12. Chaque élément est indispensable au bon fonctionnement du sept majeur. J’avoue que je prends énormément de plaisir à travailler avec ce groupe. Il est travailleur, discipliné, ultra investi comme j’aime ! Il n’y a pas de jalousie, pas de tire-au-flanc. Mon deuxième passeur par exemple (Julien Prigent) a très bien travaillé ces derniers temps et est prêt aujourd’hui à nous apporter quelque chose s’il le faut. Andrii Kutsmus n’a pas eu encore l’occasion de jouer, mais il est en train de retrouver un très bon niveau à l’entraînement et est prêt, lui aussi, à nous aider sur un set ou un match, s’il faut faire la différence. Le sept majeur joue très bien, mais les remplaçants poussent derrière ! Tout le monde tire le groupe vers le haut. Quand un ballon tombe dans une zone, tout le monde est responsabilisé. Maintenant, on ne s’emballe surtout pas, on garde les pieds sur terre. On joue bien, on vit bien, mais la saison va être très longue, surtout à partir de décembre où on va enchaîner les matchs tous les trois jours, avec la Coupe d’Europe. On profite, on savoure, mais on est sur le qui-vive. On n’a pas peur de se remettre en question au quotidien. Je sais qu’il y aura des passages compliqués. Mais on s’est attaché à travailler très dur en début de saison pour poser de bonnes fondations.

 

- En tout cas, c’est intéressant de lancer l’exercice ainsi, d’entretenir la dynamique, dans la foulée de votre meilleure saison l’an passé depuis votre retour en LAM (5e) ?

Ça doit faire partie de l’ADN, de la philosophie du club et de l’équipe : faire un pas, jouer chaque point pour le gagner ! Je répète souvent : « Each ball, match ball ! » (Chaque ballon est une balle de match). Je n’accepte pas que l’on ne se batte pas. Ça fait quelques temps que mes équipes ressemblent à ça. Dès le premier match de la saison, les gens ont été surpris de l’engagement de l’équipe et des joueurs.

 

- Vous avez constitué une diagonale passeur-pointu assez audacieuse. Comment fonctionne l’association Abaev – Schöps ? C’est assez rare d’associer un jeune passeur de 19 ans avec un pointu de 35 ! On a plus l’habitude de voir cela dans l’autre sens ?

Déjà, j’ai vu dans ce jeune passeur énormément de talent. Pour moi, ça va être un joueur de haut niveau, même s’il y a encore beaucoup de travail, des maladresses, une gestion émotionnelle à acquérir sur les fins de set. Il est en apprentissage cette saison. Schöps, lui, je ne l’ai pas inventé (sourire) ! Mais je lui ai permis de retrouver le sourire, le terrain. Depuis trois ans, il avait très peu de temps de jeu. Là, il a beaucoup de responsabilités. C’est notre pointu mais aussi un vrai exemple de professionnalisme, un vrai modèle pour la jeunesse. Quand je mets en place l’organisation de la semaine en début de saison, c’est le premier à ramasser les ballons, alors qu’il a 35 ans et que c’est une vraie star ! Il apporte beaucoup de sérénité à l’équipe, il rentre complètement dans le schéma tactique, il défend, il sert là où il faut servir, il se bat. C’est ma Ferrari !

 

- Et votre jeune passeur, Konstantin Abaev, comment se débrouille-t-il ?

Il est bourré de talent, il a d’excellentes mains, des capacités physiques extraordinaires, il prend beaucoup de place au contre, a une grosse puissance au service, même si je le conditionne pour l’instant sur un service flottant. Il a beaucoup de variétés à la passe, il est appliqué, à l’écoute de ses attaquants. Tous les jours je lui explique que c’est lui le chef, le patron du jeu.

 

- Et puis Schöps, de par son expérience, peut rattraper les éventuelles boulettes ?

C’est exactement ça ! Schöps corrige et en plus il dit : « Ne t’inquiète pas, ta balle est bonne ! » C’est vraiment le pointu idéal pour un jeune passeur. Schöps n’a pas besoin de briller personnellement, tout le monde sait quel joueur il est. En plus, cette saison, la répartition des ballons est très équilibrée. Notre Marocain, El Graoui, fait un très bon début de saison, Kokki (Kokkinakis) joue parfaitement son rôle de leader. On a un jeu très varié, avec une vitesse importante et personne ne ralentit le jeu, tout le monde peut jouer des ballons très rapides.

 

- Justement, on a le sentiment que Menelaos Kokkinakis a pris une dimension incroyable cette saison ?

Il est arrivé l’an dernier à Poitiers comme un excellent réceptionneur et défenseur, avec un jeu à l’attaque et au service très moyen. Désormais, il est devenu très complet, avec des services à plus de 100 km/h et sans faute (11 aces en quatre matchs) ! Il est bluffant au service et à l’attaque, il joue très vite. C’est vraiment devenu une grande valeur sûre de l’équipe, qui stabilise le jeu en réception et forme avec Santucci (le libéro) une paire de défense impressionnante. J’en ai fait mon capitaine, il a ce gros caractère de leader, tout en ayant ce petit grain de folie positif, qui tire l’équipe vers le haut, qui fait sourire l’équipe. C’est un vrai joueur d’équipe.

 

- Demain, c’est Tours, le voisin, pour un derby toujours singulier. Cet affrontement reste un moment fort de la saison, même quand on en a déjà joué des dizaines au plus haut niveau ?

C’est toujours un match particulier. On sent un peu plus d’attente, les supporters passent pendant les entraînements. Même quand on va faire les courses, on nous dit : « Attention, samedi c’est Tours, il faut gagner ! » Mais on l’a préparé comme un autre match, on a maintenu le cap. Tours ou une autre équipe, l’objectif c’est de garder notre invincibilité à domicile.