Billetterie

Chaumont, le grand explorateur

le 09/03/2018
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Champion de France sortant et finaliste de la Coupe de France demain face à Tourcoing, le club haut-marnais a bien grandi et est devenu, en quelques années d’existence en LAM, l’un des phares du volley français.

 

Nul besoin de l’emmener, ni même, pour la forme, de le flatter. La fierté est là, blottie au creux des mots du président, Bruno Soirfeck. Il suffit de convoquer l’histoire, de conter la genèse pour que le patron chaumontais se laisse aller, porté par la satisfaction et le plaisir du devoir accompli jusqu’ici. Le CVB 52 est en LAM depuis 2012 seulement. C’est une courte vie, le temps encore des premiers cris. En principe, à ce stade, on cherche, on tâtonne, on échafaude ou on rêve. Pour Chaumont pourtant, c’est déjà l’épopée et les grandes conquêtes ! Le club haut-marnais a les pieds dans le grand monde et il s’y sent bien. Champion de France en titre, finaliste de la Challenge Cup la saison dernière, qualifié pour les Play-Offs de la Ligue des Champions et finaliste de la Coupe de France, titre à jouer demain face à Tourcoing, cette année ! Ce n’est plus de la chance ou du hasard, c’est du travail bien fait. Ambitieux et méthodique, mené en partie par son chef de bande, Bruno Soirfeck, arrivé au club en 2009-2010, sans avoir la science infuse, mais avec un désir féroce et résolu de porter son «enfant» au plus haut. «Je suis assez fier de ce qui arrive au club. Le timing était le bon, la croissance a été constante. On a rendu notre club vertueux au fur et à mesure des années. On a compris, on a appris. Il y a de la reconnaissance aujourd’hui. Oui, on compte dans le paysage du volley français, mais ça ne nous monte pas à la tête. Notre histoire, elle me plaît beaucoup», résume joliment le boss chaumontais.

 

Car c’est une réussite sans fard, sans strass. Il y a huit ans, Chaumont était coincé et anonyme dans le Grand Est, avec 600 000€ de budget, des finances fragiles et le père du président allait chercher les joueurs à Roissy, pendant que d’autres membres du staff déménageaient, eux-mêmes, les appartements des joueurs pour faire des économies ! Chaumont sait d’où il vient, mais il sait aussi désormais où il veut aller. S’il ne veut surtout pas casser cette simplicité, cette proximité, ce lien fort avec son fidèle public notamment, il a compris qu’il fallait structurer, poser des bases solides, travailler en bon professionnel. Une réflexion que le président chaumontais fait d’ailleurs souvent résonner, en écho, entre les murs des instances, fédérales et LNV. «Même si on est entouré de bénévoles précieux pour le club, on ne veut pas laisser la place à l’amateurisme. Avec les joueurs, on est exigeant, on rappelle pourquoi ils sont là. Veut-on un volley pro ou reste-t-on un volley artisanal ? Demain, je vise à mettre du professionnalisme dans mon club. Si ce n’est pas une volonté commune, je partirai», clame un président qui a des idées et qui ne se cache pas. «Je veux tirer le volley vers le haut, sans être donneur de leçons. Je suis quelqu’un de très critique, je suis force de proposition, plutôt connu comme quelqu’un qui gueule, mais pour faire avancer les choses.»

 

Et Chaumont a joliment pris sa place sur l’avant-scène française, au point de rejoindre le premier cercle aujourd’hui, entouré de Tours «le grand frère», dit Bruno Soirfeck, et Paris. Sur le terrain, deux hommes ont particulièrement compté dans l’ascension vertigineuse du club depuis trois saisons. L’entraîneur, «Il Professore» Silvano Prandi, a apporté l’exigence, sa science immense du jeu et la discipline collective. «C’est aussi lui qui nous a fait grandir», reconnaît le président. Et puis, dans toute belle histoire, il faut un héros. A Chaumont, il se nomme Stephen Boyer. En trois saisons, le pointu français est devenu un socle, un joueur international référencé désormais en Europe et qui a su se muer en leader cette saison. Mais si le CVB 52 a fait tant de grandes choses avec lui, il va bientôt devoir apprendre à faire sans lui. Stephen est attendu aux portillons des grands d’Europe à la rentrée prochaine. «C’est une merveilleuse histoire. Maintenant, son départ, c’est la vie d’un club sportif, on va gérer cela simplement. C’est ce qu’on appelle une fin de cycle. Il y aura un après Boyer, même si cette pépite-là, on ne la trouve pas comme ça. Je sais que ce ne sera pas Stephen derrière. Il restera irremplaçable, d’autant qu’on a un attachement particulier avec ce garçon, qu’on a aidé à grandir en tant que joueur et en tant qu’homme. Mais on doit penser collectif et rester performant.»

 

Mais avant les adieux et les larmes, l’idée c’est d’emmagasiner du bonheur et de gagner encore. Et le président aimerait assez que cela commence demain, en finale de la Coupe de France face à Tourcoing. «On est ambitieux. Sur le papier, le danger c’est que l’on soit potentiellement favori. Maintenant, avec ce qui nous arrive, c’est un événement qu’on approche assez sereinement», estime le dirigeant chaumontais, qui, à l’échauffement demain, aura sans doute dans les yeux cette petite pointe de fierté en regardant ce que le CVB 52 est aujourd’hui devenu…