Billetterie

Chaumont, le grand virage

le 12/09/2018
'.$actu->_Identite['LibelleActualite'].'

Confronté à sa première « fin de cycle » en LAM, le club chaumontais a changé près de 80% de son effectif et digéré le départ de sa star, Stephen Boyer. Renouvelé et rajeuni, le CVB 52 n’en demeure  pas moins ambitieux.

 

Bruno Soirfeck a désormais la peau suffisamment tannée et l’expérience épaisse pour faire face à toutes les situations. Le président du CVB 52 n’en est plus à s’affaler au premier soubresaut. N’empêche, son club chaumontais s’engage clairement cette saison dans une nouvelle voie, vers une nouvelle vie, et cela, forcément, ça vous titille un peu les certitudes. Certes, depuis son accession en LAM en 2012, le club haut-marnais a déjà connu quelques moments délicats, faisant face récemment par exemple, en 2017, au départ de son capitaine emblématique Nathan Wounembaina. Mais là, l’affaire est bien plus complexe à appréhender. Elevé aujourd’hui au rang de très grand du volley français, Chaumont doit cette fois totalement changer de peau.

 

Avec un effectif remodelé à près de 80%, à savoir dix nouveaux joueurs sur les treize qui composent le roster 2018-2019, le CVB 52 ne se prend pas pour un autre, mais il n’est assurément plus le même. Le président, qui entame ici sa dixième saison à la tête du club, en a conscience. Il avait anticipé la chose, mais c’est un peu rude tout de même. « On a toujours eu une approche de type managériale, d’entreprise. Ma hantise, la crainte qu’un président doit avoir, c’est la fameuse fin de cycle. Et là, ça correspond à cela. J’ai toujours été vigilant par rapport à ces situations. On a vécu des fins d’époque, des départs de grands joueurs, mais la fin de cycle, on ne l’avait pas vécue jusqu’à maintenant. Elle est arrivée, elle est là. Mais on l’a vue venir car le club a eu le bonheur de gravir une marche chaque saison. Là, on est dans un virage et on a fait des choix », explique Bruno Soirfeck.

 

Parmi les questionnements, le premier, et le plus naturel, concerne évidemment le rendement de cette nouvelle équipe, remodelée, rajeunie, aventureuse à certains postes, notamment à la pointe. Car, parmi toutes les situations envisagées ou subies, c’est évidemment le départ de l’enfant star de la maison, Stephen Boyer, qui pèse le plus lourd et laisse le plus grand vide. « Passer derrière Stephen, c’est forcément pour tous beaucoup d’interrogations », admet le boss du CVB 52. A fortiori quand le club et son coach, Silvano Prandi, optent pour une réception costaude, avec les arrivées notamment du jeune Bulgare Martin Atanasov, du Slovaque Matej Patak et du très complet et n°1 en LAM au poste l’an passé, Baptiste Geiler, mais à l’inverse pas mal d’audace en attaque, avec une doublette expérimentale en pointe Wassim Ben Tara – Julien Winkelmüller. Le premier est un réceptionneur-attaquant reconverti, un athlète de 2,03 m au physique incroyable, et le second est un jeune français plein de talent, meilleur marqueur avec Menin du championnat belge l’an passé, qui a déjà pris place dans le groupe France élargi cet été, mais qui est sans vécu LAM encore. « J’assume les choix qu’on a faits. On a encore une équipe de treize joueurs, je donne les moyens à notre coach d’avoir de bonnes conditions d’entraînements. Oui, c’est une fin de cycle, mais on n’en est pas moins ambitieux. Sur le papier, Tours se dégage, Montpellier s’est renforcé, Tourcoing œuvre bien. Allons en Play-Offs et après on verra. On a toujours l’ambition d’être dans le Top 4 », résume le président.

 

Même chamboulé, Chaumont, opposé aux Norvégiens de Bergen au premier tour préliminaire de la Ligue des Champions, poursuit sa construction. Les travaux de la nouvelle salle ont débuté et celle-ci devrait sortir de terre fin 2020. Avec près de 550 000 euros de partenariat privé la saison passée (sur un budget de 1,5 millions d’euros), le club continue d’attirer le tissu économique du Grand Est. Enfin, avec cinq finales disputées en deux saisons (même si celles de l’an passé, en Coupe de France et en Championnat furent perdues), le CVB 52 a désormais un joli blason dont il doit être digne. « On continue notre chemin. Maintenant on sait qu’on doit assumer notre statut. Cinq finales en deux ans, c’est costaud ! Il faut rester humble mais tirer tout cela vers le haut », avance le président. Et s’il fallait une dernière preuve que Chaumont, finaliste de la Challenge Cup en 2017, est désormais clairement identifié sur la carte du volley européen, il suffit simplement de contempler le plateau de son tournoi des 28, 29 et 30 septembre prochains, avec Tours, Tourcoing et Milan au programme. A l’image du CVB 52, ça pèse un peu.