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Le bal des débutantes

le 04/09/2018
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Engagée en LAF pour la première fois de son histoire, l’IFVB, rebaptisé France Avenir 2024, ne vise pas un résultat sportif mais attend surtout que ses jeunes Françaises de talent progressent et s’aguerrissent plus vite au contact du milieu professionnel.

 

Il n’y a pas eu de réunion officielle, « d’inauguration de projet ». Voilà près de trois mois que l’Institut Fédéral du Volley-Ball et ses filles savent qu’elles joueront la saison prochaine en LAF, sans que cela ait engendré une table ronde ou un vaste débat. Depuis le début de l’été les jeunes Françaises sont tous azimuts, sur tous les fronts, et si le temps a manqué pour se retrouver et en parler, l’information, majeure, se suffit à elle-même de toute façon. Pour la première fois de son histoire, France Avenir 2024, la pépinière à talent du volley féminin français, va en effet quitter le championnat Elite où elle travaillait souvent dans l’ombre ces dernières saisons, pour exposer ses filles à la lumière et aux rudesses du championnat professionnel, la LAF.

 

Forcément, pour ces jeunes filles de dix-neuf ans à peine, c’est un sacré changement de vie. Une épaisse barre de seuil sur le pas de la porte qui mène vers le grand monde professionnel. Mais depuis trois mois que la décision a été prise de lancer les jouvencelles dans le tambour du volley pro, ces jeunes filles ont eu le temps de se faire à l’idée. Et visiblement, cela ne semble pas (encore) les effrayer plus que cela, comme le raconte Jacques Béraud, l’un des entraîneurs du Pôle France, qui aura en l’espèce plus un rôle de coordonnateur de ce grand projet, le coaching de l’équipe les soirs de match étant tenu cette saison par Gaël Le Draoulec. « Je ressens bien plus de l’excitation et de l’enthousiasme, pas de la peur. Les filles sont contentes d’avoir cette opportunité. Elles sont lucides sur le fait que ce sera dur, mais elles sont conscientes aussi de la possibilité qu’elles ont de grandir si elles prennent les choses par le bon bout », relate-t-il.

 

Avec pour horizon suprême, les J.O. de Paris 2024 pour cette génération, l’histoire peut être très belle. Pour cela, les talents ne doivent pas se cacher. Le staff attend des meilleures qu’elles assument leurs responsabilités. D’autant que le sélectionneur français, Emile Rousseaux va poser un œil très attentif sur la saison de France Avenir 2024 et devrait même être présent sur le banc plusieurs fois dans l’année ! « On va demander aux plus gros potentiels de prendre leurs responsabilités. Par le biais des stats, on va leur donner les seuils normaux qu’atteignent les joueuses qui évoluent en pro. Au fil de la saison, elles devront se rapprocher de ce niveau de performance. Plus on va s’en rapprocher, plus on aura de chance de gagner des matchs », résume Jacques Béraud.

 

L’équipe en tout cas est déjà quasiment constituée et la hiérarchie bien avancée, voire quasiment établie. Ainsi, les centrales Eva Elouga, vue avec l’Equipe de France lors de la campagne de qualifications pour l’Euro 2019, et Amandha Sylves, qui a participé aux Jeux Méditerranéens et qui conduit actuellement les Juniors à l’Euro, seront les leaders du groupe, épaulées par la pointue, Amélie Rotar, la passeuse, Mahe Mauriat, les réceptionneuse-attaquantes, Iva Davidovic et Manon Moreels, la centrale, Marie Andriamaherizo, toutes membres du six de base des Bleuettes à l’Euro en Albanie, soutenues par la libéro Juliette Gelin.

 

A quelques semaines de cette nouvelle aventure, France Avenir 2024 reste serein, mais sous le vernis, ça remue un peu. Le poids sur les épaules est un tantinet plus lourd. Mais, il y a un consensus, une volonté commune de mener ce projet à bien qui doit permettre de faire avancer les choses et qui est une aide précieuse dans le développement des jeunes talents français. « Bien sûr, ça met une forme de pression, une forte responsabilité par rapport à l’objectif qui est d’installer durablement l’équipe de France dans le haut du ranking européen et mondial », admet Jacques Béraud. « On a cette responsabilité-là, mais cette opportunité, on ne l’aura plus de sitôt ! Il y a aussi un contexte général favorable, une prise de conscience de la FFVB, la LNV, les coachs de club. Tout le monde a envie de mettre son grain de sel dans l’aventure et il faut les remercier. » De la meilleure des manières : en faisant éclore les talents et en gagnant quelques matchs en LAF.