Billetterie

Une épine dans l’ambition

le 27/08/2018
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Enthousiastes à l’idée d’aller jouer cette saison à Charpy dans une structure bien mieux équipée, les Mariannes ont dû déchanter et resteront dans leur salle Géo-André coutumière. Mais Paris Saint-Cloud veut demeurer ambitieux malgré tout.

 

Stijn Morand ne cherche même pas à cacher sa désillusion et sa peine. A l’aube de sa cinquième saison parisienne, l’ardent coach belge se voyait déjà arpenter, gesticuler et déterrer dans le 13e arrondissement de Paris un nouveau trésor. Annoncées au printemps comme les nouvelles colocatrices de la salle Charpy, en alternance avec leurs compères du Paris Volley, les Mariannes roulaient de grands yeux et le staff parisien, à l’image de Claude Orphelin qui avait fait de ce déménagement l’un de ses grands projets, avait enfin l’impression de se faire entendre. Le Stade Français Paris Saint-Cloud, tout en continuant de s’accommoder des conditions de travail de sa vétuste salle Marcadet pour la plupart des entraînements, s’y voyait déjà, à l’aise, prompt à grandir et franchir un cap.

 

Et puis, durant l’été, l’échafaudage est tombé. Les Mariannes se retrouvent à nouveau retranchées dans leur ancien camp de base, avec ce sentiment désolant d’avoir même fait un pas en arrière. « Pour moi, c’est une grande déception. On est quand même l’équipe qui joue au plus haut niveau du volley à Paris désormais, je crois. Ça me déçoit un peu. », lâche Stijn Morand, l’entraîneur parisien, touché par ce revirement. « Cette équipe a des qualités, mais ce qu’il y a autour n’est pas vraiment conforme au niveau professionnel », assène-t-il. D’autant qu’il a fallu que Paris s’adapte ensuite à toute vitesse à ce revirement. Le club a dû trouver de nouveaux logements aux joueuses au dernier moment, les éloignant un peu du lieu d’entraînement, cela obligeant même le staff technique à réadapter son calendrier d’entraînement, transformant deux séances quotidiennes en une seule, plus longue, pour éviter aux joueuses de faire deux longs trajets dans la journée !

 

Désolé, Paris Saint-Cloud veut pourtant se relever. Son coach est habité d’une foi inébranlable. Lui qui emmena les Mariannes dans le dernier carré en 2015 et 2016 poursuit toujours ce même désir, malgré le contexte, un budget étriqué et deux dernières saisons sportives moins flamboyantes. « L’objectif est le même ! », scande Stijn, qui a remodelé son équipe, sans perdre tout le socle cependant. Quelques cadres, comme la passeuse Mallory Caleyron ou la libéro Valérie Courtois sont restés, renforcés par l’expérience de la centrale internationale Isaline Sager-Weider, venue de Vandoeuvre Nancy (« une joueuse clé pour former le groupe », estime l’entraîneur) ou encore la réceptionneuse belge arrivée de Nantes, Els Vandesteene, bien connue du coach.

 

Si Paris Saint-Cloud change beaucoup de choses (onze arrivées au total), Stijn s’est appliqué à créer un alliage solide entre expérience et jeunesse, avec de jolis coups de recrutement, comme la signature de l’une des meilleures attaquantes de LAF, la Lituanienne Monika Salkute à Evreux l’an passé ou le renfort à la pointe de la jeune et prometteuse Lara Davidovic, en provenance de l’ASPTT Mulhouse. « Le mixte va être bon. Les jeunes sont des joueuses à grand potentiel, avec une réputation de vouloir travailler et pour moi c’est important », prédit le technicien, ravi de l’investissement de son groupe depuis la reprise il y a une semaine et dans lequel il n’attend plus que l’arrivée de l’Américaine Taylor Simpson-Cook.

 

Mais si le coach fait toujours front, il a bien conscience que tout cela ne peut durer ainsi éternellement. « Je ne sais pas comment le futur va évoluer. La structure doit s’améliorer, on ne peut pas presser le citron chaque année ! On a fait deux fois le carré lors de mes deux premières années, mais c’était plutôt des miracles et les miracles, ça n’arrive pas tous les ans. La saison passée reflète plus les moyens du club », analyse l’entraîneur, qui, malgré la désillusion estivale, rêve encore d’un grand chemin. « J’ai envie d’aller chercher tout ce qu’il y a dans ce groupe. Un groupe de joueuses mérite ça. J’ai énormément envie d’aller chercher l’exploit », glisse-t-il, dans un sourire.