Boyer, talent sous surveillance

le 03/02/2017
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Révélation de la saison 2015-2016, le jeune attaquant de Chaumont, Stephen Boyer, est désormais ciblé par tous les adversaires. Après un début de saison délicat, il a retrouvé la pleine forme et attend Paris de pied ferme demain.

 

 

La maxime est triviale, mais elle est souvent fondée et juste : quand on a tout cassé une année, il n’est jamais simple de tout ravager encore l’année d’après ! Le jeune pointu chaumontais, Stephen Boyer (20 ans), a pu expérimenter la chose en début d’exercice, à l’automne dernier. Révélation, coup de tonnerre de la saison 2015-2016, terminée à 521 points, couronné meilleur marqueur du championnat, le Réunionnais croulait sous les louanges et les promesses de grande vie.

Mais à la rentrée, quand il a fallu y retourner, l’affaire s’est un peu compliquée. Stephen Boyer a passé le cap. L’espoir, désormais, est épié, attendu, surveillé. Une rançon à payer aux feux de la gloire qu’il a eus un peu de mal à appréhender en début de saison. «Ca a été un peu compliqué. On m’avait prévenu en fin de saison dernière et encore avant la reprise, que j’allais être attendu, mais je ne réalisais pas tellement. Je me disais, ça va aller. Jusqu’au premier match à Tours où là, j’ai compris qu’il fallait désormais être beaucoup plus dur», résume-t-il. Ce premier match de la saison est l’un des deux seuls revers du club haut-marnais en quatorze journées. Ce soir-là, Boyer termine avec un petit total de sept points et prend de plein fouet son nouveau statut.

 

Depuis, l’attaquant a bossé. Plus que quiconque. D’autant qu’il avait entamé la saison avec un sacré manque musculaire. Après avoir perdu près de 10 kilos de muscle durant l’été, Boyer a dû se remettre à niveau physique et mental. Sous l’œil attentif et bienveillant de son coach, Silvano Prandi, qui n’a cessé de le couver, de le pousser, de l’encourager. Car le madré technicien italien en a sculpté des petits génies dans sa carrière et cette graine-là est précieuse et rare. «Il est jeune, il est connu, c’est un peu plus difficile pour lui cette saison. Je ne dois pas lui mettre la pression mais l’aider à s’améliorer physiquement et techniquement. Je pense qu’il va revenir vite au même niveau que l’année passée et ce sera un joueur important pour nous cette saison. Il a un talent de haut niveau», prédisait l’entraîneur en novembre dernier.    

 

Effectivement, Boyer est revenu. Avec peut-être un peu moins de flamboiement que l’an passé, un temps de réglage nécessaire avec le nouveau passeur, Javier Gonzalez, et moins de ballons aussi. Chaumont, cette année, c’est du solide, une rotation élargie, des dangers qui peuvent surgir partout. Avec 215 points inscrits,  Stephen Boyer demeure évidemment la première force offensive du CVB52, mais il est l’un des rouages de la machine. «J’avais plus de ballons l’an dernier. Cette année, ça tourne beaucoup. Sur chaque match, un joueur différent peut donner la  force au groupe», avise-t-il.

 

Pour Paris, l’adversaire de demain dans un choc entre le leader actuel et le champion sortant, la mission s’annonce délicate. Surtout à Jean Masson, une salle en perpétuelle ébullition ! Pour Stephen Boyer, c’est un grand rendez-vous de plus sur son petit tas d’expérience. Une ligne de plus sur une jeune vie de volleyeur, dont il a pu mesurer l’été dernier combien elle était déjà bien remplie. En participant au rassemblement de l’équipe de France en amont des J.O., Stephen Boyer a pris en pleine face ses souvenirs d’adolescent qui n’étaient finalement pas si loin que cela. «L’équipe de France, cet été, c’était une belle expérience. Il y a six ans, ils étaient venus à la Réunion pour jouer un France/Chine. Moi, j’étais venu les regarder. Et six ans après, je m’entraîne avec eux, ça m’a fait un petit choc», sourit-il.

 

 

Mais en attendant de s’installer pleinement chez les Bleus, Stephen Boyer a les yeux rivés sur Paris demain, avec des idées de conquête printanière en tête. La saison dernière, Chaumont avait manqué ses Play-Offs. Cette année, l’histoire doit être toute autre. Parfois, dans le vestiaire du leader, on y pense déjà. «Entre nous, parfois on parle de titre», avoue l’attaquant français. «Tout le monde y pense dans un coin de sa tête. Certains se disent que c’est peut-être la saison, l’année. Mais personnellement, je préfère ne pas trop y penser et préparer les matchs les uns après les autres.» Voilà bien un autre adage de sportif ! Trivial lui aussi, mais au moins, à ce rythme-là, Stephen est sûr de ne jamais se tromper d’objectif.