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Le grand voyage des Mariannes

le 17/05/2018
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Derrière une saison décente mais sans grand coup d’éclat, le SF Paris Saint-Cloud ne lâche pas le fil et veut inscrire la saison prochaine des Mariannes dans un projet club plus vaste et ambitieux.    

 

A la sortie, il n’y a pas de quoi se taper sur le ventre. Septième de la saison régulière, éliminé dès le premier tour des Play-Offs par le RC Cannes, le SF Paris Saint-Cloud, qui s’était un temps approché des meilleurs, apparaissant deux fois consécutivement dans le dernier carré LAF en 2015 et 2016, est resté, comme l’an passé, gentiment sur la route. Sans dérapage, sans excès, sans parade non plus. Une vie ordinaire en somme, sans flamboiement, mais décente, correcte même au vue des moyens techniques et financiers taillés ras qui, forcément, finissent par limiter les vues d’un club qui a du mérite à rester ainsi placé. C’est d’ailleurs, en prenant tout cela en compte que son président historique, Claude Orphelin, ne fait pas plus que cela la moue quand il évoque l’exercice 2017-2018 : « Pour moi, il y a trois réflexions derrière cette saison : Une petite forme de déception forcément parce qu’on a pris l’habitude depuis 7, 8 ans d’être un peu plus haut en championnat. Une forme de satisfaction aussi, du fait qu’on a quand même des moyens limités, que le banc est court et qu’on a dû faire avec deux blessures sérieuses (Agnès Pallag et Rita Lilliom) et qu’au final, on a des joueuses investies et une bonne rentabilité. Sur le terrain, je n’ai rien à reprocher aux joueuses et à leur coach, Stijn Morand. »

 

Lucide et pragmatique, Claude Orphelin veut donc encore demeurer optimiste. D’autant que le projet club, dans son canevas général, va prendre la saison prochaine une autre orientation et indéniablement un peu plus d’épaisseur. C’est en effet l’heure d’un grand voyage pour les Mariannes. Les soirs de match à domicile, c’est désormais à Charpy, dans le 13e arrondissement de Paris, qu’elles iront se produire. Ce lieu, habituellement réservé aux hommes du Paris Volley, va donc devenir le théâtre du volley pro parisien ! Même si les filles de Paris Saint-Cloud devraient jongler entre la vétuste Salle Marcadet et Charpy pour les entraînements. « C’était l’un de mes combats de ces dernières années. Les conditions de jeu et d’entraînement à Marcadet étaient sans doute parmi  les plus mauvaises de France. La Mairie de Paris veut faire de Charpy le temple du volley ! », clame, avec enthousiasme, le président. Et même si en termes de planning, la trame est d’alterner les matchs à domicile avec le Paris Volley, on peut aussi envisager une ou deux fois dans l’année une soirée de gala qui réunirait les deux équipes à Charpy. « C’est envisageable et personne n’est contre », confirme Claude Orphelin.

 

Avec ce point de chute autrement plus commode et prestigieux, le SF Paris Saint-Cloud veut également inscrire la saison 2018-2019 dans une réflexion plus vaste, entre promotion du volley en Ile-de-France et rôle actif dans la dynamique J.O. 2024. Dans cette veine olympique, le club parisien entend notamment jouer la fibre française en termes de recrutement et confirmer ainsi un élan qu’il a impulsé cette saison. « Cette année on avait déjà quatre Françaises dans le sept majeur ! On veut encore orienter ce phénomène, faire apparaître le club comme un grand club formateur, rentrer dans la logique Paris 2024 », confirme Claude Orphelin, qui a d’ailleurs déjà enregistré l’arrivée de la centrale française de Vandoeuvre Nancy, Isaline Sager-Weider. Dans l’échafaudage de ce plan, la victoire des M20 en Coupe de France début mai et la qualification pour la finale du championnat de France de N2 de l’équipe réserve sont autant d’outils précieux dans la construction. « On veut vraiment développer cette dimension philosophique, renforcer ce qui est fait », dit encore le patron du club, qui souhaite également accompagner les instances du volley dans le cadre d’actions et de projets de découverte et de promotion de ce sport en Ile-de-France, toujours avec 2024 en point de mire. « La région parisienne, c’est 10 millions d’habitants ! On peut essayer de mettre en œuvre des projets ambitieux pour le volley dans l’environnement parisien », estime-t-il.

 

Le SF Paris Saint-Cloud ne manque donc pas de terrains de jeu et de réflexions pour l’année qui vient. Mais son président n’oublie pas non plus qu’il y a une équipe professionnelle à bâtir pour 2018-2019, et une page importante à tourner, avec le départ de l’emblématique pointue internationale, Alexandra Dascalu. Avec elle, Nina Stojilkovic, Rita Lilliom, Agnès Pallag et Flore Gravesteijn sont aussi sur le départ, tandis que l’équipe sera toujours drivée par l’entraîneur belge, Stijn Morand, qui honorera ainsi sa cinquième saison à Paris. Avec 650.000 euros de budget, Paris ne pourra toujours pas faire de miracle, mais il a déjà prouvé par le passé qu’avec peu, il pouvait réaliser de très belles choses…