Billetterie

Venelles, l’Amérique en Provence

le 30/08/2018
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Bien installé désormais dans la partie haute de la LAF, Venelles veut grandir encore pour titiller un jour le Top 4. Pour cette saison, le club a misé sur la fibre et le talent US, en recrutant quatre joueuses américaines.

 

Ce n’était ni une conviction ni une lubie, ni un caprice. A la fin du printemps, quand il fut temps de se pencher sur l’ossature du PAVVB 2018-2019, Félix André n’avait pas vraiment d’idée ou de projet bien arrêtés. Parmi ses critères de choix prioritaires, un gros trait ressortait seulement : le coach de Venelles était en quête de joueuses « qui en veulent », il quêtait des combattantes, des gagneuses, des audacieuses. Qu’elles viennent d’Europe, d’Amérique ou d’ailleurs. « Ce n’était pas une volonté précise au départ. Ça a été un concours de circonstances et une opportunité financière. Les possibilités se sont créées dans cette filière tout en restant compétitif. La seule chose commune que je recherchais chez les joueuses, entre celles qui restent et celles qui arrivent, c’était une énorme motivation, l’envie de montrer ce qu’elles sont capables de faire à haut niveau », reconnaît honnêtement l’entraineur des ReBelles.

 

A l’arrivée, sur les cinq recrues enregistrées cet été, quatre sont donc d’origine américaine. Un changement de cap et un nouvel accent au cœur de la Provence. Une prise de risque, une position hardie aussi, puisque deux d’entre elles sortent à peine du berceau universitaire NCAA. La réceptionneuse-attaquante, Kelli Bates n’a pas disputé le moindre point hors de son sol, tandis que la centrale Haleigh Nelson sort d’une saison de… beach volley ! Quant à la jeune passeuse, Abby Detering, elle cumule simplement quatre mois d’expérience et une demi-saison dernière dans le championnat autrichien ! Seule finalement, la passeuse Lindsay Dowd, en provenance d’Allemagne, est déjà rompue au jeu du Vieux Continent. Bref, le challenge est excitant mais un chouia délicat néanmoins pour accommoder ces « made in US » à l’heure française.      

 

Mais Félix André y croit. Et si l’histoire débute à peine, il y voit déjà quelques prémices encourageantes. L’assistant d’Emile Rousseaux auprès des Bleues pousse même le crayon jusqu’à tracer un petit parallèle avec l’équipe de France féminine, portée elle-aussi par un grand vent de jeunesse jusqu’à cette qualification récente pour le prochain Euro. « Il y a une espèce d’insouciance, ce désir de prouver des choses et prouver aux autres qu’on peut être de bonnes joueuses professionnelles. On sent que beaucoup ont été motivées par le discours et la philosophie du club. Après, dans l’attitude, voir qu‘une fille comme Abby finit son cursus universitaire en décembre dernier et n’attend pas pour aller se confronter tout de suite au volley européen, tout ça, ce sont des bons signes pour moi », raconte le technicien.

 

A lui maintenant de poser la symphonie. A l’orchestration, il a déjà sa petite idée, même s’il laisse la porte de titulaire ouverte aux deux passeuses en lice. En tout cas, il se réjouit de disposer de deux profils radicalement différents sur lesquels pianoter, entre Dowd, passeuse de taille « normale » (1,75 m) dans un registre plus classique, et Detering, gros physique (1,86 m) et potentiel offensif au-dessus de la norme pour une meneuse de jeu. « J’ai ma petite idée, mais je ne vais pas m’enfermer là-dedans. Je vois cela comme une vraie force et deux filles qui en veulent », résume Félix.

 

Avec l’arrivée d’une pointue brésilienne, Heloiza Lacerda Pereira, animée par les défis et en quête de temps de jeu après une saison un peu maigre l’an passé, et l’apport entier de Pauline Martin, la centrale internationale blessée l’an passé (ligaments croisés), mais revenue en pleine lumière avec l’équipe de France cet été, Venelles tentera de s’arrimer plus haut encore dans la hiérarchie LAF. Dans le top 7 systématiquement depuis six saisons, le PAVVB fait partie du paysage désormais, même s’il est bien conscient que pour lorgner un peu plus haut, il lui en manque encore un peu. « On va vite balayer le premier point, l’argent. On le sait », dit Félix, sans en faire des tonnes. « Mais le club se structure, on a une chargée de communication depuis l’an passé, la Mairie cette année nous libère plus de créneaux d’entraînement. Il y a des améliorations, ça avance. Maintenant, on veut essayer de franchir une étape, refaire une demi-finale comme il y a 3 ans et obtenir à nouveau une place européenne à la fin de la saison. » Le sésame pour avoir sa place au premier rang sur la photo. Le ticket pour être admis définitivement parmi les tout grands de la LAF.