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«Montrer notre vrai visage»

le 07/04/2017
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Premier au classement de la saison régulière, Mulhouse entame les Play-Offs face à Paris Saint-Cloud en position de force. Mais les deux défaites consécutives pour clore l’exercice régulier ont cependant dénoté un relâchement que l’entraîneur, Magali Magail, veut voir gommer au plus vite.

 

 

- Magali, Mulhouse a terminé la saison régulière à la première place, mais aussi sur deux défaites consécutives, au Cannet et face à Nantes. N’y a-t-il pas eu un relâchement parce que la première place était acquise ?

Depuis le mois d’octobre, on court après cette première place. On a enchaîné quatorze victoires consécutives où, à chaque match, il ne fallait pas lâcher un point, pas perdre de set ! On a peut-être assuré la première place un peu trop tôt. Oui, il y a eu un relâchement mental, il ne faut pas se voiler la face. Maintenant, au Cannet, on a aussi fait tourner et le match contre Nantes à la maison, on l’a perdu parce que l’adversaire a mérité sa victoire et est allé la chercher.

 

- Comment l’expliquez-vous ? Et surtout, comment retrouver l’allant qui vous a permis d’être dominateur cet hiver ?

Quand on est sportif de haut niveau et qu’on n’arrive pas avec la boule au ventre, ce que j’appelle le stress positif, c’est difficile. Mais dès lundi, tout le monde était au travail. Il vaut mieux perdre maintenant qu’après. Mentalement, on s’est relâchées, maintenant on voit qu’elles sont toutes centrées sur les Play-Offs. On a juste rappelé ce qui nous a fait gagner quatorze matchs de suite. Sur ces deux défaites, on a fait énormément de fautes directes, au-delà de la limite acceptable.

 

- Les fautes directes, c’est un domaine sur lequel vous avez été en vigilance toute la saison au demeurant ?

Cette année, il y a très peu de matchs où l’on a fait moins de fautes directes que notre adversaire, même quand on gagnait 3-0 ! On est une équipe qui fait des fautes directes, car on prend des risques et il faut accepter qu’on en fasse. On a des profils de joueuses comme ça. Aujourd’hui si je demande à Daly Santana de ne pas faire de fautes directes, elle ne tentera plus des choses exceptionnelles. Je ne peux pas frustrer ce type de joueuses. On a aussi une équipe qui défend beaucoup et qui concrétise en contre-attaque. Mais où je suis attentive et intransigeante, c’est sur les fautes directes sans intention. Faire une faute parce que j’ai joué pour ne pas faire la faute, là c’est une faute grave ! C’est ce que j’appelle la faute sans intention et ça, oui, je n’aime pas.

 

- A l’entame de ces Play-Offs, il y a beaucoup d’attentes sur l’ASPPT, notamment après une élimination prématurée au premier tour l’an passé ?

Il y a une attente certaine, c’est sûr. La salle est pleine depuis un certain temps, on frôle les 3 300 personnes de moyenne sur les derniers matchs. Oui il y a une attente, une ferveur. A nous de nous servir de l’énergie de ce public pour nous transcender. Après on sait qu’en Play-Offs, les compteurs sont remis à zéro. On a construit notre succès, cette première place, match après match, jour après jour, entraînement après entraînement, pierre après pierre. Il y a des talents certes, mais le travail a été exceptionnel. Maintenant, on sait que c’est la dernière ligne droite et il faut prouver à nouveau.

 

- Quel a été votre discours d’avant Play-Offs ?

Le discours, c’est montrer notre vrai visage. On a eu une volonté commune, un même rêve, une même ambition, c’est ce qui nous unit et nous rend plus fort. On a gravi ensemble une marche après l’autre, en travaillant, en restant humble. Ce qui nous a permis d’être là, c’est nos valeurs de solidarité, d’humilité, d’entraide et cette sérénité pour arracher les fins de set. Il faut que l’on soit guidé par les valeurs qui nous ont amenées jusque-là. Mais on est toutes conscientes que les Play-Offs, c’est une autre histoire. Saint-Raphaël l’a clairement montré l’année dernière. Il faut une intelligence collective. Maintenant c’est l’équipe ! Il ne faut pas perdre nos valeurs.

 

- Comment abordez-vous ce premier tour face à Paris Saint-Cloud ?

Paris n’est peut-être pas favori, mais il sera au complet et il va jouer relâché, donc il sera dangereux. A nous d’imposer notre rythme, notre jeu. C’est une équipe qui joue très vite, qui s’appuie sur une Alexandra Dascalu, qui fait une très bonne saison. C’est une équipe qui défend énormément. A nous d’être patientes, de jouer avec leurs systèmes, c’est une équipe très complémentaire.

 

- Au vu du classement, Mulhouse est favori. Mais Le Cannet n’est-il pas, ensuite, l’équipe la plus dangereuse ?

Il ne faut pas oublier Cannes, Béziers, Nantes non plus ! Tout le monde rêve du titre et aujourd’hui, c’est accessible pour tout le monde. C’est un championnat dense, difficile. Le recrutement a été très bon dans tous les clubs, avec des pépites dans chaque équipe. Les Play-Offs, c’est aussi une part de chance. Il faut être en forme le jour J. Toute notre saison a été construite sur ça, pour ce moment-là.  Il faudra être fort mentalement. L’équipe qui ne déjouera pas sera championne de France. Il faut penser au jeu et pas à l’enjeu.

 

- Pour finir, un mot sur votre fin de parcours à la tête de l’équipe de France féminine ?

J’ai entendu le discours de la fédération. Après je ne partage pas le fait qu’un entraîneur à temps plein est indispensable. Mais je reste évidemment la première supportrice de l’équipe de France.