Un œil sur Rennes

le 15/03/2016
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Leader incontesté de la Ligue BM, Rennes a devant lui un joli printemps avec deux rendez-vous majeurs : la finale de la Coupe de France et les Play-Offs.
 

 

Il avait vécu la saison dernière comme une grande misère. Jamais, de sa longue expérience, Nikola Matijasevic n’avait connu pareil tourment. Il était arrivé à Rennes à l’intersaison 2014 et rien n’avait fonctionné comme il l’avait souhaité. Alors cette année, l’entraîneur serbe avait remisé les mots forts et les certitudes à plus tard. Rennes avait entamé la saison à pas feutrés, préférant une reprise de sérénité silencieuse aux hautes clameurs. Même si l’ambition, toujours, affleurait. «Bien sûr, l’ambition on l’a. Ce n’est pas dans mon tempérament de me cacher. Mais après la saison dernière, avec un changement complet de l’équipe, je devais tenir ce discours de sagesse en début de saison. On ne sait jamais comment ça va prendre», note Nikola Matijasevic.

 

Quelques mois plus tard, il n’est plus possible de se cacher. Avec la première place de la saison régulière d’ores et déjà bouclée alors qu’il reste trois journées à disputer (deux seulement pour Rennes), les Bretons caracolent en tête, avec seize points d’avance et un sentiment d’invulnérabilité qui commence à s’instiller dans les crânes adverses. La patte est lourde, la domination sans partage. Et pourtant, Rennes a encore les mains vides et tout à gagner ou à perdre !

Et c’est bien là-dessus que le technicien moud le grain tous les jours à l’entraînement avec ses joueurs. «On a fait 20 sur 23 (championnat et Coupe de France confondus), on a réalisé un exploit en Coupe de France en battant le leader de la Ligue AM, Sète. Oui, c’est difficile de faire mieux. Mais pour l’instant, tout cela, c’est pour rien, même s’il y a déjà une finale de Coupe. Je ne vais pas dire maintenant qu’on est Barcelone quand même !», sourit le coach.

 

Certes, Rennes n’est pas le Barça. Dans son effectif, il n’a même pas de véritable messie. La force de cette équipe réside dans l’équilibre et la complémentarité. «J’ai un vrai groupe et ça explique beaucoup de choses. Il y a très peu d’individualistes chez nous et ça aide. Après, sur le plan de l’équilibre du jeu, il n’y a aucune surprise, j’ai construit cette équipe comme ça. C’est normal que ça ait pris. Si j’ai été un petit peu surpris, c’est peut-être par la qualité de jeu qu’on a été capable de produire très tôt dans la saison», analyse l’entraîneur. De Kert Toobal, passeur intelligent et sans esbroufe, en passant par la doublette Grégory Berrios - Lazar Koprivica, tenanciers de la réception, la polyvalence de Martti Jukhami, l’expérience au contre de Gérald Hardy-Dessources, jusqu’aux attaques incisives du pointu Arvydas Miseikis, il n’y a pas d’erreurs de casting à Rennes cette année.

 

Mais voilà, même si c’est beau, tout reste à faire. Et il n’est pas question de vouloir avancer trop vite, même si la finale de Coupe de France du 27 mars prochain face à Ajaccio tourne déjà dans un coin de toutes les têtes rennaises. «J’ai conseillé aux joueurs de ne pas trop en parler. On essaie de s’isoler dans la bulle. Ce n’est pas possible de se relâcher une ou deux semaines avant. Ça peut faire gamberger. Bien sûr que cette finale, à Coubertin, avec la télé, c’est un bel événement. Mais j’essaie de relativiser, de garder la distance par rapport à ça», explique Nikola Matijasevic.

Ensuite, il y a aura les Play-Offs, dans lesquels il faudra mordre tout de suite. Au bout, c’est la Ligue AM. L’objectif avoué, désormais, des Rennais. «Je suis venu à Rennes pour ça et le club, encore plus, a envie de monter. On a envie, mais on ne dit pas maintenant qu’on est les plus forts. Il faut être bon dans les moments décisifs», insiste le coach. Et ce printemps, pour Rennes, s’écrit en lettres capitales.