Billetterie

Mulhouse, histoire d’une alchimie

le 22/05/2017
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Champion de France pour la première de son histoire, le club alsacien a vécu une saison riche en émotions, avec un groupe soudé comme jamais. Son président veut tout faire pour conserver la belle unité.

 

«Avec ce qu’il s’est passé cette année, on est lié à jamais». Ces mots de Magali Magail, prononcés le 6 mai dernier, dans l’euphorie et les larmes d’un premier titre de champion France conquis de haute lutte, au terme de la Finale LAF face au Cannet (3-2 en 2 h 21 min), résument à eux-seuls ce que Mulhouse avait dans les tripes et le cœur cette saison. L’objectif était avoué, désiré depuis le premier jour et cette ASPTT-là s’est construite en son nom, s’est parée pour lutter, s’est soudée comme jamais sans doute pour atteindre le sommet. Depuis douze ans qu’elle coache cette équipe, l’ex-sélectionneuse des Bleues avaient rarement vécu cela. Cette force intérieure, cet élan collectif, ce désir commun infaillible qui guida son groupe d’un bout à l’autre de l’année jusqu’à cette délivrance, ce soulagement, cette apothéose, tout à la fois.

 

Daniel Braun, le président du club, a vu tout cela évidemment. Il en a pris conscience et il en a fait une priorité pour la saison prochaine : ne pas casser le fil, garder ce groupe, cette force collective qui lia et porta Mulhouse au plus haut. «Ça a été quelque chose d’extraordinaire, l‘alchimie de l’équipe, le team. Au bout d’un mois et demi de compétition, on savait qu’il se passait quelque chose d’unique. On a senti rapidement une envie collective, dans le staff, l’équipe, le public. On s’est dit que c’était peut-être celle-là», raconte-t-il.

 

Rien ne sera simple évidemment. Daly Santana et Athina Papafotiou, les deux têtes de gondoles stars de l’ASPTT, ont pris de la valeur forcément. Au catalogue du volley européen, la réceptionneuse-attaquante portoricaine et la passeuse grecque valent désormais un joli pactole. Daniel Braun le sait, mais sa volonté de faire l’effort pour les convaincre de rester est bien réelle. «On aimerait bien garder toutes les joueuses. Il en reste neuf (Jaeckel et Albu Ilie mettent un terme à leur carrière). On est encore en discussion, on fait le maximum.  Aujourd’hui, je ne peux pas me prononcer sur l’état des troupes. Il est évident qu’on a des joueuses qui se sont montrées, même si notre force était collective cette année. Pour ces deux joueuses (Santana et Papafotiou), il y a de la demande mais nous on veut les garder.»

 

La Ligue des Champions est évidemment un argument de poids pour inciter ce groupe-là à prolonger l’aventure ensemble et vivre encore de belles choses. «Ce titre ne peut pas être un aboutissement», estime encore le président, qui sait aujourd’hui que son club est solide et bien ancré. Ce premier titre vient assurer encore un peu plus son positionnement. Quand bien même la Ligue des Champions et les efforts financiers nécessaires devraient générer des dépenses supplémentaires, Mulhouse est prêt à se battre. «Le club est structuré sur la base de fondamentaux sportif, administratif, financier. Financièrement, ça se passera bien. On envisage une augmentation budgétaire de l’ordre de 200.000 euros pour titiller le 1,5 million d’euros de budget», précise le président, qui aimerait offrir à son coach un collectif de quatorze joueuses pour pouvoir se présenter sur les deux tableaux, français et européen. «En France, on veut être compétitif pour garder ce trophée. En Europe, les forces en présence sont différentes, restons modeste, mais on ne veut pas être ridicule non plus.» En tout cas, pour les nouveaux grands combats à venir, Mulhouse aimerait vraiment repartir avec la même phalange de guerrières…