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« On est une équipe de défi »

le 09/02/2018
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Avant le choc à Tours demain, l’entraîneur de Poitiers, Brice Donat, salue la bonne saison de son équipe, même si l’élimination en demi-finale de la Coupe de France face à Tourcoing reste douloureuse. 

 

- Brice, Poitiers a-t-il digéré la cruelle défaite face à Tourcoing en demi-finale de Coupe de France mardi (2-3) ?

On ne va pas se mentir : cette défaite nous a forcément tous touchés. On a eu la balle de match, on a même eu trois balles de match. On avait pris goût à la Coupe, on avait éliminé Rennes, Tours puis évité le piège à Martigues. On y avait pris goût. On voulait aller en finale, on avait mis en priorité cette demi-finale. On savait que c’était le chemin le plus court pour obtenir un titre ou une place européenne. On est passé à un ballon de cette qualification… Le lendemain, j’ai laissé les joueurs au repos, j’ai voulu qu’ils digèrent. Le surlendemain, j’ai même annulé la séance collective volley pour ne faire qu’une séance de musculation. Je voulais enlever le ballon de nos têtes pendant deux jours pour retrouver la fraîcheur, l’envie de jouer. C’est dur et la solution la plus facile serait de lâcher prise, d’abandonner, mais c’est la solution du perdant. Après il y a l’attitude des gagnants, des compétiteurs qui est de dire : non, on ne lâchera pas ! Il reste six matchs de saison régulière, on va les jouer comme six finales ! Les joueurs ont été réceptifs à ce discours. Il faut trouver les ressources pour se relancer, il ne faut pas attendre trop longtemps. Dans les moments de défaite, il faut tout de suite relever la tête.

 

- Justement, voici un match sympathique à jouer chez le grand rival voisin, Tours ! Qu’est-ce qu’il a de si particulier ce match pour vous ?

D’abord, c’est un derby, c’est une affiche qui parle, qui attire les foules, entre deux clubs proches l’un de l’autre, qui se sont inspirés l’un de l’autre. A une époque, Poitiers a été au-dessus puis Tours est passé nettement devant. Aujourd’hui, Poitiers a retrouvé la Ligue AM, mais l’écart est considérable entre les deux clubs en termes de structures, de budget. Maintenant, au niveau du public, de la salle, on n’a rien à leur envier.

 

- Tours est invaincu à domicile cette saison ! L’exploit est-il possible ?

Cette année, on les a battus deux fois et depuis que l’on est revenu en Ligue AM en 2015, on les a battus systématiquement au moins une fois par saison. Forcément sur ce match, il y aura un énorme esprit de revanche du côté de Tours. Ils n’ont pas le droit à l’erreur. Pour nous, c’est un match sans pression. Mais on est une équipe de challenge, de défi. Ce genre d’évènement, ça nous plaît ! Il y a de la motivation, une excitation supplémentaire et ça peut être très intéressant pour nous.

 

- Dans votre souci de progresser, de construire le club, le TVB peut-il demeurer une source d’inspiration ?

Il doit l’être oui, surtout au niveau de l’organisation et de la structuration du club. C’est super ce qu’ils arrivent à faire dans ce domaine. C’est bien beau de dire que Tours a un gros budget. Oui c’est vrai, mais il y aussi un gros travail derrière. Et ça, beaucoup de clubs doivent s’en inspirer. Déjà, on n’a pas à rougir, car on fait quasiment 50/50 entre billetterie - partenaires privés et collectivités publiques. Mais maintenant, si on veut passer le cap, il faut que le budget augmente au moins de 150 à 200.000 euros. Il faut étoffer le staff, l’équipe. Là, ce que l’on fait depuis cinq ans, c’est très bien, mais ça demande des efforts considérables. On est toujours  à flux tendu, on n’a pas de marge. Cette saison, on fait encore des déplacements en minibus avec l’entraîneur et son adjoint au volant ! On a un nom dans le volley français mais pas encore un budget de Ligue AM confortable pour pouvoir travailler sereinement.

 

- Pensiez-vous en début de saison venir à Tours en étant à la lutte avec eux pour une place dans le Top 4 ?

Au début de la saison, l’objectif du club a été clairement défini : les Play-Offs. Après, une fois que cela est fixé, moi je dis aux joueurs : voici l’objectif de notre équipe ! Et là je mets toujours la barre très haut. On joue pour être champion et le but c’est de gagner chaque match ! La philosophie c’est de jouer chaque ballon comme une balle de match et cette philosophie est pour moi très importante. Je veux bien accepter de perdre mais surtout pas de perdre notre identité, qui est de se battre comme des fous sur chaque ballon. Il est interdit de perdre notre identité. Maintenant, au vu de nos moyens, si on accroche le Top 6, ce sera déjà très glorieux, et le Top 4 au-delà des espérances.

 

- Après Nimir Abdel-Aziz, vous avez révélé une nouvelle pépite d’attaque cette saison avec le Marocain, Mohamed Al Hachdadi. Comment travaillez-vous sur cette phase retour, alors qu’il est forcément mieux lu désormais par les défenses adverses ?

Mohamed est d’abord un joueur exceptionnel en termes d’aptitudes physiques. Sur le volley, il a énormément progressé depuis le début de l’année. Au service, ça devient très correct et au block, il sait maintenant mieux se placer. Il lui manque encore le caractère et quelques bases pour aller en Italie ou en Pologne. Après, c’est certain que les équipes se connaissent de mieux en mieux sur la phase retour, notamment sur l’analyse du jeu du passeur adverse. Forcément du coup, l’attaquant se retrouve un peu moins souvent en bonne situation. A nous de mettre un peu plus d’incertitudes, de varier notre jeu. Mais on n’a pas encore abattu toutes nos cartes. Il faut se qualifier rapidement pour les Play-Offs et garder des effets de surprise, des choses qu’on pourra rajouter à notre jeu à ce moment-là pour surprendre l’adversaire.