Billetterie

Nancy, le saut dans l’inconnu

le 20/09/2017
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TOUR DE FRANCE DES CLUBS : NANCY (LBM)

Fringant deuxième de la dernière saison régulière, Nancy a manqué son quart de finale en Play-Offs et laissé beaucoup de plumes à l’intersaison, pour repartir cette année un peu dans l’inconnu.

 

Michel Hentzen aurait bien aimé que l’histoire s’allonge, que le plaisir d’une saison régulière réussie, terminée à la deuxième place derrière Tourcoing, s’étire encore un peu, en Play-Offs et au-delà. Le manager nancéien est dans la place depuis des lustres, il ressent les moindres battements de son club. Et durant près de six mois, il a beaucoup aimé cette tranche de vie lorraine. «La saison était très réussie, mais c’est aussi ce que j’attendais. C’était une équipe construite intelligemment, avec des joueurs à profil convergent, qui étaient faits pour jouer ensemble», résume-t-il.

 

Jusqu’ici, l’aventure était belle. La suite le serait beaucoup moins… En Play-Offs, d’abord, Nancy arriva vidé, essoré et s’inclina prestement en deux manches face à une équipe du Plessis-Robinson, encore fraîche et enthousiaste. «Les joueurs ont donné l’impression d’avoir terminé leur saison, il y a eu un relâchement collectif», se souvient Michel Hentzen. Et puis, à l’heure de tirer le bilan, d’évoquer la saison prochaine, de profiter de l’élan d’une saison malgré tout globalement bien remplie, de convoquer un noyau dur, tout s’évapora ! Les forces vives, françaises notamment, quittaient le navire, à l’image du libéro et grand espoir, Romain Devèze. Nancy se retrouvait soudain dépeuplé, à vide. «On sort de là pas bien du tout. Les joueurs ont fait une bonne saison et nous, on se fait dépouiller de tous nos cadres, à l’intersaison. On est reparti de zéro, en gardant seulement deux joueurs de la saison passée (Marinkovic et Majdak). C’est lourd à gérer», avoue le manager du GNVB.

 

Et pour rebâtir, Nancy a dû un peu se travestir. Dans l’impossibilité de recruter français comme il aime à le faire habituellement, le club lorrain a opté pour une formule à forte consonance étrangère, qui ne correspond pas à son ADN. «Pour la première fois, on repart en Ligue BM, avec une large dominante de joueurs étrangers. Ce n’est pas mon truc, mais c’est subi totalement. C’est triste car ça veut dire que le volley français est très pauvre. C’est frustrant et décevant», convient Michel Hentzen. Car, même s’il a pu enrôler des hommes «du milieu», des joueurs labélisés LNV, comme Eldin Demirovic ou Mladen Bojovic, Nancy navigue un peu à vue à quelques semaines de la reprise. Sans garantie, sans certitude, sans objectif très clair non plus, dans un championnat à dix clubs et sans descente. «C’est une équipe avec beaucoup d’inconnus. Sur le papier, elle peut bien faire, avec des joueurs qui ont de grosses qualités. On a vu en préparation que c’est une équipe qui peut monter très haut, mais qui peut aussi descendre très bas collectivement. Dans un championnat à 10, sans descente, il n’y a rien à jouer à part la montée. Donc on va la jouer, mais je ne ferai aucun pronostic, je suis perplexe», résume avec beaucoup d’honnêteté, le manager lorrain.

 

D’autant  que Nancy demeure toujours en quête d’un réceptionneur-attaquant. Car la préparation a, elle aussi, accouché de ses petits déboires, avec deux recrues déjà sorties du groupe pro : Nemanja Dukic et Théo Morillon. Si le libéro français a déjà été remplacé par Goran Skundric, vu en sélection nationale serbe lors de l’Euro, le GNVB n’a pas encore pallié le départ de Dukic. Et le temps presse aujourd’hui. «Ce sera une saison atypique quoi qu’il arrive. C’est le saut dans l’inconnu, c’est vraiment ça», convient Michel Hentzen. Qui sait aussi que, parfois, ce genre de situation peut révéler de belles surprises…