Un œil sur les Dascalu

le 19/01/2016
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Avec deux joueuses et un père entraîneur, la famille Dascalu est bien installée en LAF. Samedi, Pompiliu, entraîneur de Terville Florange, croise l’une de ses filles, Alexandra, joueuse de Paris St-Cloud.

 

C’est une affaire assez peu commune, un trio insolite et touchant. Si aujourd’hui, des «fils et filles de» se retrouvent assez communément dans bon nombre de sports, il est bien plus rare de dénicher dans un même championnat un véritable noyau familial ! C’est pourtant le cas en LAF cette saison, avec un trio Dascalu en trois endroits de France, comme trois balises familiales qui jamais ne se perdent de vue. Il y a Pompiliu, le père (53 ans), ancien attaquant international roumain, entraîneur du club de Terville Florange depuis 2009, actuel sixième du championnat. A Paris St-Cloud, c’est sa grande fille, Alexandra (24 ans), attaquante arrivée de Vannes, qui effectue une belle saison et bataille pour le titre avec les Mariannes. Enfin à Istres, c’est la plus jeune, Silvana, centrale de 21 ans, «le grand bébé» comme la surnomme sa maman affectueusement, qui vit à Istres une saison plutôt délicate, avec toujours aucun succès en onze matchs de championnat.

En tout cas, ces trois-là n’ont jamais véritablement coupé le cordon familial. Entre la fierté paternelle de voir ses filles s’épanouir au plus haut niveau du volley français et la relation fusionnelle qui unit les filles à leur père, le contact est vital et permanent.

 

Ainsi, après chaque match, les filles appellent leur père pour un débriefing, un conseil, un avis. Une chose naturelle, mais nécessaire pour Alexandra. «Je suis encore en demande, même maintenant. Ma sœur, comme moi, on attache beaucoup d’importance à cela. Ça a beaucoup de valeurs pour nous.» Forcément, le père est touché, ému de constater qu’il demeure toujours un phare dans les carrières respectives de ses filles. «Evidemment, il y a beaucoup de fierté. C’est un grand honneur que d’entendre mes enfants me poser des questions. Dans ces moments-là, je suis d’abord le père qui voit la réussite de ses enfants. Après, l’entraîneur prend le pas sur le père qui se mêle de ce qui ne le regarde pas, parce que c’est plus fort que lui», s’amuse Pompiliu.

 

Venues au volley par influence familiale naturelle, mais sans que le papa ni la maman, elle-même volleyeuse, ne les aient incitées plus que cela, Alexandra et Silvana vivent aujourd’hui cette situation particulière avec un intense plaisir. Pour Alexandra, accueillir son père en adversaire samedi à Paris, c’est presque devenu un petit bonheur routinier ! «On a appris à gérer cette situation. Ça n’a plus la même saveur que pour la première fois. On prépare ce match comme les autres, sans trop penser à la famille, mais on veut toujours montrer à papa ce qu’on sait faire.» Pour Silvana, plus jeune et qui a joué deux saisons à Terville Florange sous le «commandement» de son père, l’émotion demeure tout de même. «C’est une excitation différente. Contre ma sœur, je veux voir comment elle a évolué, me situer un peu face à elle. Face à mon père, c’est différent. Dès le début de saison, je suis stressée pour lui, j’angoisse à l’idée qu’il vive une saison difficile. En fait, sur ces matchs, je partage la frustration de l’autre quand il perd et je ne suis jamais complètement contente non plus quand je gagne», résume-t-elle joliment. Lève-t-elle alors le pied quand elle les croise ? «Ah non au contraire ! J’ai l’impression que je suis encore plus motivée quand je joue contre eux. Je veux gagner !», s’emballe-t-elle.

 

Pour le papa en tout cas, sous le vernis de la compétition, ces rencontres sont des bénédictions. «C’est toujours une émotion assez forte. Je regarde toujours ma fille de l’autre côté, même s’il y a d’abord un match à gagner. Après on serre la main ou on prend l’adversaire dans ses bras», dit-il. Samedi à Paris, Pompiliu et Terville Florange entendent bien enquiquiner Alexandra et Paris. Mais ensuite, père et mère resteront quelques jours sur place pour profiter d’un moment avec leur fille. A distance, depuis Istres, Silvana, forcément suivra ces retrouvailles. Et elle a déjà élaboré un scénario idéal pour ce match : «J’avoue que mon cœur penche pour l’équipe de mon père. En fait, je voudrais que mon père gagne et que ma sœur fasse un excellent match». Mais quel que soit le résultat, Pompiliu prendra sa fille dans ses  bras à la fin du match…