Billetterie

Nouvelle ère, même audace

le 29/08/2018
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Cinquième l’an passé au terme de sa meilleure saison depuis son retour en LAM, Poitiers a pourtant dû rebâtir un collectif au cœur d’un été agité. Mais pour son coach, Brice Donat, l’audace devrait encore payer.

 

La saison démarre à peine, mais pour Brice Donat, rien n’a jamais vraiment cessé. La tête dans le ballon tout l’intersaison, l’entraîneur poitevin n’a guère eu le temps de se poser, de se dire que c’était terminé et que tout allait recommencer. Le tambour n’a pas cessé de tourner et les méninges de cogiter. Derrière une saison joliment contrôlée, terminée à la cinquième place régulière, la meilleure du SPVB depuis son retour en LAM en 2015, une élimination à la bagarre en quart de finale des Play-Offs à Ajaccio (3-2 lors du match d’appui), l’entraîneur poitevin aurait pu mettre le holà et savourer un chouia avant de s’y remettre. Au lieu de cela, il a repris la route, avec l’équipe de France A’, assistant Marc Francastel auprès des jeunes talents français et prenant même part à sa première compétition internationale lors des Jeux Méditerranéens ! « Ça a été chargé mais c’est une expérience très riche. Il y a toujours plein de choses à apprendre sur les méthodes, les philosophies de travail. Ça permet de rester au contact du ballon, de continuer à progresser, de se remettre en question tous les jours. Je suis assoiffé de progrès et de haut niveau », avoue le technicien.

 

Cet été, ce ne sont donc pas les terrains d’expression qui lui ont manqué. D’autant qu’il a fallu  reconstruire un collectif et que ce ne fut pas si simple. Au départ, l’équation était déjà délicate. Avec  la perte en un coup de trois joueurs fondamentaux, le passeur Jan Zimmermann, le pointu, meilleur marqueur de la saison régulière, Mohamed Al Hachdadi et le réceptionneur Baptiste Geiler, le Stade Poitevin avait conscience que le déficit était très lourd. « C’est toujours compliqué de remplacer de bons éléments, surtout lorsqu’ils sont bons sur le terrain et attachants. Avec eux et toute l’équipe, ça a été une saison exceptionnelle l’an dernier, tant dans l’atmosphère, que sur le plan des résultats. Mais il faut vite aller de l’avant et penser au futur », convient Brice, qui devra mettre en plus l’Europe au planning à la rentrée, avec la Challenge Cup.

 

Le coach ne s’est donc pas appesanti. Et il a dégainé son arme favorite : l’audace. A Poitiers, Brice fait sa fortune dans ce petit pot là ! Après avoir transformé le passeur hollandais Nimir Abdel-Aziz en pointu, avoir déniché un attaquant marocain, Mohamed Al Hachdadi sans références en Europe, il a cette fois décidé de mettre le jeu poitevin entre les mains d’un tout jeune homme de… 19 ans ! C’est en effet  le passeur russe, Konstantin Abaev, qui orchestrera le récital à la rentrée. Un vrai pari que Brice Donat n’a pas hésité à tenter. « On le lance dans le grand bain. J’aime prendre des risques, j’aime les challenges, ça m’excite un peu », sourit le coach, qui se frotte encore un peu plus les mains aujourd’hui, après avoir vu son joueur remporter l’Euro des moins de 20 ans avec la Russie, en étant même élu MVP du tournoi ! « J’ai été séduit par ce passeur, qui a beaucoup de talent et déjà pas mal de maturité. On a construit autour de lui », confirme son coach.

 

Un pari à la passe et une garantie à la pointe. C’est donc le nouvel équilibre poitevin. Pour tenir le jeu offensif, Poitiers a en effet accueilli l’expérimenté allemand, Jochen Schöps (2m, 34 ans), qui officiait à Rzeszow, dont il était le capitaine depuis cinq ans. Vainqueur de la Ligue des Champions en 2007 avec Friedrichshafen, Schöps était en manque de temps de jeu la saison passée et débarque à Poitiers pour démontrer qu’il demeure efficace. « Avec un jeune passeur, c’était important de lui associer un pointu d’expérience, qui puisse l’aider, l’épauler. Dans notre projet ce qui l’intéressait, c’était de retrouver une place de pointu titulaire, de leader d’équipe », note Brice.

 

La diagonale posée, tout n’a pas découlé sans heurt cependant. Recruté dans un premier temps, le Tunisien Ismaïl Moalla s’est sérieusement blessé au genou et a dû être remplacé fin juillet par l’Ukrainien Andrii Kutsmus. Et un dernier coup dur a encore atteint le collectif du SPVB avec la perte pour trois mois du libéro, Frédéric Barais, victime d’un pneumothorax. Autant d’obstacles dans la construction de l’équipe, mais qui ne vont pas érailler pour autant l’ambition du club poitevin. « Entre le renouveau collectif et les grosses équipes qui se sont montées à côté, si on peut faire aussi bien que l’année passée, ce serait un très bon résultat. On est engagé sur trois tableaux, il faudra gérer. Mais on va jouer la Coupe de France pour la gagner et profiter de la Coupe d’Europe pour essayer d’autres schémas tactiques et donner du temps de jeu », avise l’entraîneur poitevin, hardi et déjà plongé dans cette nouvelle aventure.