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Le premier pas

le 27/03/2018
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Vainqueur de Nancy samedi, l’AS Cannes retrouvera la LAM la saison prochaine, après une seule saison à l’étage inférieur. Mais le club azuréen ne veut pas se contenter de ce bonheur. En pleine reconstruction, il compte bien s’installer et redevenir grand.

 

Il n’a même pas eu la force de fêter cela. Samedi soir, quand l’AS Cannes a vaincu Nancy (3-0), en ayant à peine trembloté en milieu de premier set (13-16), Arnaud Josserand a esquissé un large sourire, il a embrassé tout son monde puis il a soufflé. Ravi, soulagé surtout que le travail de toute une année soit enfin accompli. « J’étais éreinté, j’avais mal au dos. La pression est retombée d’un coup. A 1h15 du matin, les yeux se fermaient, j’étais exténué. On va fêter ça, oui, plus tard, tranquillement. A mon âge je ne peux plus », raconte l’entraîneur cannois.

 

L’essentiel est donc fait. Cannes est allé au bout. Relégués en Ligue BM, après avoir cédé en finale des Play-Offs l’an passé face à Rennes, les Azuréens sont de retour dans l’élite. En un an, une seule saison, ils ont parfaitement su rebondir et tenir l’engagement que tous s’étaient fait à l’automne dernier. Et pourtant, rien ne fut simple. Que ce fut au cœur de l’année ou au moment de conclure, Cannes a dû faire face et lutter. Il y eut d’abord les blessures de deux pièces majeures du collectif, le pointu expérimenté, Thomas Zass, qui ne disputa qu’une demi-saison, puis celle du réceptionneur canadien, Nathan Roberts qui n’en fit guère plus. Chamboulé dans sa structure, Cannes a dû rebâtir en vitesse, improviser, chambouler un peu les plans. Après une phase aller de toute beauté, conclue avec une seule défaite (2-3) face à Narbonne, le club de la Croisette fut ensuite un peu plus dans le rude sur le retour.

 

Mais il tint, s’arc-bouta, cravacha. « Ah non, ça n’a pas été une saison simple, pas du tout ! », avise le technicien cannois. Jusqu’à la dernière semaine, l’ultime coup de gueule, après l’occasion manquée face au Plessis-Robinson il y a dix jours ! Cannes aurait pu boucler l’affaire et remonter ce soir-là. Au lieu de cela, l’équipe passa au travers et Arnaud se mit en colère. « Ça m’a vraiment énervé qu’on passe à côté par excès de confiance. Les joueurs avaient oublié le langage que je leur avais tenu toute l’année. Ils avaient oublié le discours de tous les jours », résume-t-il.

 

Ce serait la dernière frayeur de la saison. Samedi dernier, Cannes a tenu son rang et le club a planté l’étendard au sommet. Au volley, au physique, parce que ces garçons-là le désiraient plus que tout. « Les joueurs voulaient cette montée, j’ai vraiment apprécié cette attitude. Ils n’ont jamais lâché à l’entraînement, même quand c’était difficile, quand pendant 15 jours, on s’est entraîné à 8 ou 9. L’équipe est restée dans la positive attitude, dans le travail », se souvient son coach. Tout au long de cette aventure, Cannes a avancé avec l’étiquette de favori visible dans le dos, mais surtout un état d’esprit sans faille. Et cela a plu. Dans l’entourage du club, des partenaires ont versé une larme samedi au moment de chanter la remontée. Et les gradins furent plus remplis cette saison en LBM que l’an passé en Ligue AM ! « Les gens sont revenus nous voir jouer, sont revenus nous voir gagner. Il y a eu cette dynamique. C’est le signe que le club vit bien, que l’équipe était appréciée. Les gens étaient contents pour le club, pour tous les projets qu’on a relancés. On ne s’est pas tourné les pouces », justifie encore le technicien cannois.

 

Car l’AS Cannes ne veut pas se contenter de ce bonheur fugace. La remontée est belle, mais elle n’est que le premier pas. « Le club est en gestation encore, mais il avance et cette montée vient valider tout cela », admet Arnaud Josserand, qui forme aujourd’hui avec Luc Marquet une doublette technique très efficace et complémentaire. Car derrière la vitrine, le club s’active. Le centre de formation a été relancé, grâce notamment au gros travail d’Eric Rouer. Des «after work», des petits déjeuners avec les partenaires ont été mis en place pour améliorer l’échange et le dialogue entre tous autour du club. L’AS Cannes s’éveille à nouveau et se structure. « On va pérenniser cela. Le plus important, c’est le club. Nous, nous ne sommes tous que de passage », dit joliment l’entraîneur cannois.

 

Forcément, pour ancrer solidement l’AS Cannes en Ligue A, il y aura quelques modifications et quelques apports à l’intersaison. Dominateur sur le physique en Ligue BM, le club veut tenir cette idée et même la renforcer encore pour la rentrée prochaine. « On va être obligés de changer des choses. La Ligue AM, c’est une autre exigence physique encore. On sera obligé de changer des rouages mais je veux garder cet état d’esprit d’équipe. Je veux monter l’équipe d’un cran pour que ce ne soit pas un feu de paille, pérenniser notre place en Ligue AM et pérenniser nos projets. J’ai quelques idées, quelques pistes, mais je n’en ai pas beaucoup encore», sourit le coach, qui va s’entretenir toute la semaine individuellement avec ses joueurs pour évoquer la saison prochaine. L’AS Cannes est à nouveau sur les bons rails désormais. Mais il lui reste tant de pas et de chemin à faire…