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«On fait notre petit bonhomme de chemin»

le 10/11/2017
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Co-leader du championnat avant son déplacement à Paris St-Cloud ce soir, Béziers et son coach, Cyril Ong, vivent sereinement et avec retenue ce bon début de saison.

 

- Vous craigniez ce début de saison, avec un déplacement à Nantes, la réception de Cannes et un voyage à Mulhouse. Pourtant, avant le match de ce soir face à Paris, vous êtes co-leader de LAF !

Sur le papier, c’est assez inespéré ! En commençant à Nantes, en recevant Cannes et en allant à Mulhouse, c’était compliqué. On est certes passé à côté contre Mulhouse mais derrière, on a bien rectifié contre Venelles, ça c’était intéressant, ça a permis de confirmer, de valider les premiers bons résultats. Maintenant, le match de ce soir est déjà un petit tournant entre guillemets. Celui qui gagne se donnera une petite bouffée. Mais bon, qu’on perde ou qu’on gagne, ça ne changera pas grand-chose, il n’y aura rien de joué.

 

- Qu’est-ce qui fait la réussite de ce début de saison selon vous ?

La bonne perf à Nantes nous a permis d’avoir plus de confiance, dans un lancement de saison où on était handicapé par les blessures. Après, on a joué ces clubs au bon moment aussi. Ce sont des grosses machines qui ont besoin de temps pour travailler. Après, nous, on a un groupe de qualité. Un groupe jeune, avec des joueuses à potentiel. Les résultats de ce début de saison font que ça nous permet de mieux, de bien travailler. Il y a le talent individuel, mais aussi un amalgame qui a bien pris. Mais tout cela reste fragile, ça nécessite du travail, de la constance. On fait notre petit bonhomme de chemin. On ne se prend pas trop la tête.

 

- Vous semblez assez serein, presque philosophe cette saison ?

On a vécu des choses difficiles la saison dernière, sur le sportif et l’extra sportif. Autant prendre du plaisir à faire les choses. On a du mal à performer en Play-Offs depuis quelques années, il y a eu aussi la défaite en Finale de la Coupe de France la saison dernière. On a changé un peu la façon de faire. On reste ambitieux, il faut qu’on soit dans les quatre, c’est indispensable pour le club, pour essayer d’être performant en Play-Offs. Mais ce n’est pas en mettant une pression supplémentaire aux joueuses que les choses changeront. Je veux construire mon équipe au fur et à mesure des matchs. Par rapport à cet été, le club revient de loin. Le groupe est un peu plus fragile que les saisons précédentes. Cela amène de la philosophie, pas du détachement, mais un peu de recul et une vision à long terme. J’ai pris la pression toute la saison dernière, les joueuses aussi sans doute. Ça n’a pas été une mauvaise saison, un demi-échec je dirais. Mais j’utilise cette saison pour faire autrement, faire évoluer ma façon de penser.

 

- C’est-à-dire ?

Je continue à faire confiance aux joueuses, à leur laisser une certaine autonomie, la capacité à se responsabiliser. Oui il y a le terrain, le volley, mais ce qui m’intéresse aussi, c’est le côté humain. Faire adhérer des cultures différentes à un autre mode de vie, à une façon de jouer. C’est du développement et de l’apprentissage tout à la fois. Dans tout ça, je me place un peu en recul, avec la volonté d’être sur cette trame-là. C’est une vision personnelle du travail, de l’environnement, du métier qui fait que je prends peut-être moins les choses dans la face et j’essaie de tenir une autre posture par rapport à ça. Peut-être plus philosophe, mais pas moins ambitieux.

 

- Vous avez connu des départs majeurs l’été dernier et l’après Héléna Cazaute et Isabelle Haak n’était pas simple à gérer. Cela a plutôt été bien fait visiblement ?

Il faudra voir si ça tient sur la longueur. Je n’aime pas trop parler de gestion. Chacun fait ses choix. L’important c’était le lien qui avait uni le groupe tout au long de la saison. Oui la victoire, la rigueur, le professionnalisme, mais aussi ces valeurs humaines qu’il ne faut pas oublier. Encore une fois, ma philosophie est de ne pas se prendre la tête cette année. Amener ce groupe talentueux mais très jeune à obtenir les résultats demandés et pourquoi pas aller chercher quelque chose. Prendre match après match, ça me parait être la bonne attitude pour nous cette saison.

 

- Justement, humainement comment ressentez-vous ce groupe, très international et composé de cinq nationalités différentes, sur ce début de championnat ?

Ce n’est pas simple car ce sont des cultures qui s’entrechoquent, mais des joueuses comme Alex (Rochelle) de par son expérience et Juliette (Fidon) de par son vécu en université américaine, font un bon trait d’union pour construire le groupe. Ça se construit au jour le jour et les joueuses y mettent beaucoup d’énergie. Pour l’instant, tous les voyants sont au vert et ce groupe vit bien.