Billetterie

Voyage en terrain connu

le 17/09/2018
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Neuvième la saison passée, Nice n’a pas fait une mauvaise saison, mais elle eut pu être bien meilleure sur le plan relationnel. Cette année, le staff des Aiglons a privilégié l’état d’esprit en recrutant du « made in France ».

 

On ne le changera plus maintenant. Et ce ne serait sans doute profitable pour personne. A 60 ans, Mladen Kasic est un entraîneur entier, exigeant, passionné jusqu’à la dernière fibre. Alors, quand il a le sentiment tenace d’avoir consommé plus d’énergie à consolider des liens, à rafistoler un groupe, plutôt qu’à jouer tout atout sur le terrain, l’entraîneur niçois se dit forcément que quelque chose a manqué, qu’un rouage s’est grippé.

 

C’est ainsi, la tête embuée par quelques doutes, que le technicien croate s’est extirpé d’une saison dernière compliquée. Non pas qu’elle fut grossièrement manquée. La neuvième place en fin de compte, l’absence de Play-Offs, alors que Nice avait joliment caracolé jusqu’en demi-finale en 2016-2017, donnent un air régressif à l’exercice, mais pas tant que cela finalement. En revanche, le coach admet s’être un peu usé dans la vie de groupe. « On était un peu en difficulté l’an dernier, surtout dans le relationnel », convient Mladen Kasic. « C’était un peu dommage de gâcher une saison, de passer du temps, la semaine, sans avoir de plaisir, de ne pas faire des entraînements avec envie. J’ai pris un peu de temps de réflexion avant de continuer, mais je me suis bien reposé et depuis le début de la préparation, j’ai de nouveau retrouvé le plaisir de travailler. »

 

En plein air sur la piste ou en salle par 40°C, l’entraîneur croate a lancé la préparation avec la gnaque et le sourire. Par la grâce essentiellement d’un recrutement savamment réfléchi et axé prioritairement sur des explorateurs aguerris de la LAM. L’an passé, malgré les réelles qualités du pointu ukrainien, Vasyl Tupchii, le Nice Volley avait ainsi perdu trop de temps à ficeler les caractères des uns et des autres et à unir un collectif. « On a perdu du temps à régler les conflits et les petits problèmes des uns ou des autres », confie encore l’entraîneur des Aiglons. « Cette fois, on a essayé de faire une équipe avec des joueurs qu’on connaît. On est parti dans moins d’inconnus, avec des mecs qu’on appréciait déjà et d’autres qui connaissaient déjà le championnat. Pour le moment, ça se passe très bien », explique Mladen.

 

Nice a ainsi rappelé à la maison deux ex-pensionnaires de la salle Giamarchi : le libéro belge Jelle Ribbens, actuellement au championnat du Monde, et le central Rodney Ah-Kong. A la pointe, le club azuréen a convoqué l’international néerlandais et ancien nantais, Robin Overbeeke. En réception-attaque, Kasic a misé sur le Russe Vadim Deev, très solide en Ligue BM, avec Cambrai. A la passe, il a enfin réussi à rapatrier sur la Côte, l’international bosnien, Zeljko Coric, qu’il zyeutait depuis plusieurs années, qu’il a vu plutôt à son avantage lors de sa pige de deux mois à Ajaccio la saison dernière et à qui il devrait confier le capitanat et pas mal de leadership. « Coric, ça fait des années que je le connais. Il m’avait appelé il y a trois, quatre ans, mais ça n’avait pas pu se faire. Après sa pige à Ajaccio, il voulait revenir en France. Ça va me faciliter les choses aussi de m’exprimer dans ma langue maternelle, de pouvoir passer avec des mots précis les messages importants qu’il pourra transmettre au groupe », envisage déjà le technicien niçois.

 

Ensuite, il est encore trop tôt pour affiner les objectifs et situer la version 2018-2019 du Nice Volley dans la hiérarchie LAM, même si le coach estime qu’il y aura deux groupes d’équipes cette saison. « Un premier de cinq, six équipes avec Tours, Montpellier, Chaumont, Tourcoing, Rennes peut-être, et puis les autres. Chaque année, quand on voit le recrutement, on se dit c’est énorme ! Mais chaque année, on fait notre trou. Je pense qu’on a fait une équipe compétitive, mais il faut que tout fonctionne bien », avance Mladen, prudemment. En attendant de fixer précisément les objectifs communs, il éclaircit les objectifs individuels de chacun, dans le courant d’une préparation qui pose, ici et là, des indices intéressants. Le week-end dernier, malgré une défaite face à Montpellier (1-3) et un match nul contre Sète (2-2), le technicien n’a pas fait les gros yeux. Au contraire. « Il y a eu des choses pas mal », glisse-t-il. Mladen et ses hommes sont peut-être sur le bon chemin…