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Chamalières, le volcan gronde toujours

le 23/06/2017
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De retour au plus haut niveau du volley féminin français, Chamalières a appris de sa saison découverte il y a deux ans. Le club auvergnat a donc changé d’approche même si la mission maintien demeure un gros challenge.

 

 

Quand il farfouille dans la malle aux souvenirs, Atman Toubani en brasse de toutes les couleurs. De cette saison 2015-2016 historique, la première de l’histoire du club auvergnat en LAF, l’entraîneur chamaliérois conserve une foultitude de sentiments mêlés. Bien sûr, il y a ce dénouement cruel, cette dramatique incroyable, avec une descente tombée d’un coup, comme un couperet, le dernier soir, au bout de cinq sets face au Stade Français Paris Saint-Cloud… alors que Chamalières eut, ce jour-là, deux balles de match pour sauver sa peau en LAF ! Mais, il y a aussi une formidable épopée, menée avec les moyens du bord, un budget riquiqui et un effectif un peu chiche de neuf joueuses, dont certaines Africaines sollicitées grandement par la sélection nationale en cette année pré-olympique. Alors, au final, Atman a les pensées qui se cognent un peu. «On n’avait jamais vécu cela, se retrouver avec deux balles de match pour se maintenir. Au niveau du suspense, c’était sympa à vivre malgré l’issue du scénario. Sur le moment, les dirigeants, les partenaires, les supporters ont accusé le coup. Moi, j’avais anticipé ce cas de figure. C’était déjà un exploit d’en arriver là, avec un effectif sans doute plus faible que celui qui nous avait permis de monter», reconnaît-il.

 

 

Maintenant que Chamalières ose à nouveau et retrouve le grand tambour de la LAF au terme d’une saison en Elite parfaitement maîtrisée et couronnée d’un titre de champion de France, il veut croire que le club aura grandi et tiré certains enseignements de sa première année d’exploration du milieu pro. «Ça va nous servir de leçon», avise le coach, qui a déjà son groupe au complet et qui pourra cette année s’appuyer sur onze joueuses, un vrai luxe ! En tout cas, des choix forts et significatifs ont été faits. D’abord, la filière africaine, qui fut longtemps le fil d’Ariane du VBCC, est mise en sommeil. A la rentrée, les Panthères d’Auvergne seront un peu moins noires, mais le sang et l’âme du continent africain continuera d’habiter le club chamaliérois. «On a lâché un peu la filière africaine, mais on ne l’abandonne pas. Seulement, on n’a pas le temps de former des jeunes joueuses et sur cette saison, il faut aller chercher le maintien avec des joueuses qui ont déjà un potentiel», estime l’entraîneur, qui a demandé à l’issue de la montée à toutes ses joueuses de proposer un ou deux noms de filles qu’elles verraient bien avoir le profil pour venir renforcer l’équipe à la rentrée. 

 

 

A l’arrivée, dans le sillage de la passeuse américaine, Kathleen Gates, c’est le filon US qui a été creusé, puisqu’elles seront quatre joueuses américaines l’an prochain, avec notamment les arrivées de deux centrales tout juste sorties d’université, Paige Neuenfeldt et Lauren Schad. «On part sur l’idée d’un noyau dur. Moi, ça ne me gêne pas, au contraire. Il faudra quand même faire attention à ce qu’il n’y ait pas de groupes dans l’équipe», avise Atman. Parmi les renforts prometteurs, le technicien est ravi d’intégrer à son roster la jeune réceptionneuse-attaquante française, Schérine Dahoue (18 ans), sortie de l’IFVB. «C’est une joueuse à potentiel, qui ne va pas servir à remplir le quota», prévient déjà son entraîneur, qui conserve en attaque la pointue camerounaise, Christelle Nana.

 

 

En tout cas, pour mettre tout ça en scène, Atman Toubani a décidé cette année de se focaliser exclusivement sur les choses du terrain. «Par rapport à mon fonctionnement il y a deux ans, où je voulais peut-être avoir mon nez partout, là j’ai compris qu’il fallait que je me recentre sur le sportif», dit-il. En revanche, en termes de jeu, Chamalières va continuer à cultiver une certaine singularité. «On repart sur des formes de jeu un peu atypiques. L’an passé, on jouait avec trois pointues ! On va rester dans cette optique-là l’an prochain», glisse le coach, qui ne veut pas se faire «croquer» par l’enjeu et accorde une grande place au jeu et au plaisir. «On vend du spectacle, on ne vend pas des résultats. C’est ce que le volley doit comprendre s’il veut grandir encore», estime Atman Toubani, qui serait le plus heureux des entraîneurs si le spectacle débouchait au final sur un joli maintien…