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Mulhouse : Une histoire à réécrire

le 05/10/2017
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TOUR DE FRANCE DES CLUBS : MULHOUSE (LAF)

Champion en titre, Mulhouse, qui accueille ce week-end les Supercoupes, a vécu une saison très forte. Mais il lui faut maintenant tourner la page et tout recommencer ou presque.

 

Il ne la voyait pas comme ça sa vie. Champion de France en mai dernier, au terme d’une aventure humaine, sportive, émotionnelle extraordinaire, Mulhouse avait imaginé de beaux lendemains. Un tome 2 à cette magnifique histoire. C’était le premier titre du club, il fallait forcément le défendre. Il y avait aussi la Ligue des Champions à venir, cette scène immense, ce rai de lumière sans égal. Mulhouse prenait une autre dimension, ses joueuses, forcément, allaient en profiter ! Fort de cette poignée d’atouts, le club alsacien se voyait repartir au combat avec la même armée ou pas loin. Il était prêt à négocier, à discuter, à revoir un peu les choses. Mais il n’avait qu’un souhait, garder ses championnes.

 

A l’arrivée, ce n’est pas vraiment ça. L’ASPTT Mulhouse 2017-2018 confectionnée par Magali Magail et tout son staff technique n’a qu’une ressemblance assez lointaine avec  sa devancière qui conquit les premiers lauriers de l’histoire du club. Quatre joueuses seulement sont restées : deux «piliers» de la maison, Olga Trach et Bojana Markovic, et deux jeunes talents, Lea Soldner et Lara Davidovic. Pour le reste, c’est un exode massif et un lourd déficit forcément, quand vous perdez ainsi deux des meilleures joueuses du championnat, Daly Santana et Athina Papafotiou, parties en Italie ! D’un coup, alors que vous aviez le désir de repartir en conquête avec un groupe uni, soudé, humainement lié et tendu vers un même objectif tout au long de l’année précédente, vous voilà obligé de tout rebâtir et de changer aux deux tiers une équipe qui gagne !

 

Daniel Braun, le président, mais aussi Magali Magail, l’entraîneur, ne s’attendaient sans doute pas à cela. Du moins, pas dans ces proportions. «Il ne s’agissait pas seulement de remplacer Daly et Athina, il fallait embaucher huit joueuses, ce n’est pas tout à fait pareil ! C’était toute l’équipe ou presque. Daly et Athina, on a essayé de tout faire pour les garder. Ce n’était même pas juste une question de finance, on leur a fait une proposition. Mais quand on a des talents identifiés par le titre de champion de France et celui de meilleure joueuse à leur poste, c’est compliqué de lutter avec l’Italie», résume Daniel Braun, le président mulhousien.

 

Mulhouse doit donc refermer le livre. Cette belle et grande histoire ne devait donc s’écrire qu’en un chapitre. Dès le début de la saison, les filles, dans le secret du cercle, avait juré à l’unisson : «Cette saison, on veut le titre de champion.» C’était leur quête, leur horizon. Elles l’ont touché en mai dernier. L’histoire est donc vécue, terminée. «Ces filles-là voulaient ce titre-là ensemble. La mission qu’elles s’étaient donné, quelque part, est donc remplie. Le côté humain était très fort mais il était concentré sur l’objectif. A l’époque, on m’aurait dit, tu vas devoir changer les 2/3 de l’équipe, ça m’aurait quand même étonné...», convient, un peu marri, le président.

 

Mais l’ASPTT a des ressources. Ce week-end, il accueille les Supercoupes pour décrocher le premier trophée de la saison, face à Venelles. «Si on a voulu l’organiser à domicile, ce n’est pas pour y faire un match d’entraînement ! L’équipe s’est préparée pour ça. C’est un objectif clair. On a couru une vingtaine d’années après un titre, on a envie d’un deuxième !», clame ainsi le patron du club. Assurément, depuis le début de la préparation, ce nouveau groupe vit bien, autour de sa nouvelle diagonale, passeuse-pointue Aziliz Divoux, venue de Paris, et la nouvelle attaquante américaine, Hayley Spelman, en provenance d’Indonésie. En attendant l’arrivée de la réceptionneuse attaquante péruvienne Carla Rueda, Mulhouse travaille ardemment et prépare une saison riche en grands moments. Avec, tout en haut du mât, la Ligue des Champions évidemment. Car même si Mulhouse ne fait pas de rêves de gloire, il entend figurer décemment sur le front européen. «On aborde cette compétition avec calme et sérénité, ce qui ne veut pas dire qu’on n’a pas d’ambition», avise Daniel Braun. Si l’histoire est un éternel recommencement, Mulhouse entend toujours l’écrire en belles lettres…