Billetterie

Chaumont voit plus loin

le 18/05/2017
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Après son premier sacre historique de champion de France il y a deux semaines, Chaumont prépare l’avenir avec désir et ambition et veut relever le défi de la Ligue des Champions.

 

Ils ont déjà rangé la boîte à cotillons. Evidemment, la page est encadrée, accrochée aux murs des souvenirs du club. C’est à ce jour la plus belle. Champion de France et vice-champion européen en Challenge Cup, le CVB 52 n’a pas raté grand-chose. «Cette saison est gravée dans le marbre et l’histoire du club. On est assez fier d’inscrire champion de France et vice-champion d’Europe, même si ce n’est pas la grande Coupe d’Europe, sur la carte de visite. D’un point de vue dirigeant, c’est la satisfaction du travail accompli», raconte, ravi, Bruno Soirfeck, le président chaumontais.

Un travail mené avec  méthode et maîtrise tout au long de la saison. A tel point que le sacre de Chaumont, ville moyenne du Grand Est d’un peu plus de 22 000 habitants, n’a finalement pas surpris grand monde. Preuve d’une domination, non pas implacable, mais constatée d’un bout à l’autre de l’année. Et c’est sans doute ce qui contente et persuade le club de continuer dans cette voie. Entre raison, sagesse et ambition. Car, pour mater Paris, Tours, Montpellier ou Toulouse en finale, le CVB 52 n’a pas sorti la planche à billets, loin de là. Avec un budget de départ à 1,25 millions d’euros, Chaumont ne roulait pas vraiment en carrosse. Mais voilà, les affaires du terrain haut-marnais sont tenues par un madré, un sorcier, une pointure, Silvano Prandi. L’Italien n’a pas proposé mille recettes mais il a tenu les bonnes. Un service ultra performant, un fond de jeu assuré, une grosse agressivité défensive et des attaquants très hauts, à l’image du jeune pointu international, Stephen Boyer. 

Tout cela devrait perdurer la saison prochaine. Silvano Prandi reste aux manettes et Stephen Boyer a été prolongé jusqu’en 2019. L’athlétique passeur cubain, Javier Gonzalez, et le central international, Jonas Aguenier, poursuivent également, tout comme les jeunes, Wassim Ben Tara et Kévin Rodriguez. La seule recrue enregistrée à ce jour étant celle du Toulousain, Yacine Louati. La philosophie de jeu ne devrait pas changer. «Silvano veut toujours avoir quatre, cinq gros serveurs dans l’équipe et cette philosophie est d’autant plus vraie depuis le changement de ballon (Molten)», admet le président du club. Reste à combler deux départs importants, ceux du capitaine et meilleur réceptionneur-attaquant de l’année, Nathan Wounembaina pour Tours et du central américain, Daniel Mc Donnell pour Gdansk en Pologne.

Pour Chaumont, il ne faudra pas se tromper. Car, la saison à venir est immense. En plus d’un titre de champion de France à défendre, les Hauts-Marnais vont découvrir la prestigieuse Ligue des Champions. En soi, cela est déjà une aventure, mais pour Chaumont, c’est même une épopée ! Sa petite salle Jean Masson, qui croule sous les décibels et la douce folie du meilleur public de France à chaque match de Ligue AM à domicile, n’est pas en capacité de recevoir ces gros matchs européens. Chaumont devra donc s’exiler, à Nancy ou à Reims, rien n’est encore définitivement arrêté. «On prospecte afin de trouver une salle pour remplir le cahier des charges et faciliter l’exposition. Sur cette première phase de Ligue des Champions, on raisonne comme si l’on jouait six matchs à l’extérieur», admet Bruno Soirfeck. «Mais attention, on ne veut pas être ridicule. Il est hors de question que sur le terrain, on joue la Ligue des Champions pour faire trois fois 25-15 !»


«Il faut aller chercher des résultats de haut niveau pour convaincre.»

Chaumont est gonflé, boosté par sa magnifique saison. Le budget devrait être rallongé de 200 000 euros et dépasser les 1,5 ME, selon son président. Cette saison ne doit pas avoir été un coup, une fulgurance, un bonheur fugace. Mais bien l’an 1 d’une naissance au plus haut niveau du volley français. LE CVB 52 a apporté un rai de lumière sur une ville du Grand Est, comme le fit, dans de toutes autres proportions évidemment, la mythique ASSE sur Saint-Etienne dans les années 1960-70. Chaumont doit désormais confirmer, s’ancrer et durer. «Il faut aller chercher des résultats de haut niveau pour convaincre. La spirale est positive et la stratégie du club est de s’installer dans le gratin du volley en France. Il faut qu’on surfe», convient le président, qui attend avec impatience la nouvelle salle (2 000-2 500 places) prévue pour 2020, qui devrait aider son club à grandir un peu plus vite encore…