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Toulouse à l’international

le 21/09/2017
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TOUR DE FRANCE DES CLUBS : TOULOUSE (LAM)

Finaliste en mai dernier, Toulouse a dû, sur le tard, tout reconfigurer à l’intersaison. Avec le départ de ses jeunes talents français, il s’est construit une équipe polyglotte. Sans frustration et toujours avec ambition.

 

Il pourrait se morfondre, ressasser, se perdre en triste lamentation. Parler sans cesse d’un temps qui déjà n’est plus. Mais Jean Azema, le co-président des Spacer’s de Toulouse, ne voit pas la chose comme cela. Il se veut lucide et philosophe et plus encore, fier de ce que son club, formateur dans les faits et dans l’âme, vient d’accomplir. Finaliste du dernier championnat, battu nettement par Chaumont (3-0), Toulouse a mené presque au bout une formidable aventure, une grande histoire, nourrie sur un terreau made in France. Mais voilà, aujourd’hui, les talents sont partis. Antoine Brizard, Nicolas Rossard, Yacine Louati ont quitté la maison, comme Trevor Clévenot ou Thibault Rossard avaient pris, avant eux, leur envol.

 

Forcément, cela pince un peu au cœur, mais ce n’est pas  une plaie ouverte non plus. Bien au contraire. Pour Jean Azema, c’est la règle du jeu et il faut apprécier cela à sa juste mesure. «C’est un peu le lot de pas mal d’équipes et notamment des équipes qui jouent la carte jeunes Français, comme nous. Ce n’est pas de la frustration, au contraire. C’est une récompense du travail bien fait. Quand un jeune part de chez nous, c’est toujours une satisfaction de savoir qu’il va pouvoir s’épanouir et peut-être multiplier par quatre ou cinq son salaire. On est un club formateur, il faut accepter cela. Il n’y a aucun sentiment de frustration, mais plus de satisfaction», exprime le co-président.

 

Mais quand la couvée quitte le nid, il faut bien reconstruire une équipe, rebâtir un collectif. Et Toulouse a dû s’y atteler sur le tard. Le départ de son coach, Cédric Esnard, ayant été acté peu avant la finale du championnat, Toulouse a dû s’élancer en toute fin de peloton sur le marché des transferts. Heureusement, Stéphane Sapinart, coach-adjoint promu chef de projet, ne tombe pas de nulle part. Le garçon connaît la maison et a été nourri aux bonnes recettes haut-garonnaises. Sauf que là, il faut un peu tordre le cou aux habitudes. Les Spacer’s n’ont cette fois pas été en mesure de piocher dans le vivier français, d’atteler au wagon de jeunes talents en devenir, excepté bien sûr la pépite centrale internationale, Barthélémy Chinenyeze et le réceptionneur-attaquant, Luka Basic, qui ont déjà les deux pieds solidement ancrés chez les pros.

 

Toulouse a donc fait dans le sans frontière. Une paire passeur-pointu espagnole (Miguel Angel De Amo et Andres Villena) des réceptionneurs attaquants brésilien (Bruno Temponi) et canadiens (Ryan Nickifor et Danny Demanyenko) et un libéro belge (Jelle Ribbens) : c’est clairement un changement de cap. «Ce fut un peu une obligation, pas vraiment un choix premier», concède le co-président toulousain. «Mais bon, les entraîneurs sont habitués à gérer ce genre de chose. Après le stage à Luchon, je constate qu’il y a une très bonne cohésion, une bonne entente. Ce sont des bons gars.»

 

En tout cas, la reconstruction n’interdit pas l’ambition. Avec un budget en légère hausse (1,4 M) et la possibilité d’intégrer la première phase de la Ligue des champions, à condition de passer le tour préliminaire face à Novi Sad, Toulouse a devant lui une belle saison à vivre. «Après ce que l’on a connu, on vise toujours plus haut. Mais je reste prudent. Pour être dans le Top 4, il faut d’abord être dans le Top 8 et l’on aimerait vraiment passer le tour préliminaire de Ligue des Champions pour offrir au public toulousain une dimension européenne», avise Jean Azema. Visiblement, l’inconnu n’effraie pas les Spacer’s.