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Avignon sur la pointe des pieds

le 28/09/2018
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Beau septième de la dernière saison, Avignon a vécu une intersaison tourmentée avec la perte de sa recrue à la pointe fin juillet. Mais le club du Vaucluse reste positif, persuadé qu’il trouvera des solutions.

 

José Amet a une petite voix. Mais ce n’est pas qu’il soit en plein désarroi. Non, c’est simplement son téléphone, vieillissant, qui étire visiblement ses derniers instants de vie. Pourtant, le coach avignonnais aurait de quoi se lamenter, se désoler, se fatiguer à force de porter toute la misère qui lui est tombée dessus au cours de l’été. Après un exercice 2017-2018 plutôt bien ficelé, terminé à la 7e place et donc en Play-Offs pour un retour en LBM, l’AVB se voyait bien grandir encore un peu et venir enquiquiner les gros bras de la division.

 

D’ailleurs, le technicien avait sa petite idée. Certes, il perdait son colosse d’attaque, son arme aux gros mollets et à l’épaule tonitruante, Maoni Talia, parti tenter l’aventure à Saint-Quentin, mais José Amet avait vite trouvé son successeur, référencé dans le championnat, en la personne de Stéphane Alpha. Ça devait donc encore bien fonctionner pour Avignon cette année. « C’est sûr qu’avec Alpha, l’équipe avait une bonne gueule », reconnaît José. Seulement, la DNACG est passée par là et Avignon a dû revoir ses ambitions à la baisse. Afin de « dégraisser », l’AVB n’eut alors d’autre choix que de rendre sa liberté au pointu à peine arrivé fin juillet. D’un coup, l’édifice s’écroulait, la pièce maîtresse du puzzle venait de passer dans l’aspirateur ! « On a reçu la décision fin juillet. Devant le fait accompli, on s’est dit qu’on allait trouver des solutions. Je prends cela avec philosophie », relate aujourd’hui posément José Amet, sans doute bien plus secoué sur le coup il y a deux mois.

 

Avignon s’est donc attelé à trouver des palliatifs. Chaque matin depuis le début de la préparation, l’entraîneur de l’AVB endosse le costume du petit chimiste. Il teste des associations, des combinaisons, évalue l’un ou l’autre en bout de fil. Car, dans son effectif, Avignon a plusieurs profils capables de dépanner et de tenir le poste d’attaquant de pointe. Le central serbe, Mladen Bojovic, qui arrive de Nancy, a l’expérience pour cela, le jeune réceptionneur Joachim Panou, peu utilisé en Ligue AM avec Montpellier, est venu chercher du temps de jeu en Avignon et a déjà tenu le poste de pointu, Mathis Patte, qui arrive d’Arles, peut aussi sortir de sa sphère de réceptionneur-attaquant pour faire quelques piges à l’aile. « Ce n’est pas le même poste évidemment, mais on a potentiellement des joueurs qui sont capables de le tenir. On fait des essais et les matchs amicaux à venir vont nous donner un peu plus d’indications, même si j’ai déjà ma petite idée », raconte l’entraîneur avignonnais.

 

Cet écueil inattendu n’a en tout cas pas altéré le moral et la motivation du coach. Au milieu d’un effectif très jeune de 23 ans de moyenne d’âge, avec neuf français et dix francophones sur onze joueurs, José Amet apprécie l’état d’esprit et le sérieux de ses troupes depuis le premier rassemblement. Et se dit que c’est finalement un joli défi à relever. « C’est un challenge sympa, le groupe est sympa. Les jeunes ont envie de s’investir, ils travaillent. C’est vraiment agréable de bosser avec eux. Ils sont ouverts, ont envie de prouver ce dont ils sont capables. Ici, à Avignon, ils savent qu’ils joueront. Et l’absence de pointu peut peut-être permettre à un joueur de s’affirmer à ce poste-là, de révéler quelqu’un. On va se battre », clame l’entraîneur qui, à titre personnel, peut regretter parfois de ne pas avoir un peu plus de confort pour travailler, mais voit aussi dans sa mission de belles intentions. « A titre personnel, c’est aussi un vrai challenge : trouver la solution et mettre sur les rails des jeunes joueurs, quand certains clubs de Ligue AM ne leur donnent pas cette chance-là. »

 

Aujourd’hui et demain, face à Narbonne, Nice et les Slovènes de Novo Mesto, invités au Trophée Mistral, haut rendez-vous avignonnais de présaison, José Amet va donc poursuivre ses travaux de construction. Dans cette configuration, le technicien sait qu’il part de loin. Mais il demeure persuadé « qu’il y a moyen de faire quelque chose de sympa ».