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« Ne pas aller trop vite »

le 16/02/2018
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Victime d’une rupture du ligament croisé antérieur du genou gauche en juin dernier, la jeune centrale internationale de Venelles, Pauline Martin (22 ans), ne veut pas précipiter son retour pour envisager sereinement la saison prochaine.

 

- On vous a vue en tenue face à Evreux le 3 février dernier. C’était la première fois cette saison ?

Oui, c’était la première fois ! Félix, l’entraîneur m’a dit : «Ce serait bien qu’on voie ta bouille !» Je suis donc venue habillée, avec le maillot. C’était sympa d’avoir la tenue, de pouvoir me montrer aux supporters, aux dirigeants du club.

 

- Quand prévoyez-vous de revenir à la compétition ?  

J’ai été opérée le 7 juillet et en général on dit qu’un croisé est cicatrisé à 8 mois. Mon chirurgien m’a donné le feu vert pour pouvoir jouer tranquillement, mais  je me mets des limites. J’ai demandé l’avis de Félix, du chirurgien, j’ai demandé à avoir plus de musculation adaptée aux volleyeuses. Je reçois beaucoup d’aide du préparateur physique, du kiné, du médecin. Depuis mi-janvier, j’ai rejoint le collectif, mais je ne participe qu’à deux entraînements volley d’une heure pour le moment, dont un avec l’équipe, sans saut, sans attaque, sans block. Je ne veux pas précipiter les choses. Il faut être prête physiquement et mentalement.

 

- Aujourd’hui, vous n’envisagez donc pas un retour de manière très précise encore ?

Vous me dites ce soir, tu joues, avec des sauts et de l’attaque, moi je le dis, je ne suis pas prête ! Je n’ai fait mes premiers sauts et mes premières attaques que lundi dernier. C’est symbolique, c’est important, mais je ne veux vraiment pas aller trop vite. Je veux vraiment le faire dans la manière, revenir à 100%. Le club et l’entraîneur comprennent très bien la situation et ils ne me mettent aucune pression là-dessus. Essayer de faire une rentrée en Play-Offs, pourquoi pas, mais l’objectif c’est surtout d’être sereine sur la carrière à venir derrière et plus en pensant à la saison prochaine. En plus l’équipe se débrouille vraiment bien sans moi. C’est frustrant parce qu’on aimerait tellement montrer ce que l’on sait faire. Mais encore une fois, le club ne me met pas la pression et je pense vraiment que je vais me plaire ici.

 

- Quels souvenirs gardez-vous aujourd’hui de votre blessure, survenue avec l’équipe de France le 24 juin dernier face au Monténégro ?

C’est arrivé sur une réception de saut, après un block. J’ai été embarquée sur une civière en plein milieu du match. Je me souviens du silence dans le gymnase et moi qui criais et les filles apeurées au milieu. Aux urgences, je demandais à ma mère tout le temps le score. J’ai attendu longtemps, stressée, et j’avais mal surtout ! J’étais en tenue de match, les gens passaient, moi j’étais en pleurs. Sur l’échelle de 1 à 10, la douleur était à  10 ++ ! A l’hôtel, l’équipe était là pour me voir, Félix m’a soutenue, m’a dit qu’il n’allait pas lâcher, que j’étais une joueuse importante. Je me souviens, quand il m’a recrutée, qu’il me parlait de l’avenir, ça donnait des étoiles dans les yeux.

 

- Ce soutien du club de Venelles a forcément été très important pour vous ?

Oui bien sûr. Je suis venue dès le premier match de la saison à Venelles, je voulais être au plus près des filles, du club, car les dirigeants m’ont montré beaucoup d’attention. Le président m’appelait une fois par semaine après l’opération, l’entraîneur aussi, alors qu’il était loin avec l’équipe de France. J’étais l’un de leurs premiers recrutements et d’un coup ils devaient trouver autre chose ! Ma famille et beaucoup d’amis m’ont soutenue aussi. C’est toujours très précieux dans ces moments-là.

 

- Comment avez-vous géré les mois post-opératoires ?

J’ai été opérée à Béziers le 7 juillet, par le chirurgien du club de Béziers, et ensuite je suis restée à Montpellier, pour continuer mes études. Ça m’a permis de voir autre chose. Mes journées, c’était cours, réathlétisation, cours, kiné ! Mais je viens de valider mon premier semestre en Staps, donc je suis contente, ma gestion a payé.

 

- Et la rééducation ?

C’est toujours compliqué car tu te rends compte qu’il y a énormément de boulot à faire, que le chemin va être long. Huit mois pour un simple ligament… A chaque poussée, à chaque répétition d’exercice, c’est très dur, mais on sent qu’on se rapproche du but, de Venelles, du terrain. Il y a un fil conducteur qui fait qu’il y a de la motivation. J’étais quand même à un bon moment de ma carrière, je venais d’être nommée capitaine de l’équipe de France. Ça me plaisait bien. Aujourd’hui je me suis donnée l'objectif de réintégrer l’équipe de France !

 

- A 22 ans, cette blessure ne va donc pas venir freiner vos ambitions ?

C’est sûr que c’est une blessure qui marquera. Mais il faut se dire que c’est un passage, que j’ai bossé dur et que c’est validé maintenant. ça restera ancré, mais il y a tellement de bonnes choses qui arrivent. On va avancer, apprendre, progresser et petit à petit, faire en sorte que ça appartienne au passé et on l’oubliera avec le temps. Je pense que ça va se passer comme ça ! Petit à petit, en faire une histoire ancienne.