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Cannes, le réveil du géant

le 03/05/2018
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Vainqueur de la Coupe de France il y a un mois, le RC Cannes retrouve Béziers en Finale LAF et vise un 21e titre de Champion de France. Pour reprendre les commandes et réaliser un doublé que le plus grand club de l’histoire du volley féminin français n’a plus accompli depuis 2014.

 

Le RC Cannes n’obéit pas aux mêmes codes temporels que les autres. Pour lui, une année sans finale, c’est une parenthèse qui semble durer une éternité. Absent du dernier acte l’an passé, pour la première fois depuis 1993, il retrouve enfin les enluminures de Paris pour une finale de championnat. Le mythique club de la Croisette, emblème du volley français, vainqueur de vingt titres de champions de France en… 21 saisons, entre 1995 et 2015, remonte donc sur une scène qu’il connaît par cœur, jusque dans ses moindres émotions, ses plus fines vibrations. Un théâtre où il est à sa place tout simplement.

 

D’ailleurs, depuis le début de la semaine décisive, la dernière de l’année, l’entraîneur italien, Riccardo Marchesi, perçoit bien l’agitation, l’émoi et le désir qui agitent le cœur de ses grandes dames. Déjà vainqueures de la Coupe de France, ici-même, à Coubertin, il y a un mois, les Cannoises ont goûté ce premier trophée de l’année comme une friandise et elles n’ont qu’une seule envie : se mettre à table et festoyer pour de bon.  «Tout le monde est là, tout le monde est prêt à jouer maintenant, tout de suite ! L’état d’esprit, c’est celui d’une équipe qui a envie de retourner à Paris pour montrer qu’on est encore là, qu’on n’est pas satisfait encore de ce qu’on a fait. Il y a encore la possibilité de gagner quelque chose d’important », avise Riccardo, passionné et déjà presque habité par l’évènement.

 

Il faut dire que le RC Cannes joue gros sur ce rendez-vous et que les motivations, d’où qu’elles viennent, personnelles ou collectives, sont nombreuses pour se dépouiller et aller chercher ce titre. Après une saison «anonyme», le RC Cannes veut rappeler clairement, hautement, à tout le monde que c’est toujours lui le totem. Un 21e titre l’assoirait à nouveau, remettrait les choses dans l’ordre où elles ont existé vingt ans durant. Un nouveau sacre assurerait aussi aux Azuréennes une présence garantie en phase de poule de la Ligue des Champions, ce qui constituait en début de saison l’objectif premier du club. Si on ne parle pas encore de nouveau règne, de cycle hégémonique, le but à court terme est simple : gagner. « C’est sûr que la motivation est importante. Il faut récupérer, ramener le titre à Cannes ! », clame le technicien italien. « En gagnant la Coupe, on a seulement rempli un des trois objectifs. »

 

On pourrait se dire que les grandes dames du RC Cannes, stars référencées qui ont tant vécu, Nadia Centoni, Christina Bauer, Myriam Kloster, Nadiia Kodola, ont déjà tout connu, qu’une finale de plus ou de moins ne changera pas le profil de leur carrière. Mais ce serait totalement méconnaître ces guerrières qui n’ont jamais cessé d’haranguer et de pousser au plus loin le reste de la troupe toute la saison ! Riccardo s’est régalé de voir cela tout au long de l’année et il sait bien, en madré des affaires du volley, que l’expérience de ces cadres est un atout non négligeable sur une finale sèche. Ce fut sans doute l’un des éléments qui permit au RC Cannes de renverser la finale de Coupe de France mal embarquée il y a un mois face à Béziers. « L’approche du match est différente avec des joueuses qui ont disputé beaucoup de finales. Ce n’est pas plus facile, mais pour elles, ce n’est pas l’inconnu. L’expérience est un atout dans la gestion émotionnelle d’un tel match », estime Riccardo. Et l’entraîneur sait de quoi il parle puisqu’il était de l’autre côté du filet en… 2015, à la tête de la jeune équipe du Cannet qui avait cédé en finale face au grand Cannes ! « Pour moi aussi il y a une motivation très personnelle. J’ai perdu face à Cannes en 2015, je n’ai pas encore gagné le championnat et j’ai envie de le faire. Après avoir ramené la 20e Coupe de France, j’aimerais gagner le 21e championnat de France avec Cannes. »

 

Le RC Cannes a le profil et les joueuses de talent pour le faire évidemment. Sa demi-finale maîtrisée face au champion sortant Mulhouse, à qui il n’a concédé qu’un seul set, est une prise d’élan parfaite pour entrer en finale. Mais Béziers, leader de la saison régulière, a pu se nourrir aussi de la défaite il y a un mois en Coupe de France. L’Italien prône donc la vigilance et l’oubli total. « Il faut complètement oublier le match de Coupe. Démarrer avec l’idée qu’on les a battues une fois, c’est très dangereux. Béziers a tout à gagner sur ce match et chaque finale est une nouvelle histoire », prévient-il. Une histoire dans laquelle le RC Cannes aimerait bien, samedi, retrouver sa place au premier rang.