Billetterie

Boyer, l’irrésistible ascension

le 21/11/2017
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Le jeune international chaumontais a vécu une saison dernière vertigineuse, entre le titre de champion de France et une installation expresse à la pointe de l’attaque des Bleus. A 21 ans, Stephen Boyer a une grande vie devant lui.

 

Il en fut, lui-même, un peu secoué. Quand l’ivresse des sommets vous fait délicieusement tanguer, quand l’histoire et les derniers mois écoulés vous font une vie en accéléré. Stephen Boyer a 21 ans, les rêves en friche et tant de choses pourtant déjà accomplies. Il entame sa troisième «vraie» saison seulement en LAM, si l’on considère que son passage ajaccien en 2014-2015 fut pareil aux premiers jours de travail d’un apprenti. Mais le pointu Dionysien semble tout écrire, tout faire, tout réussir plus vite que tout le monde.  Il y a six ans, il quittait son île, la Réunion, son club de minot, le Saint-Denis Olympique, pour le pôle France de Talence. Aujourd’hui, Stephen Boyer est champion de France avec Chaumont, finaliste de la Challenge Cup, vainqueur de la Ligue Mondiale et meilleure marqueur de la compétition avec les Bleus ! Et tout cela en moins de 90 jours, aux yeux du monde ! «C’est allé extrêmement vite, c’est vrai», reconnaît le pointu du CVB 52. «Je me demande parfois quand ça va s’arrêter. En attendant, je prends, je prends !», sourit-il.

 

Il y a du désir, de l’enthousiasme, cette volonté farouche de ne rien lâcher aussi. Car tout peut aussi basculer très vite. Stephen sait déjà cela. Au début de la saison passée, après quelques ennuis physiques et une grosse prise de poids durant l’été (près de 10 kg), il a dû batailler, bosser dur pour revenir à niveau. Un travail de forçat, accompli sous l’œil bienveillant d’un coach, Silvano Prandi, qui a pris le garçon sous son aile, l’a façonné, conscient du potentiel hors norme de cet attaquant explosif. «Un coach comme ça, je ne pouvais pas tomber mieux. Sa confiance en moi, c’est vraiment rassurant, ça enlève un poids», admet Stephen Boyer.

 

En un printemps-été, Stephen s’est fait un nom. Les gros clubs européens zyeutent maintenant sérieusement sur le garçon. Désormais, Stephen Boyer doit envelopper tout son talent d’une épaisse dose de sérénité. Ne pas s’enflammer, ne pas se brûler, ne pas vouloir tout casser à chaque instant. Propulsé pointu titulaire des Bleus lors du match qualificatif pour le Mondial 2018, face à l’Allemagne, le 28 mai dernier, Stephen a endossé un costume prestigieux, mais lourd de responsabilités à porter. Il les assuma magnifiquement tout au long de la Ligue Mondiale, il fut en revanche plus en difficulté lors de l’Euro, à l’instar de toute l’équipe de France (9e). «Je ne me dis pas que c’est acquis. Maintenant, il va falloir gérer. J’ai le sentiment d’être passé à côté sur l’Euro. Mentalement, physiquement, je n’étais pas dans la même lignée que sur la Ligue Mondiale, je ne sais pas pourquoi», avoue Stephen.

 

A son retour de la Grand Champions Cup au Japon en septembre, il accuse d’ailleurs le coup. «Je suis rentré dans un mood : «Je n’en peux plus, je n’en veux plus ! Et puis, deux jours après, j’avais déjà envie de revenir sur le terrain, de m’entraîner, de jouer ! Je crois que tout ce que j’ai vécu ces derniers mois m’a amené une certaine sérénité et un peu d’expérience», convient le jeune attaquant chaumontais, qui est reparti plein tambour cette saison. Après six journées, il est meilleur marqueur de LAM (131 pts) et Chaumont est en tête ! Malgré un effectif largement remodelé, le champion sortant est en train de trouver ses marques. «Sur les premiers matchs de la saison, on jouait plus avec le talent de l’un ou de l’autre, on ne jouait pas ensemble. C’était normal, la grande majorité de l’équipe avait changé. Là on monte en puissance, on commence à ressembler à une équipe», dit-il.

 

Le timing est donc parfait, à deux semaines du début de la Ligue des Champions, une autre découverte merveilleuse pour Stephen Boyer. Une raison majeure et décisive aussi à son choix de rempiler en Haute-Marne cette année. «Vouloir aller trop vite peut être un danger. J’avais besoin de rester une saison de plus à Chaumont. Il y a la Ligue des Champions, l’ambition d’aller chercher à nouveau le titre et puis le coach qui est toujours là. Pour moi, rester ici une année encore était le meilleur moyen de redescendre sur terre», consent-il. Avant, sans doute, de monter très haut…