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Cannes : Pour sauver l'essentiel

le 01/05/2017
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Cannes a connu une saison de Ligue A Masculine délicate et frustrante. Jamais loin, mais souvent en danger, les Azuréens ont su cependant se remobiliser en Play-Offs et ne sont plus qu'à une victoire d'assurer leur place en Ligue AM.

Le soir du 24 mars, au Palais des Victoires, c'était un peu comme si l'on avait tiré le grand rideau noir. Sur le terrain, mille émotions cabossées, mille espoirs brisés. Cannes vient pourtant de battre Sète, rival frontal pour un maintien direct en Ligue AM. Mais il lui a fallu cinq sets (3-2), quand quatre lui aurait assuré la survie sans passer par la case Play-Offs de Ligue B Masculine. La fin est rude. C'est l'issue d'une saison vécue sur le fil, par une équipe qui manqua de peu de réussir la traversée. "Ce soir-là, on est passé par tous les sentiments", se souvient Arnaud Josserand, l'entraîneur azuréen, de retour à la maison cette saison, en tant que coach en chef, ce qu'il aime par-dessus tout. "Heureusement qu'on a eu un peu de temps pour préparer le quart de finale parce qu'à la fin du match contre Sète, mentalement, les joueurs étaient touchés. On a laissé quelques jours de répit, pour éliminer la frustration et ensuite on est reparti. On a une opération sauvetage à mener et il n'y a pas eu besoin d'expliquer les choses plus que cela aux joueurs."

A Coubertin, samedi, en début d'après-midi, Cannes n'est donc plus qu'à un pas, un succès de réussir sa mission survie. Jusque-là, les Cannois ont su éviter, à l'expérience et au talent, les pièges tendus par Lyon en quart de finale et Saint-Nazaire en demi-finale. Après une entrée un peu crispée dans ces Play-Offs face aux Lyonnais, où ils durent en passer par un match d'appui, Cannes s'est ensuite montré bien plus autoritaire et maître des événements face aux Nazairiens, avec une qualification en deux matchs et un petit set concédé seulement. "A l'approche de ces Play-Offs de tous les dangers, on était l'équipe de Ligue AM, un peu la bête à abattre. On a fait ce qu'il faut pour se sortir du piège. Pour l'instant, on a fait le taf, mais qu'une partie du taf. Il nous reste à gravir la dernière marche" résume le technicien cannois.

Ce ne sera évidemment pas la plus simple. D'une part parce que le ressort émotionnel et la forte pression vont fatalement peser dans les têtes.  Ensuite, parce que l'adversaire, Rennes, "est une équipe de Ligue AM", estime Josserand, avec un désir farouche de toucher enfin au but après avoir laissé passer deux balles de match en finale l'an dernier face à Nice. Mais pour l'entraîneur de la Côte, il n'est plus le temps de s’appesantir, de ressasser, de répéter que ses hommes ne furent jamais bien loin de toute la saison, avec notamment 22 sets perdus en saison régulière sur la plus petite des marges (2 points !). Pour Rennes, comme pour Cannes, tout se joue maintenant, sur un match et les attentes sont immenses. "La frustration, ça peut nourrir ou détruire. Les deux équipes sont dans des formes de pression différentes et similaires à la fois. Ça fait 2 ans que Rennes doit monter et nous, dans une année que l'on savait difficile, alors que le club est en reconstruction, on n'a finalement pas été loin de faire une saison correcte. Si on arrive à se maintenir, ce serait une vraie bouée de sauvetage. C'est un match à grosse pression pour tout le monde et je m'attends à une rencontre très serrée", envisage Arnaud Josserand.

Mais il sait aussi que l'AS Cannes a les moyens de remplir ce dernier défi. Dans ses rangs, Pierre Pujol, Emmanuel Ragondet, Dejan Radic ou Jiri Kral apportent l'expérience, le vécu, le sang-froid, autant de cautions vitales pour un tel événement. A l'opposé, il peut aussi compter sur la fraîcheur des deux révélations cannoises de la saison, le réceptionneur-attaquant Timothée Carle et le libéro Benjamin Diez, qui déboulent dans le jeu avec tout leur talent et l’insouciance de leur petite vingtaine d'années ! Et le tout forme un joli noyau dur. "C'est ce qui me plaît : construire une équipe, essayer de la faire tourner, voir ce qui peut être amélioré, ce qui peut être mis en place", avance Arnaud Josserand. Vendredi, veille de match, Cannes arrivera à Paris, flanqué d'une toute petite cohorte de supporters, bien moins nombreux que ceux qui pousseront derrière le Rennes Volley 35. Mais l'entraîneur sait une chose : "On arrive en forme", dit-il. Et c'est bien là, au meilleur moment de la saison.