Un œil sur Antoine Brizard

le 09/02/2016
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Le jeune passeur toulousain découvre le plaisir et les responsabilités, dans un rôle de titulaire en LAM pour la première fois de sa carrière.

 

C’est ce qu’il guettait, ce qu’il désirait, ce n’était un secret pour personne. A 21 ans, Antoine Brizard avait envie d’écrire enfin son histoire. A Paris, durant trois ans, il a parsemé son chemin de belles promesses, il a beaucoup appris, grandi, gagné quelques titres aussi. Mais c’était souvent à la marge, dans l’ombre, sans que tout cela ne lui appartienne vraiment.

Cette année, Antoine voulait un droit de regard, un droit de citer, une emprise sur les choses. A Paris, barré par Guillermo Hernan, sans doute le meilleur passeur de Ligue AM, il a souvent vu le jeu de loin. Des bribes, des bouts de match, un seul véritablement plein l’an passé ! Ça fait peu à croquer quand on a 20 ans, du talent indéniablement, et que beaucoup vous prédisent un avenir doré et international.

Cette année, il fallait donc franchir le pas, se confronter, se montrer. «C’est ce que j’attendais. Ça fait du bien. C’est ce qu’il me fallait aussi. Je sens que je progresse de journée en journée, rien ne remplace le temps de jeu. Et je suis bien aidé par Cédric Enard (entraîneur), on discute beaucoup et j’avance pas mal», raconte le Poitevin de naissance, logiquement venu au volley donc, après avoir tâté tout de même du cuir sur les terrains de foot dans sa prime jeunesse.

 

Le voilà donc face au défi qu’il voulait relever. Le seul qui le fera s’élever vraiment et passer le temps des promesses. D’ailleurs, il ne s’est jamais vraiment arrêté en chemin pour écouter les laudateurs qui lui annonçaient un avenir radieux et les rênes de l’équipe de France alors que le garçon n’avait pas 20 ans et encore rien prouvé ! Finalement, la voie qu’il a empruntée jusqu’ici ne lui déplaît pas tant que cela. «On a beaucoup parlé de moi, mais moi je n’ai jamais rien promis à personne. J’ai bossé pour moi, j’ai bien travaillé à Paris, derrière le meilleur passeur du championnat. J’ai avancé petit à petit, à un poste où l’éclosion se fait assez tard. A 21 ans, être titulaire à la passe dans un club qui vise plus haut que le maintien, ce n’est pas mal. Je suis satisfait de mon parcours», résume ce grand et athlétique passeur (1,94 m), capable d’apporter un soutien précieux au contre.

 

Bien sûr parfois, il a rongé son frein, dans son coin, avec cette envie terrible de débouler dans le jeu ! «C’est sûr que c’était frustrant de ne pas jouer. Mais j’ai beaucoup appris avec Seb Frangolacci, avec Dorian (Rougeyron, coach de Paris), qui me disaient d’être patient. Je n’ai pas explosé en vol parce qu’on avait un très bon groupe», raconte Antoine.

A Toulouse, il sait qu’il est observé, scruté même par le staff de l’équipe de France qui attendait de le voir dans cette posture, de le juger in situ. En début de saison, Antoine a d’ailleurs senti que le rôle pesait lourd. Et la blessure du pointu titulaire ne l’a pas aidé à trouver ses repères. «Je m’étais mis beaucoup de pression au début de saison par rapport à ce rôle-là. Ça a été un peu compliqué», avoue-t-il.

Mais depuis que les Spacer’s sont revenus à l’équilibre, en configuration normale, Antoine donne de match en match sa pleine mesure et Toulouse compile cinq succès sur les six derniers matchs ! «On est moins sur un fil qu’en début de saison. Je prends mes marques et je prends de plus en plus de plaisir. C’est un peu immatériel, c’est ce qu’on appelle l’expérience. Construire un match, en écrire l’histoire, tenir une équipe adverse, c’est tout ce que renferme ce rôle», dit-il, dans un élan d’enthousiasme. Et l’équipe de France, il sera bien temps, plus tard, d’y penser, quand Antoine Brizard, poussé par le vent, aura dompté tous les paramètres du poste. «Je peux progresser partout. Tactiquement, je ne m’en sors pas trop mal. Techniquement, la qualité de passe, la précision, c’est ce qui manque le plus encore», reconnaît-il. Mais à 21 ans, Antoine est en train de prouver qu’il a bien l’étoffe pour tenir un premier rôle.