« Le refuge, c’est le travail »

le 15/02/2017
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Après un début de saison délicat, le RC Cannes semble aller mieux depuis le début de l’année 2017. Mais pour son entraîneur, Laurent Tillie, il n’est pas l’heure encore de se projeter au-delà du match qui arrive.

 

- Comment expliquez-vous l’inconstance de votre équipe sur ces deux premiers tiers de saison ?

Il a forcément fallu une période d’adaptation entre ma façon d’entraîner et les filles, une connaissance nécessaire, mutuelle, des uns et des autres. Après on a aussi eu beaucoup de blessées. Il y a eu mes deux passeuses, ma réceptionneuse, Kodola qui a une hernie discale et qui est blessée depuis plus d’un mois, Hutinski qui a été opérée de l’épaule. En cumulé, depuis le début de la saison, on doit être à cinq ou six mois d’arrêt ! On a perdu quatre matchs 3-2, ça ne met pas non plus en confiance. Au final, on s’est longtemps battu entre la confiance, les ambitions et nos possibilités. Ce fut une période compliquée.

 

- Depuis le début de l’année 2017, ça semble aller mieux, malgré un effectif toujours abimé ?

On a effectivement retrouvé un rythme de match, de jeu, malgré un effectif abimé, avec en moyenne une joueuse toujours out pour un mois, un mois et demi ! Dans un championnat féminin très homogène, avec un tel nivellement, tu n’as pas de marge. Et si en plus, tu es en doute, avec des blessées, ça devient délicat.

 

- A titre personnel, il a aussi fallu vous familiariser avec ce championnat. Comment vous sentez-vous dans le costume aujourd’hui ?

Comme je le disais, il y a forcément eu une période d’adaptation pour moi, mais aussi entre les filles et moi. Ce que je note, c’est que la différence physique est vraiment majeure dans le championnat féminin. Dès qu’une joueuse est plus physique, plus puissante, elle arrive à faire la différence et je suis impressionné par l’impact de ces joueuses-là. Dans ce volley, il faut être patient, mais aussi parfois savoir prendre le risque. Ce n’est pas être patient pour être patient. C’est un équilibre à trouver entre patience et prise de risque, qui est différent de chez les garçons. J’avoue que parfois, cela me frustre un peu. J’essaie de passer outre cette frustration. Maintenant, ça va mieux. Même si parfois tu sens qu’il y a un manque par rapport aux garçons et que tu ne sais pas si c’est un problème physique, de concentration, d’état d’esprit. Il faut savoir jongler, c’est une autre culture. Mais à l’arrivée, chaque point, chaque victoire reste du plaisir.

 

- En termes de coaching, pensez-vous être plus judicieux, plus inspiré aujourd’hui que vous ne l’étiez début novembre ?

Je ne sais pas. J’ai toujours un effectif réduit. Le coaching, c’est l’utilisation des joueuses de façon différente, la possibilité de jouer sur les rotations. Sur ce plan-là, je suis un peu frustré aussi, même si je commence à mieux connaître les filles, à mieux les utiliser. Dans le jeu, je commence à mieux comprendre les limites de ce que l’on peut demander aux filles.

 

- Comment avez-vous géré ce début de saison délicat ?

En essayant d’être encore plus qualitatif dans mes entraînements, plus positif, garder ce que l’on fait de bien. Souvent, le refuge dans ces moments-là, c’est le travail,  plus de travail. La défaite fait partie du sport, mais quand on perd, ça fait tellement mal qu’il faut encore chercher des solutions. Etre positif et travailler, essayer d’être judicieux dans le choix du travail.

 

- Justement, le travail avec une équipe féminine est-il différent de celui avec des garçons ?

Pas tant que cela. Avec les filles, on va moins chercher dans la puissance physique, donc on peut s’entraîner un peu plus longtemps, mais sur un rythme moins intense. Mais en nombre de séances de travail, c’est à peu près pareil.

 

- De manière générale, le club a beaucoup évolué depuis l’été dernier. A-t-il réussi sa mue ?

C’est un fait, le club est aujourd’hui en transition, en transformation. La grande chance est que j’ai toujours le support du club, surtout dans la période difficile qu’on a traversée. Ça avance comme ça. Tout le monde sait qu’il y a un changement et c’est un accompagnement assez collectif et général de la part de tout le monde. Et cela n’enlève pas l’ambition.

 

- Justement, comment envisagez-vous la fin de la saison et les semaines décisives qui arrivent ?

J’aimerais d’abord récupérer toutes mes joueuses, en forme, jouer à plein, faire des entraînements au complet ! J’en saurai plus dans les quinze jours qui arrivent. Aujourd’hui, on est dans une situation où on aborde les matchs les uns après les autres. Il n’y a aucun plan, aucune programmation. Mulhouse, Nantes et Béziers sont solides collectivement et individuellement. Ce sont des équipes qu’on veut rejoindre mais pour ça, il faut être au complet et continuer à travailler. Pour le moment, on n’est pas à leur hauteur.