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«Le club a changé de dimension»

le 25/04/2017
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Le libéro corse, Jean-François Exiga, apprécie d’ores et déjà la saison du Gazélec, mais rien n’est encore fini ! Ajaccio a bien l’intention de revenir à 1-1 dans la demi-finale face à Chaumont demain.

 

- Jean-François, que faut-il faire pour égaliser demain, dans cette demi-finale face à Chaumont ?

C’est vrai que Chaumont nous a battus 3-0, mais tous les sets ont été très serrés (25-23, 26-24, 25-23). Ils ont seulement mieux géré les fins de set. A nous, demain, de gérer mieux qu’eux les fins de set tout simplement. Finalement, cette défaite ne change pas grand-chose : il nous reste toujours deux matchs à gagner pour aller en finale.

 

- Pour beaucoup d’observateurs, Chaumont est sans doute l’équipe la plus complète du championnat. En quoi est-elle difficile à jouer ?

Chaumont est effectivement une belle équipe, très physique, avec un banc assez étoffé et qui a surtout la meilleure qualité de bloc et la meilleure qualité de service du championnat. En plus, elle possède une salle assez pénible à jouer, il faut bien le dire. Elle est petite, avec un plafond très bas, où tu as beaucoup de mal à contrôler les ballons. Ils n’ont perdu que deux matchs à domicile cette saison ! Dans cette salle, c’est difficile d’avoir des repères et avec leur qualité de service, à la réception, il faut faire très attention à ce que la balle ne touche pas le plafond. C’est comme ça, mais ça n’enlève rien à leurs qualités.

 

- Le fait d’avoir déjà gagné deux trophées cette saison vous permet-il de jouer ces Play-Offs avec un peu moins de pression ?

Moi j’ai appris un truc au cours de ma carrière, c’est que la Coupe de France est sans doute la compétition la plus importante tout au long de la saison régulière ! Quand tu la gagnes, ça permet d’arriver avec moins de pression en Play-Offs. J’ai clairement ressenti cela sur les trois saisons passées à Tours (de 2012-2013 à 2014-2015) et c’est la même chose ici à Ajaccio sur les deux dernières saisons. La Coupe de France te permet d’arriver un peu plus relâché, de prendre beaucoup de confiance aussi. Cela s’est vu contre Paris qui n’avait encore rien gagné et qui a joué avec un peu plus de pression que nous.

 

- Ajaccio a gagné trois titres en deux saisons (deux Coupes de France et une Supercoupe). Clairement, le club continue de grandir et s’affirme désormais par les résultats !

Oui et c’est important de gagner. C’est un club qui est en train de progresser, au niveau de la personnalité, et le fait qu’il gagne des titres désormais lui apporte une certaine notoriété, qui peut lui permettre d’attirer des bons joueurs, qui ont envie de venir ici, de s’affirmer, de pouvoir jouer une Coupe d’Europe, de se montrer. Après il y a aussi l’apport de la salle, c’est toujours plus plaisant de jouer devant des supporters. Le club a progressé et il lui manquait des titres. Maintenant, il commence à en avoir. Le club a changé de dimension. Je suis revenu à Ajaccio pour l’aider à grandir et pour l’instant je réussis mon pari.

 

- Cette saison, malgré de nombreuses blessures, l’équipe a fait preuve d’un gros caractère. Ça a été l’une de vos forces cette année ?

Ça oui ! C’est la grosse qualité de l’équipe et du club. Cette équipe ne lâche rien. On a gagné des matchs avec un passeur en pointe ! Franchement, c’est extraordinaire ce que cette équipe a fait ! Il y a eu des hauts et des bas, un début de saison où on a eu du mal à se trouver, mais on a montré énormément de caractère, de personnalité. Des joueurs se sont révélés aussi. La saison est  totalement méritée et ce serait bien de la finir en beauté.

 

- Dans ce contexte-là, avec votre expérience, avez-vous joué ce rôle de leader ?

Je suis toujours resté le plus positif possible. Malgré les blessés, je savais que cette équipe avait la personnalité pour aller chercher des matchs. Pour jouer ce rôle de leader, il faut être le plus positif possible tout au long de la saison. Et puis, cette année, on a aussi enchaîné les matchs avec la Coupe d’Europe, et quelque part, on n’a pas eu trop le temps de réfléchir, de cogiter et ça a été un plus pour nous.

 

- A 35 ans, vous êtes toujours aussi exalté sur un terrain. Vous n’êtes pas blasé ?

Je continue à aimer jouer au volley tout simplement ! Je prends du plaisir à l’entraînement, aux matchs, j’ai toujours cette envie de gagner, cette envie de compétition, cette envie de soulever des trophées. J’ai toujours ça en tête et tant que j’ai ça, c’est positif pour le club et pour moi aussi. Quand je ne l’aurai plus, je commencerai à réfléchir. Et puis physiquement, je me sens toujours bien, même si j’ai des douleurs un peu partout (sourire). J’essaie de travailler la vitesse, même si avec l’âge, il ne faut pas se cacher, on va forcément un peu moins vite. Mais après, avec l’expérience, l’anticipation, le placement, on compense. 

 

- D’ailleurs, avec Hubert Henno (40 ans), vous êtes encore parmi les meilleurs libéros du championnat. Est-ce à dire qu’à ce poste, le vécu et l’expérience sont des atouts majeurs ?

C’est effectivement un poste où on y gagne sur la durée, bien plus qu’un central ou un pointu. On se bonifie sur la durée plus on avance dans l’âge. L’expérience joue au plus haut niveau. Quand tu vois Hubert qui joue jusqu’à 40 ans, tu te dis que tu peux continuer ! Après, il faut que la tête suive, que la motivation soit toujours là. Je ne me suis pas fixé un âge limite. Tant que le plaisir est là, je continue. A ce poste-là, c’est la tête qui décide.