Billetterie

Fréjus, sur le fil de l’histoire

le 28/08/2018
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Hier grande place du volley français, Fréjus retrouve le secteur pro plus de vingt ans après. Avec des moyens modestes, mais une histoire forte et un recrutement cohérent, le club varois veut d’abord s’installer en LBM avant d’aller voir plus haut.

 

Ici, on se perd toujours avec délice dans le moelleux des souvenirs. Comme au milieu d’un labyrinthe, on s’enivre, on fait un pas, un demi-tour, une volte-face pour faire danser les belles heures du passé et tinter les vieilles gloires. A Fréjus, le volley a une place à part. Il est un poumon, une respiration. Et même quand il fut remisé au fond, rétrogradé loin des sommets en 1992, après un dernier doublé Coupe-Championnat, il vivait encore, frémissait toujours. « L’histoire est l’une des grosses forces de ce club, c’est quelque chose qu’on ne peut pas créer comme ça de toute pièce. C’est ce qui ce qui fait que le projet est beau, ça parle aux partenaires, ça donne du poids », concède ainsi l’entraîneur de l’AMSL Fréjus Volley, Loïc Geiler.

 

Arrivé au club en janvier 2012, alors qu’il sortait d’une année sabbatique à Tours pour cause de blessure, Loïc a été happé, soufflé et finalement emporté par le vent de l’histoire. Joueur sur la fin de carrière, puis entraîneur-joueur et enfin entraîneur à temps plein depuis la saison 2016-2017, le technicien n’avait, au départ, pas vraiment imaginé prendre ce chemin. « Je suis arrivé là-dedans un peu comme un cheveu sur la soupe », se souvient-il dans un sourire. Car à l’époque, le coach a dans l’idée de troquer le short pour la chaîne d’arpenteur et le maître ruban ! « J’étais parti dans une autre voie, celle de géomètre », confie-t-il. « J’ai travaillé trois ans, en parallèle de ma fin de carrière de joueur et puis le volley m’a complètement rattrapé et les pièces du puzzle se sont assemblées. Aujourd’hui, on surfe sur la vague, il y a une grosse dynamique à Fréjus. »

 

Voici donc Loïc et sa bande qui marchent, hardis et ambitieux, sur les traces des illustres anciens, Jean-Marie et Alain Fabiani, Eric Ngapeth, Glenn Hoag, Paul Gratton, Hervé Mazzon et tant d’autres, qui portèrent le club au plus haut, jusqu’à une finale de Ligue des champions en 1990 et quatre titres de champion de France. « D’ailleurs, j’ai régulièrement Alain Fabiani au téléphone pour le tenir au courant et le tournoi de début de saison (28-29 septembre) porte son nom », précise le technicien.

 

Ce retour en Ligue BM, vingt-six après la dernière apparition du club chez les pros, c’est un peu comme si l’on soufflait sur des cendres encore tièdes. Le club varois y revient avec un an d’avance sur le tableau de marche, des moyens certes modestes, mais une sacrée envie de bien faire. Cet été, l’emblématique Halle de Sainte-Croix a été relooké, repeinte et mieux éclairée, tandis que la salle de musculation a été agrandie. Quant au recrutement, il a d’abord été affaire de cohérence, d’expérience et de complémentarité. Avec cinq arrivées, le staff a d’abord voulu apporter quelques garanties dans un groupe forcément en déficit de vécu à ce niveau-là. Les renforts du passeur et du réceptionneur-attaquant du Plessis-Robinson, Jérémy Audric et Raphaël Attie, la venue de l’ailier de Saint-Nazaire Sloane Falafala et du libéro d’Orange, Hugo Lecat doivent sécuriser le groupe varois. « On n’a pas voulu tout chambouler, on avait déjà un fonctionnement de Ligue BM, avec un gros volume d’entraînement », confie Loïc, qui disposera d’un groupe de huit pros à temps plein, deux à mi-temps et un jeune salarié à côté. « La dynamique est d’aller un peu plus haut. Certains joueurs manquaient d’expérience et c’était important d’apporter au groupe des joueurs qui connaissent la division. »

 

Pour autant, la concurrence et l’émulation continueront de nourrir ce groupe. A Fréjus, pas de statut ou si peu. « Chaque semaine tout est remis en question, les anciens le savent. L’an passé, on a dû partir avec dix six différents, tout est faisable. Le premier critère reste l’investissement, ce que les joueurs sont capables de donner pour performer. Tout le monde peut avoir du temps de jeu », insiste le coach, qui ne pointe, pour l’instant, aucun but précis. « L’idée est de tirer 100% du potentiel de l’équipe. Je ne fixe pas d’objectif précis. C’est difficile pour nous de se situer dans ce championnat. On fera un point à la fin de la phase aller », dit-il. Ce qui est certain en en tout cas, c’est qu’à Fréjus, l’histoire est toujours en marche.