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Rennes mise sur la première ligne

le 06/09/2018
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En difficulté la saison passée, Rennes a pris l’option de constituer un six de base fort avec pas mal d’expérience pour tenter de venir titiller les meilleurs et réserver un siège pour les Play-Offs.

 

De Coubertin à Colette-Besson, Nikola Matijasevic a fait un long voyage. Sitôt le maintien en LAM assuré à Paris, en mai dernier, face à Narbonne, l’entraîneur du Rennes Volley 35 a rangé sa petite plaquette dans son sac et il est parti… en Macédoine ! Non pas en vacances, mais à la tête de la sélection nationale macédonienne pour tenter de la qualifier pour le prochain Euro. L’homme est un passionné. « Quand il s’agit de volley, je ne sais pas dire non », sourit-il.  Et après un été « sans un seul jour de vraies vacances », avoue-t-il, il a poursuivi dans l’élan, avec son équipe rennaise, d’abord remise au travail par son assistant Benjamin Roche, le 20 août dernier, et que Nikola a retrouvée avec enthousiasme et plaisir une semaine plus tard. « Ce n’est pas grave, je suis un privilégié, j’aime ça. »

 

C’est donc avec cet appétit jamais rassasié qu’il prend le pouls et entoure ses troupes depuis près de deux semaines. Depuis le printemps dernier, le technicien franco-serbe avait largement élaboré et tracé les contours de sa future équipe. Et ce qui a été mis en œuvre lui plaît assez. L’idée de base était claire. Après une saison dernière difficile, terminée néanmoins dans un joli sourire avec ce succès en Play-Offs LBM, Rennes et son coach ont pris clairement le parti de fortifier le six de base, pour aligner d’entrée une phalange solide et performante, capable de répondre sur tous les fronts. « Avec mon président, Jean-Yves Le Roux, on s’est assis. Mon projet était d’essayer de faire un six de base plus fort que celui de l’an dernier. On a donc fait un effort financier sur le 6, avec des joueurs très expérimentés », explique Nikola.

 

Ainsi, autour du réceptionneur tchèque reconduit, Kamil Baranek (35 ans), le staff rennais a constitué une diagonale passeur – pointu de grande qualité sur le papier, en accueillant le Portugais Miguel Tavarez, auteur d’une remarquable saison à la tête du jeu tourquennois l’an passé et l’attaquant belge, Bram Van Den Dries, au lourd potentiel un peu en sommeil la saison dernière à Toulouse. Dans cet ordre d’idée, l’arrivée du rompu réceptionneur espagnol, Gustavo Delgado (32 ans), en provenance de Montpellier, constitue normalement un gage de sécurité. Sur la base de ce quatuor de leaders, Rennes entend donc mener une belle saison. A condition que les corps ne s’abiment pas trop vite. Un pari sur le physique forcément peu risqué, d’autant que Van Den Dries, notamment, a accumulé les pépins ces dernières années. Mais Rennes fait toute confiance à un staff médical de pointe. « Autour du docteur Marc Quemener, c’est l’un des meilleurs staffs médicaux que je n’ai jamais eus en France. Ils sont vraiment impliqués dans le quotidien de l’équipe. C’est un point fort qui devrait payer dans la saison. Si on n’a pas de blessures de longue durée sur les joueurs expérimentés,  je pense qu’on sera très difficile à manœuvrer. J’en suis persuadé », estime Nikola Matijasevic.

 

Avec les progressions attendues du jeune central du cru, Gildas Prevert, la venue, au centre toujours, du Bulgare, Krasimir Georgiev (23 ans), un joueur à gros volume physique, très fort à l’attaque mais perfectible au bloc, la présence de l’ex libéro chaumontais, le prometteur Canadien Bryan Duquette et une kyrielle de jeunes loups autour (Bernard, Bouleau, Le Gars, Toledo), Rennes a hiérarchisé son groupe tout en mixant les âges et les talents. « Certains jeunes doivent progresser beaucoup et d’autres doivent confirmer. C’est très intéressant, très prometteur, mais aussi très risqué. Si je perds mon pointu, on sera avant-dernier ou dernier », avance le technicien.

 

Mais si tout va bien, Rennes, dans ces habits-là, peut marcher droit. Quand Nikola jette un œil aux effectifs costauds qui l’entourent en LAM, il ne se place pas en fond de cale. « Deux équipes sont vraiment au-dessus du lot, c’est Tours et Montpellier. C’est impressionnant. Pour moi la finale est déjà connue ! », estime le coach. « Derrière, Tourcoing, Poitiers, Ajaccio et Chaumont forment la deuxième vague. Après, sur les deux dernières places de Play-Offs, ça va jouer serrer ! Ces deux dernières places seront très chères. Mais c’est notre objectif, les Play-Offs », revendique l’entraîneur rennais, déjà enflammé et prêt à batailler.