Billetterie

Schneider, le centurion autrichien

le 10/08/2017
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L’autrichien expérimenté, Philip Schneider, mènera l’attaque de la légion narbonnaise en LBM la saison prochaine. Avec un objectif clair : la remontée en Ligue A Masculine.

 

A 35 ans et toutes ses années de service, il aurait pu faire la moue, rechigner, se dire que ce n’était pas pour lui. Après quatre clubs de Ligue AM (Avignon, Cannes, Montpellier et Poitiers), quelques jolies foulées européennes, sept belles années dans l’Hérault mais une dernière, plus délicate, l’an passé dans la Vienne, Philip Schneider aurait pu encore voir plus haut, revendiquer un peu plus. D’autant que sa polyvalence, sa capacité à boucher les trous un peu partout sur un terrain de volley, en réception, au centre ou à l’attaque, lui fait toujours un joli profil. Mais voilà, le garçon a encore envie de s’amuser, pas seulement de jouer les utilités. Il aime le volley comme au premier jour et le challenge narbonnais l’a titillé d’entrée. «Le projet du club est très intéressant. J’ai parlé avec beaucoup de monde, pas mal de joueurs qui ont déjà joué là-bas. On ne m’a dit que du bien du club. Le recrutement, la présence de joueurs expérimentés, tout cela fait que ça peut être une saison très intéressante et un beau challenge», estime l’international autrichien, rentré aujourd’hui en France de son pays natal où il a coulé, sous le soleil et en famille, quelques jours estivaux paisibles sur les bords du lac de Constance.

 

Il a beau avoir déjà vu mille choses, Schneider va se jeter dans cette nouvelle aventure comme un explorateur. Car la Ligue B Masculine, il ne connaît pas vraiment. Champion d’Autriche, vainqueur de la Coupe de France avec l’AS Cannes, Philip va découvrir l’envers du décor, la face B du volley professionnel français. «C’est ma première saison en Ligue BM. C’est sûr que par rapport à Poitiers, avec 3 500 spectateurs par match, ça peut être bizarre ! Je vais découvrir tout ça», sourit-il.

En tout cas, cela l’enchante quand même et les rares indices qu’il a pu récolter, à travers les confrontations en Coupe de France face à des équipes de ce rang-là, sont à ses yeux plutôt positifs. «Je n’ai pas du tout l’impression de régresser», assure-t-il. «J’ai croisé pas mal d’équipes de LBM  en Coupe de France et j’ai toujours été surpris par le niveau. C’est un championnat qui est très dense et la différence de niveau n’est pas si grande. On l’a encore vu cette année avec Rennes, qui a battu Cannes plutôt facilement en finale de Ligue BM».

 

Philip ne craint donc pas la déprime en sous-sol. D’autant qu’il entend bien y jouer un grand rôle. Collectivement et individuellement. Avec Narbonne d’abord, le nouveau centurion autrichien a un objectif affiché très clair : la remontée en Ligue A Masculine ! «Le club a bâti une équipe pour remonter dès l’an prochain. Maintenant, il y aura de la concurrence. Des équipes se sont bien renforcées, comme Cannes par exemple. Ce sera très dur mais je pense qu’on peut le faire», envisage-t-il. Dans cette grande bataille, Philip aura évidemment un rôle majeur. A Narbonne, il débarque en effet comme attaquant de pointe, première lance de la légion. Un rôle qu’il maîtrise, comme tous les autres sur un terrain, et qu’il a notamment tenu avec succès lors de ses trois dernières saisons à Montpellier et en deuxième partie de saison l’an passé à Poitiers. «Je crois que je suis capable de jouer ailleurs, mais quand je vois l’équipe, les joueurs, le recrutement, il n’y a aucun problème pour moi. Je ne refuse jamais si l’entraîneur pense que je suis plus important à tel poste plutôt qu’un autre. Je suis un joueur pour l’équipe, pour le club», avance le nouvel attaquant occitan.

 

Et puis, cette nouvelle histoire tombe à pic pour faire la transition, derrière un exercice poitevin moyennement satisfaisant. L’été dernier, Philip se faisait une joie de poser ses semelles à Lawson-Body, sur une terre nourricière du volley français. A l’arrivée, entre une blessure à la cheville en novembre et peu de repères collectifs, l’expérience fut mitigée. «J’étais très enthousiaste mais à la fin, ce n’était pas une saison terrible pour moi. Mais bon, ce sont des saisons qui font grandir aussi», dit-il. «Ce club, ces supporters, ce sont des choses qui restent mémorables, mais j’ai été un peu déçu car on avait l’équipe pour faire la Coupe d’Europe et on n’a pas réussi.» Il lui fallait alors se piquer à un nouveau challenge. Ce sera donc la Ligue BM avec Narbonne. A 35 ans, Philip le sait, le sent : il n’est pas cassé, loin de là. «J’ai eu la chance d’avoir un entraîneur qui m’a appris la rigueur quand j’étais jeune, avec un gros travail physique, sur tous les petits muscles. Je peux le remercier. Mes genoux, mon épaule sont en état. C’est vraiment une chance», reconnaît-il. Sûr que Narbonne s’en félicite aussi…